Présidentielle au Rwanda: des moyens de campagne déséquilibrés

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Le président rwandais Paul Kagame après avoir déposé à la Commission électorale nationale sa candidature à l'élection présidentielle du 4 août prochain, à Kigali, le 22 juin 2017. © REUTERS/Jean Bizimana
Le président rwandais Paul Kagame après avoir déposé à la Commission électorale nationale sa candidature à l'élection présidentielle du 4 août prochain, à Kigali, le 22 juin 2017. © REUTERS/Jean Bizimana

Ce vendredi 4 août, près 7 millions de citoyens rwandais sont appelés aux urnes pour la présidentielle. Face au tout puissant président sortant Paul Kagame, deux candidats d’opposition : Frank Habineza et Philippe Mpayimana. L’issue du scrutin laisse peu de place au suspense et une large victoire du président Kagame est attendue. Ce dernier n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer lors de son premier meeting de campagne que « l’élection est jouée » depuis le référendum l’autorisant à briguer ce 3e mandat. Le parti au pouvoir contrôle d’une main de fer l’espace politique depuis 23 ans, mais c’est aussi une puissance économique, notamment grâce à son bras financier, Crystal Ventures.

Crystal Ventures est né en 1995 sous le nom de « Tristar » un an après la prise de pouvoir du FPR de Paul Kagame qui venait de renverser le régime extrémiste ayant déclenché le génocide. A l’époque, les caisses de l’Etat sont vides et rares sont ceux à oser investir dans le pays. Le FPR crée alors sa propre société pour stimuler l’économie.

23 ans plus tard, les actifs de Crystal Ventures sont estimés à quelque 500 millions de dollars. Le fonds d’investissement est le premier employeur privé du pays et est présent dans presque tous les secteurs, de l’agroalimentaire à la sécurité privée en passant par le BTP. Cette mainmise lui attire des critiques, même si les autorités se défendent de tout favoritisme, par exemple dans l’octroi de marchés publics.

Si Wellars Gasamagera le porte-parole du FPR, assure que le parti finance sa campagne présidentielle essentiellement avec les contributions de ses membres, en 2014 dans une interview à Jeune Afrique Jack Kayonga, le patron du fonds, n’avait pas exclu que les dividendes versés par la société alimentent les campagnes électorales.

Face à la puissance économique du FPR, impossible pour les deux petits candidats d’opposition de faire le poids. De plus, en raison de règles électorales très strictes, ils n’ont eu qu’une semaine pour lever des fonds avant le début de la campagne électorale.

 Par RFI Publié le 01-08-2017
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