Le Secrétaire Exécutif du CILSS face à la presse : «La situation alimentaire est très préoccupante, mais pas catastrophique»

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Le Secrétaire Exécutif du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), le Dr Alhousseini Brétaudeau, était face aux journalistes le mardi 24 janvier dernier au siège de sa représentation au Mali, l’Institut du Sahel. Au cours de cette rencontre, il a brossé la situation alimentaire dans les pays du CILSS. Il était entouré du Directeur de l’Institut, Antoine N. Somé et de spécialistes de la protection des végétaux, de la population, du développement et de la sécurité alimentaire, entre autres.

Cette conférence de presse s’est tenue à un moment où des rumeurs et des supputations font croire à une probable famine dans le Sahel, particulièrement dans notre pays. Cela à cause de la mauvaise production agricole occasionnée par une faible pluviométrie dans toute la région. Pour cette raison, le Secrétaire Exécutif du CILSS a tenu à être on ne peut plus clair: «la situation alimentaire dans la région est, certes, très préoccupante, mais elle n’est pas catastrophique».

Selon lui, cette hypothèse est assortie d’une condition: «il faut que les règles communautaires puissent fonctionner normalement, avec l’ouverture des marchés, et que l’ensemble des acteurs joue dans les règles du jeu». Si cela est fait, le Dr Alhousseini Brétaudeau pense que l’espace sahélien sera à l’abri de la famine, car certains pays du Golfe de Guinée, notamment le Ghana, le Togo, le Nigeria et le Bénin, avec un bon niveau de production, dégagent un surplus de maïs qui pourrait être exporté vers les régions déficitaires, ce qui permettrait d’équilibrer le bilan céréalier du Sahel.

En ce qui concerne les pâturages, le conférencier a expliqué que la situation, bien que bonne, était également préoccupante et inquiétante. Qu’à cela ne tienne, «nos animaux ne vont pas mourir de faim», a-t-il assuré. Globalement, en raison du déficit pluviométrique et hydrologique enregistré, la production céréalière prévisionnelle, au titre de la campagne 2011-2012 au Sahel et en Afrique de l’Ouest, se chiffre à 55,4 millions de tonnes. Elle est en hausse de 4% par rapport à la moyenne des 5 dernières années et en baisse de 8% par rapport à celle de l’année dernière. La zone Sahel, avec 16,6 millions de tonnes, enregistre une baisse de 2% par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de 25 % par rapport à l’année dernière.

Le Tchad et la Mauritanie enregistrent de fortes baisses respectives, de 23% et 38% par rapport à la moyenne quinquennale et de 50% et de 52% par rapport à la campagne 2010-2011. Les poches de mauvaise production agropastorale et halieutique concernent notamment toute la bande sahélienne au Tchad, la zone agropastorale de la Mauritanie, le Nord des régions de Kayes et Koulikoro et le Delta du fleuve Niger au Mali, le Nord, le Centre Nord et l’Est du Burkina Faso, les régions de Niamey, Tillabéry et le Sud Est de Zinder au Niger et certaines zones localisées du Sénégal et de la Gambie.

Youssouf Diallo

 

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