RDC : les rebelles du M23 veulent un cessez-le-feu formel avec Kinshasa

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Le colonel Sultani Makenga est devenu « général de brigade » de la branche militaire du M23 rebaptisée l’Armée révolutionnaire du Congo.
REUTERS

KAMPALA – La rébellion congolaise du M23 a réclamé mercredi la signature d’un cessez-le-feu avec les autorités de République démocratique du Congo (RDC), accusant Kinshasa de faire traîner les négociations à Kampala pour renforcer ses positions dans l’est de la RDC.

Notre premier objectif est de signer un accord de cessez-le-feu, mais le gouvernement refuse de signer un cessez-le-feu, a déclaré Jean-Marie Runiga, chef politique du Mouvement du 23 Mars (M23), par téléphone à l’AFP, répétant une demande déjà formulée par la rébellion.

Si on ne signe pas d’abord un accord de cessez-le-feu, il est difficile de continuer les négociations, a-t-il ajouté.

Les négociations entre le M23, groupe de mutins qui combat l’armée de RDC depuis avril dans la riche province minière du Nord-Kivu (est de la RDC), et Kinshasa ont débuté il y a dix jours dans la capitale ougandaise Kampala.

Les pourparlers avaient été promis aux rebelles en échange de leur retrait de la capitale du Nord-Kivu, Goma, prise le 20 novembre, au terme d’une médiation des pays des Grands Lacs orchestrée par l’Ouganda.

Mais depuis leur ouverture, les négociations piétinent, les deux parties n’ayant toujours pas vraiment abordé le fond du problème qui les oppose.

Le M23 est essentiellement composé de Tutsi congolais qui avaient été intégrés à l’armée de RDC après un accord de paix signé avec Kinshasa le 23 mars 2009. Ils se sont mutinés car ils estiment que cet accord n’a jamais été pleinement respecté.

Selon un document élaboré par la médiation ougandaise, et dont l’AFP a obtenu une copie, le M23 continue de reprocher à Kinshasa de n’avoir jamais tenu ses promesses en terme d’intégration militaire, attribution de rangs. Il l’accuse de ne pas avoir non plus respecté l’intégration politique qui avait alors aussi été demandée et obtenue sur le papier.

Mais les reproches du M23 dépassent la simple application de l’accord du 23 mars 2009.

Les mutins accusent notamment le président congolais, Joseph Kabila, d’avoir triché lors de la dernière élection présidentielle de 2011, et de n’avoir jamais tenu son engagement de développer l’est de la RDC. Il n’y a aucun grand magasin, aucun supermarché dans l’est de la RDC, déplorent-ils selon le document ougandais.

Le gouvernement ne cherche vraiment pas sérieusement à trouver une solution par la négociation, mais il essaie de gagner du temps pour renforcer ses positions sur le terrain ainsi que ses alliances avec des groupes comme les FDLR, a encore accusé mercredi M. Runiga.

Les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) sont des rebelles hutu rwandais présents dans l’est de la RDC, où ils sont accusés d’exactions contre les civils. Le Rwanda voisin, par ailleurs accusé par Kinshasa et l’ONU de soutenir le M23, en recherche certains pour leur rôle présumé dans le génocide de 1994 contre les Tutsi, qui, selon l’ONU, a fait 800.000 morts.

Au terme de la médiation des Grands Lacs menée par l’Ouganda, pourtant lui aussi accusé de soutenir le M23, les rebelles congolais devaient se retirer à au moins 20 km de Goma. Ils sont encore eux-mêmes en fait aux portes de la ville.

Kampala, comme Kigali, démentent tout soutien au M23.

L’est de la RDC a dans le passé déjà été le théâtre de deux guerres régionales et vit depuis de nombreuses années au rythme de rébellions, milices et autres groupes armés qui multiplient les exactions contre les populations civiles.

(©AFP / 19 décembre 2012 12h27)

SOURCE:  du   19 déc 2012.