La libéralisation des visas UE-Turquie suspendue à cause d’Erdogan

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Selon le président du Parlement européen, l’Europe a suspendu la procédure de libéralisation des visas avec la Turquie qui ne remplit pas les conditions requises selon lesquelles elle devait notamment réformer sa loi antiterroriste jugée non-conforme aux normes démocratiques européennes.

La politique autoritaire du président turc Recep Tayyip Erdogan et le non-respect des conditions requises empêchent de mener à bout la procédure de libération des visas entre l’UE et la Turquie, a déclaré lundi le président du parlement européen Martin Schultz.

« Parmi les conditions non remplies figure notamment la loi sur la protection des données et la loi antiterroriste dont nous avons réclamé la modification. Elle n’a pas été réformée, au contraire on l’a utilisé pour lever l’immunité parlementaire des députés, pour invalider leurs mandats en vue d’obtenir la majorité des deux tiers requise permettant d’adopter un régime présidentiel », a indiqué M.Schultz lors de la conférence Europe Calling organisée par la Fondation allemande Friedrich Ebert (FES).Selon M.Schultz, la situation qui s’est créée en Turquie autour des journalistes et des parlementaires est contraire aux normes démocratiques européennes.

« Ces actions, qui ne sont pas l’unique exemple de la politique autoritaire du président Erdogan, m’obligent de m’opposer à la procédure de libéralisation des visas », a conclu M.Schultz.

Le président du parlement européen a rappelé qu’il avait d’abord été favorable à la libéralisation des visas avec Ankara qui permettrait de mieux régler la crise migratoire en Europe.

« Selon différentes estimations, entre 2,2 et 2,4 millions de réfugiés se trouvent en Turquie. Cela signifie que nous devrons travailler avec la Turquie si nous souhaitons aider les réfugiés… J’ai d’abord estimé qu’il fallait rechercher une solution en coopération avec la Turquie. Mais je suis contre l’idée de payer n’importe quel prix au gouvernement d’Ankara. Et j’ai suspendu la procédure de libéralisation des visas au parlement européen », a conclu M.Schultz.Le commissaire européen aux Affaires intérieures, à la migration et à la citoyenneté Dimitris Avramopoulos avait antérieurement déclaré que la Turquie n’avait pas rempli sept des 72 conditions de l’UE.

La Commission européenne a proposé en mai dernier au parlement européen et à au Conseil de l’UE de lever les restrictions de visas pour les Turcs si Ankara remplit les autres conditions d’ici fin juin. M.Erdogan a pour sa part menacé de bloquer l’application de l’accord sur les migrants si aucun résultat n’était obtenu concernant l’exemption de visa Schengen pour ses compatriotes d’ici au 30 juin. La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré en juin qu’elle était ouverte aux concessions.

Source : Sputnik

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