Libye: des ex-rebelles attaquent Bani Walid, au moins onze morts

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Des traces de sang sur un mur de Bani Walid, en Libye, le 11 octobre 2012
© AFP

TRIPOLI – Des groupes d’ex-rebelles op√©rant sous la banni√®re de l’arm√©e libyenne, ont lanc√© mercredi une attaque contre Bani Walid, un des derniers bastions du r√©gime d√©chu de Mouammar Kadhafi, faisant au moins 11 morts et des dizaines de bless√©s, selon des sources locales.

“Les affrontements d’aujourd’hui ont fait quatre martyrs et 19 bless√©s parmi les forces du Bouclier de la Libye”, une brigade d’anciens rebelles, qui a int√©gr√© le minist√®re de la D√©fense, a indiqu√© une source de cette force, tandis que l’h√īpital de Bani Walid a fait √©tat de 7 morts et 75 bless√©s.

“Nous avons re√ßu sept morts et 75 bless√©s, dont une fille de 14 ans”, a indiqu√© √† l’AFP le directeur adjoint de l’h√īpital de Bani Walid, Abdallah al-Mansouri.

Plus t√īt, un responsable local a fait √©tat d’un mort.

“Bani Walid a √©t√© bombard√©e depuis trois fronts aujourd’hui. Un habitant a √©t√© tu√©”, avait indiqu√© Massoud al-Waer, faisnat √©tat de “dizaines de bless√©s”.

Cette attaque co√Įncide avec le premier anniversaire de l’annonce de la “lib√©ration” de Bani Walid, une ville accus√©e d’avoir appuy√© le r√©gime de Mouammar Kadhafi durant la r√©volution de 2011.

La ville √©tait tomb√©e aux mains des rebelles le 17 octobre 2011, trois jours seulement avant la chute du r√©gime apr√®s la mort du d√©funt dictateur dans sa ville natale de Syrte. Mais depuis plusieurs mois, les rebelles accusent la ville d’abriter des criminels et des loyalistes √† l’ancien r√©gime recherch√©s par la justice et appellent √† “purger” Bani Walid.

La menace d’un assaut pesait depuis plusieurs semaines sur Bani Walid √† la suite de la mort d’un ex-rebelle de Misrata, Omran Ben Chaabane, 22 ans, enlev√© et tortur√© dans la ville.

Ce d√©c√®s a exacerb√© les tensions entre Misrata et Bani Walid, villes voisines et rivales historiques, qui ont choisi des camps oppos√©s lors du conflit l’an dernier.

Le Congr√®s g√©n√©ral national (CGN), la plus haute autorit√© du pays a exig√© le 25 septembre des ministres de la D√©fense et de l’Int√©rieur qu’ils trouvent les auteurs de l’enl√®vement de Ben Chaabane “par la force si cela est n√©cessaire”.

L’arm√©e, appuy√©e par des milices form√©es d’anciens rebelles, encercle depuis la ville et des affrontements quasi-quotidiens opposent les deux camps.

La brigade Bouclier de la Libye et des combattants de Misrata, affirment avoir re√ßu des instructions pour avancer mercredi vers Bani Walid, tandis que le porte-parole du chef d’√©tat-major, le colonel Ali al-Chikhi a d√©menti que l’arm√©e ait donn√© un ordre en ce sens.

“Nous n’avons donn√© aucun ordre d’attaque”, a indiqu√© √† l’AFP le colonel al-Chikhi.

Plus tard, le chef d’√©tat-major a indiqu√© que le conseil social de Bani Walid qui regroupe les chefs de tribus de la ville, a donn√© son accord pour une entr√©e de l’arm√©e r√©guli√®re dans la ville et imposer l’autorit√© de l’Etat sur cette oasis aux reliefs escarp√©s.

Dans un communiqu√© publi√© par l’agence officielle Lana, il a affirm√© que l’arm√©e √©tait “pr√™te √† entrer dans Bani Walid” et a appel√© toutes les parties √† la retenu pour permettre aux “unit√©s r√©guli√®res de l’arm√©e libyenne d’imposer l’autorit√©s de l’Etat”.

La semaine derni√®re, des chefs de tribus de Bani Walid ont indiqu√© qu’ils refusaient l’entr√©e de “milices hors la loi” de Misrata dans leur ville, estimant que l’arm√©e √©tait “inexistante”.

Les autorit√©s de transition peinent √† construire une arm√©e et une police et √† contr√īler les dizaines de milices d’ex-rebelles qui font la loi dans le pays.

AFP / 08:08 Р18/10/12

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