Message du Roi Mohammed VI aux participants au Forum Crans Montana de Dakhla

0

Le Roi Mohammed VI a adressĂ© un message aux participants au Forum Crans Montana (FCM), qui s’est ouvert vendredi Ă  Dakhla, sous le thème “l’Afrique et la coopĂ©ration Sud-Sud : Une meilleure gouvernance pour un dĂ©veloppement Ă©conomique et social durable”.

Voici le texte intégral de ce message dont lecture a été donnée par le président de la région de Dakhla-Oued Eddahab, Ynja Khattat:

“Louange Ă  Dieu ,. Prière et salut sur le Prophète, Sa famille et Ses compagnons. Excellences, Mesdames et Messieurs,

C’est avec un plaisir renouvelĂ© que Nous Nous adressons, aujourd’hui, aux participants Ă  la session annuelle du Forum Crans-Montana, qui se tient pour la seconde fois consĂ©cutive Ă  Dakhla, dans cette rĂ©gion de Dakhla-Oued Ed-Dahab, qui Nous est si chère.

Cette Ă©dition, consacrĂ©e Ă  l’amĂ©lioration de la gouvernance pour un dĂ©veloppement durable, poursuit le dĂ©bat fort utile entamĂ©, ici mĂŞme, l’annĂ©e dernière, dĂ©bat que Nous souhaitons voir s’approfondir, Ă  la faveur de concertations, d’Ă©changes et de mise en commun des savoirs et des volontĂ©s constructives.

La prĂ©sence aujourd’hui, Ă  Dakhla, de plus de 500 hautes personnalitĂ©s Ă©trangères dont de nombreux responsables gouvernementaux et d’organisations internationales – venus de plus d’une centaine de pays -, illustre l’attachement de tous Ă  cet Ă©vĂ©nement et Ă  son thème mobilisateur, au service de l’Afrique.

Grâce Ă  vos efforts conjuguĂ©s, cet important rendez-vous international contribue Ă  faire prendre conscience au monde entier que l’avenir ne se fera pas sans une Afrique debout, cohĂ©rente et solidaire. Mesdames et Messieurs,

Après des dĂ©cennies durant lesquelles notre Continent a endurĂ© les blessures d’un partage du monde imposĂ© par la colonisation et subi les effets collatĂ©raux de conflits idĂ©ologiques auxquels il Ă©tait Ă©tranger, il est temps que l’Afrique reprenne ses droits sur l’Histoire et la GĂ©ographie : une Histoire riche des peuples africains unis par des siècles d’Ă©changes et de liens variĂ©s, et une GĂ©ographie qui plaide pour des ensembles sous-rĂ©gionaux intĂ©grĂ©s et complĂ©mentaires.

L’Afrique doit, dĂ©sormais, s’assumer en tant que partenaire central de la coopĂ©ration internationale et non pas comme simple objet de cette coopĂ©ration ou enjeu pour les autres acteurs. De mĂŞme, l’Afrique ne doit pas ĂŞtre regardĂ©e en tant que source de fragilitĂ©s, mais bel et bien comme un acteur majeur du progrès.

La coopĂ©ration Sud-Sud n’est plus un slogan creux ou une composante connexe des politiques de dĂ©veloppement, rĂ©duite Ă  une simple assistance technique. Elle rĂ©pond, dĂ©sormais, Ă  une vision stratĂ©gique homogène, au service du dĂ©veloppement des Etats et des besoins des populations. Elle devient intĂ©grĂ©e et articulĂ©e autour des potentialitĂ©s et du savoir-faire de chacun.

Le Maroc a fait justement de la coopération Sud-Sud un axe fondamental de sa politique étrangère et une ligne de conduite centrale de son action internationale.

A ce titre, il s’emploie tant individuellement, qu’en collaboration avec les pays frères et partenaires-, Ă  rĂ©aliser des programmes concrets dans des domaines ciblĂ©s, visant des rĂ©sultats mesurables en terme de croissance et de bien-ĂŞtre des populations du Sud dans le domaine Ă©conomique, mais aussi dans les domaines social, culturel, environnemental et religieux.

 

Mesdames et Messieurs,

Le choix renouvelĂ© de la ville de Dakhla pour votre rencontre est plus qu’un symbole. Il marque la renaissance d’une vision du Sahara marocain, celle d’une interface de rencontres, un carrefour d’Ă©changes humains, commerciaux et de savoirs ancestraux entre le Sud et le Nord. Lors de la prĂ©cĂ©dente session, Nous avons tenu Ă  partager avec vous Notre ambition de mettre au point un modèle de dĂ©veloppement nouveau pour cette rĂ©gion, si chère Ă  Notre cĹ“ur. Il s’agit, en l’occurrence, d’une vision prometteuse visant Ă  hisser nos trois provinces du Sud Ă  un niveau leur permettant de jouer pleinement leur rĂ´le comme pĂ´le Ă©conomique africain et pont entre les rĂ©gions d’Europe, du Maghreb arabe et du Sahel.

Aujourd’hui, les plans de dĂ©veloppement deviennent une rĂ©alitĂ© tangible. En effet, lors des rĂ©centes Visites que Nous avons effectuĂ©es au Sahara, Nous avons procĂ©dĂ© au lancement d’une sĂ©rie de chantiers de dĂ©veloppement majeurs, honorant ainsi l’engagement que Nous avons pris Ă  l’Ă©gard des citoyens de nos provinces du Sud.

Il s’agit, en l’occurrence, de la mise en place de pĂ´les Ă©conomiques compĂ©titifs capables de rehausser les taux de croissance, de crĂ©er des emplois, de valoriser la dimension culturelle, de consacrer les droits humains et la protection de l’environnement. Ce sont des pĂ´les aptes Ă  soutenir les secteurs productifs tels que l’agriculture, la pĂŞche maritime et l’Ă©cotourisme et de renforcer les rĂ©seaux de liaisons terrestre, aĂ©rienne et maritime entre les provinces du Sud et les autres rĂ©gions du Royaume d’une part, et les pays africains d’autre part.

Une attention toute particulière a Ă©galement Ă©tĂ© accordĂ©e au volet social, Ă  travers la mise en Ĺ“uvre d’une sĂ©rie de projets destinĂ©s Ă  rehausser la qualitĂ© de l’enseignement, des services de santĂ© et des structures socio-Ă©conomiques.

Nous avons tenu à ce que le lancement de ces projets structurants coïncide avec la mise en œuvre de la régionalisation avancée, au lendemain des dernières élections régionales, avec des institutions élues directement par les habitants, des prérogatives constitutionnelles et juridiques importantes, ainsi que des ressources financières et humaines propres.

Mesdames et Messieurs,

Le monde et nos rĂ©gions, en particulier -, font face Ă  des dĂ©fis environnementaux sans prĂ©cĂ©dent. Il s’agit non seulement de dĂ©fis climatiques, mais aussi et surtout de dĂ©fis en matière de dĂ©veloppement. Or, l’Afrique a son mot Ă  dire dans ce dĂ©bat mondial. Elle ne devrait donc ni se taire, ni se laisser faire, encore moins se rĂ©duire Ă  choisir entre dĂ©veloppement et Ă©cologie. C’est cette vision que le Maroc a choisi d’Ă©riger en doctrine, en accueillant la 22ème rĂ©union des Etats Parties Ă  la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 22), prĂ©vue en novembre prochain Ă  Marrakech.

Nous souhaitons que cette confĂ©rence planĂ©taire soit une cĂ©lĂ©bration de la coopĂ©ration Sud-Sud, au service de l’environnement, qu’elle puisse placer l’Afrique et l’ensemble des pays en dĂ©veloppement au cĹ“ur de l’agenda international. Notre pari est d’y faire entendre la voix d’une Afrique unie, forte, mobilisĂ©e et, en dĂ©finitive, Ă©coutĂ©e et entendue.

Il appartient au monde d’inventer les modes de dĂ©veloppement permettant Ă  nos populations d’accĂ©der Ă  un mieux-ĂŞtre tout en prĂ©servant les conditions de sa durabilitĂ©. Nous devons, tous, Ĺ“uvrer dans ce sens et Ă©couter les crĂ©atifs, les jeunes , ceux qui innovent et qui prĂ©parent notre monde de demain. Mesdames et Messieurs,

Il est de la responsabilitĂ© des Etats de porter des visions d’avenir et d’agir pour les mettre en Ĺ“uvre, Ă  travers de grandes mesures et des chantiers structurants.

Cependant, les politiques publiques, aussi ambitieuses soient-elles, demeurent fragiles si elles ne sont pas appropriées par les populations et les sociétés civiles.

C’est cela mĂŞme le sens du dĂ©veloppement durable. Pour ĂŞtre pĂ©renne, solide et riche, le dĂ©veloppement doit ĂŞtre portĂ© par une vision partagĂ©e par tous les acteurs d’une sociĂ©tĂ©, oĂą chacun dĂ©cide et choisit de l’incarner Ă  sa manière.

C’est en cela que la sociĂ©tĂ© civile, les femmes, les jeunes, les entrepreneurs et tous les autres groupes de nos sociĂ©tĂ©s sont importants et doivent ĂŞtre associĂ©s dans ces moments d’Ă©change et de dĂ©bats.

C’est lĂ , une conviction profondĂ©ment partagĂ©e par les organisateurs de cette rencontre, et Nous nous rĂ©jouissons de constater les nombreux espaces qui leur sont dĂ©diĂ©s durant ces prochains jours.

A cet Ă©gard, Nous tenons Ă  rendre hommage Ă  Monsieur Jean-Paul Carteron, PrĂ©sident du Forum de Crans Montana, pour son engagement Ă  favoriser Ă  travers le monde – et en Afrique en particulier -, des espaces de rencontre, de dĂ©bat et d’enrichissement mutuel.

Nous tenons, Ă©galement, Ă  saluer l’ISESCO, et son Directeur GĂ©nĂ©ral, Son Excellence Dr Abdulaziz Ben Othman Altwajiri, pour la constance de leur soutien Ă  une manifestation qui dĂ©fend les valeurs et les convictions portĂ©es par cette grande Organisation.

Je vous remercie.

Wassalamou alaikoum warahmatoullahi wabarakatouh”.

 

PARTAGER