Pays-Bas: Rutte salue une victoire “contre le populisme”

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Dutch Prime Minister Mark Rutte, left, and PVV party leader Geert Wilders, right, wait to take their turn in the closing debate at parliament in The Hague, Netherlands, Tuesday, March 14, 2017. Amid unprecedented international attention, the Dutch go to the polls Wednesday in a parliamentary election that is seen as a bellwether for the future of populism in a year of crucial votes in Europe. (Phil Nijhuis HH POOL via AP)

Le Premier ministre libĂ©ral nĂ©erlandais Mark Rutte, qui semble avoir facilement battu son rival d’extrĂŞme droite Geert Wilders mercredi aux lĂ©gislatives, au grand soulagement de l’Europe, a saluĂ© une victoire contre ce qu’il appelle “le populisme de mauvais aloi”.

Après le Brexit au Royaume-Uni et la victoire de Donald Trump Ă  la prĂ©sidentielle amĂ©ricaine, tous les yeux Ă©taient braquĂ©s sur la formation de Geert Wilders, dont le score Ă©tait attendu comme un baromètre de la montĂ©e du populisme en Europe, Ă  moins de 40 jours de la prĂ©sidentielle française et avant les lĂ©gislatives allemandes de l’automne.

Selon des rĂ©sultats temporaires compilĂ©s par l’agence de presse nĂ©erlandaise ANP, sur la base de 54,8% des voix, le VVD de Mark Rutte remporterait 32 sièges sur les 150 de la chambre basse du parlement nĂ©erlandais.

Une perte de 9 sièges certes par rapport aux dernières Ă©lections en 2012, mais une nette avance cependant sur le PVV de Wilders, qui n’aurait lui gagnĂ© que quatre sièges de dĂ©putĂ©s, avec 19 Ă©lus.

Assurant qu’il s’agissait lĂ  d’un “succès”, celui-ci s’est dĂ©jĂ  positionnĂ© dans la nuit en vue des longues nĂ©gociations qui commenceront dès ce jeudi, en se dĂ©clarant prĂŞt Ă  gouverner “si cela est possible”, bien que l’ensemble des autres partis aient exclu une telle collaboration.

“Si cela ne marche pas, nous supporterons le gouvernement oĂą cela est nĂ©cessaire, sur les questions qui nous sont chères”, a-t-il ajoutĂ©.

Ces rĂ©sultats ont provoquĂ© un vĂ©ritable soulagement Ă  travers le vieux continent, le prĂ©sident François Hollande saluant ainsi “une nette victoire contre l’extrĂ©misme”. “Les valeurs d’ouverture, de respect de l’autre et de foi en l’avenir de l’Europe sont la seule vĂ©ritable rĂ©ponse aux pulsions nationalistes et de repli sur soi qui secouent le monde”, a conclu M. Hollande.

Le prĂ©sident de la Commission europĂ©enne, Jean-Claude Juncker, a lui saluĂ© “un vote pour l’Europe, contre les extrĂ©mistes”, alors que la chancelière allemande Angela Merkel, selon son porte-parole, s’est rĂ©jouie de “poursuivre une bonne collaboration en tant qu’amis, voisins, EuropĂ©ens”.

‘Politiciens raisonnables’

CĂ©lĂ©brant sa victoire, le Premier ministre a lui assurĂ© devant une salle bondĂ©e de La Haye qu'”après le Brexit et après les Ă©lections aux Etats-Unis, les Pays-Bas ont dit stop au populisme de mauvais aloi”.

Au cours d’une campagne marquĂ©e par les questions d’identitĂ©, Mark Rutte, tout comme les leaders de certains autres partis, avait pourtant intĂ©grĂ© quelques Ă©lĂ©ments auparavant rĂ©servĂ©s Ă  son rival, invitant par exemple ceux qui ne respectent pas les valeurs nĂ©erlandaises Ă  quitter ce pays de 17 millions d’habitants.

Dans son programme politique succinct, Geert Wilders promettait d’interdire l’accès des Pays-Bas aux immigrants musulmans, d’interdire la vente du Coran et de fermer les mosquĂ©es, dans un pays dont la population compte environ 5% de musulmans.

CrĂ©ditĂ© de 36 sièges il y a quelques mois, son Parti pour la libertĂ© (PVV) Ă©tait doucement retombĂ© dans les sondages Ă  l’approche des Ă©lections. Ce n’est pas la première fois que l’Ă©lu Ă  la chevelure pĂ©roxydĂ©e, qui avait obtenu son meilleur rĂ©sultat en 2010 avec 24 sièges, voit son score dĂ©gringoler entre les prĂ©dictions des sondages et le rĂ©sultat du scrutin.

“Le PVV (de M. Wilders) n’est pas une force rĂ©volutionnaire version Trump”, a commentĂ© pour l’AFP Geerten Waling, chercheur en histoire politique Ă  l’universitĂ© de Leiden. “Et mĂŞme si le rĂ©sultat (du PVV) n’est pas minime, les gens sont globalement restĂ©s du cĂ´tĂ© des hommes politiques raisonnables”.

NĂ©gociations

Les chrétiens-démocrates du CDA et les progressistes de D66 auraient aussi remporté 19 sièges chacun, tandis que les travaillistes du PvdA, partenaires de la coalition sortante, auraient eux enregistré une défaite historique, passant de 38 députés à 9 seulement.

Les écologistes de GroenLinks, menés par le jeune et charismatique Jesse Klaver, ont par contre quadruplé leur score avec 16 sièges de députés.

Le système électoral néerlandais à la proportionnelle presque intégrale oblige à créer des coalitions et dans un paysage aussi fragmenté la formation du prochain gouvernement pourrait prendre des mois. Le record actuel est de 208 jours.

Le CDA et D66 sont des partenaires naturels pour les libĂ©raux, mais une telle coalition aurait besoin d’un parti supplĂ©mentaire pour obtenir la majoritĂ© de 76 sièges. Les regards se portent vers les chrĂ©tiens (CU, 6 sièges) et les protestants rigoristes du SGP (3 sièges), mais les Ă©cologistes pourraient Ă©galement jouer un rĂ´le important.

Le scrutin a Ă©tĂ© marquĂ© par une participation massive: 81% des 12,9 millions d’Ă©lecteurs se sont rendus aux urnes, selon l’Institut de sondage Ipsos. Aux dernières Ă©lections en 2010 et 2012, ces taux Ă©taient de 74,6% et 75,3%.

Publié: le 16-03-2017 par voa

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