Le Niger salue « une parfaite identité de vue » avec la France sur le Mali

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Le président nigérien Mahamadou Issoufou au Palais de l’Elysée à Paris, le 15 novembre 2012.

PARIS — Le président du Niger, Mahamadou Issoufou, s’est réjoui jeudi à Paris d’ »une parfaite identité de vue » avec la France sur le Mali et souhaité qu’une intervention militaire puisse avoir lieu « le plus tôt possible » avec l’aval de l’ONU pour libérer le nord du pays occupé par des groupes armés islamistes.

« Il y a une parfaite identité de vue entre le président François Hollande et moi », a déclaré M. Issoufou à la presse, à l’issue d’un entretien à l’Elysée avec le président François Hollande.

« Nos positions n’ont pas changé, nous avons pour objectif de libérer le nord Mali, de restaurer l’intégrité territoriale et de créer les conditions du retour à la démocratie », a-t-il ajouté.

« Toutes les conditions sont réunies » pour qu’une intervention militaire soit approuvée par le Conseil de sécurité de l’ONU, a-t-il jugé, en souhaitant que celle-ci puisse intervenir ensuite « le plus tôt possible ».

L’Union Africaine doit remettre à l’ONU avant le 27 novembre un plan d’opération pour reconquérir militairement le nord du pays aux mains d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de groupes islamistes radicaux.

« Je pense qu’on a mûrement réfléchi sur cette opération. Ca fait des mois qu’on en discute. Il y a eu beaucoup de réunions d’experts, aussi bien de la Cédéao (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest), que des Nations unies, des Américains et des Francais, donc le concept d’opération me paraît avoir été bien défini », a plaidé le président nigérien.

Dans un communiqué, la présidence française a indiqué que François Hollande avait « souligné la mobilisation de la France pour qu’une mission européenne puisse apporter à l’armée malienne un soutien en matière de formation et d’équipement, afin que les Forces Armées Maliennes puissent être les premiers acteurs de la libération de leur pays ».

« La France est prête à assumer un rôle de premier plan au sein de cette mission européenne », a ajouté le communiqué.

François Hollande et Mahamadou Issoufou « ont insisté sur la nécessité d’un dialogue direct entre les autorités transitoires de Bamako et les représentants des populations du nord du pays, dès lors que leurs revendications sont exclusivement politiques », toujours selon le communiqué.

M. Issoufou s’est d’autre part félicité des déclarations d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam), un des groupes d’islamistes radicaux occupant le nord du Mali, se disant prêt à renoncer à imposer la charia dans tout le Mali et à engager des négociations avec les autorités maliennes pour « se débarrasser du terrorisme et des mouvements étrangers ».

« C’est une bonne chose. Au niveau de la Cédéao, on a été très clairs: tous les mouvements du nord Mali qui acceptent de renoncer à la charia, qui acceptent aussi l’intégrité territoriale du Mali, peuvent être concernés par les négociations avec le médiateur mis en place par la Cédéao », en l’occurrence le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré.

« Si Ansar Dine déclare abandonner la mise en place de la charia au Mali, je ne peux dire que bravo », a-t-il lancé.

SOURCE:  du   15 nov 2012.