RDC: les propos du président de la Céni sur les élections préoccupent les diplomates

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RDC: les propos du président de la Céni sur les élections préoccupent les diplomates
Le président de la Commission électorale nationale indépendante, Corneille Nangaa Yobeluo (g), livre ses impressions après son entretien avec le chef de bureau de la Monusco, Daniel Ruiz (d), à Goma au sujet de l'appui que doit apporter la Monusco dans... © MONUSCO/Alain Wandimoyi

Le week-end dernier à plusieurs reprises, Corneille Nangaa, le président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), a expliqué que les élections ne pourraient être techniquement organisées avant la date-butoir du 31 décembre 2017, comme le prévoit un accord politique signé en décembre 2016. Cette annonce qui ne dit pas son nom a suscité une levée de bouclier de l’opposition congolaise mais aussi de la communauté internationale.

Dans l’accord signé le 31 décembre 2016, pouvoir et opposition s’étaient engagés à organiser les élections présidentielle, législatives et provinciales « au plus tard en décembre 2017 » en République démocratique du Congo (RDC).

Mais le texte leur laisse la possibilité de revenir sur cette date à une condition : si le Conseil national de suivi de l’accord, le gouvernement et la commission électorale, ensemble, décident unanimement de modifier cette date.

Dans ce contexte, la déclaration du président de la Céni qui dit ne pouvoir organiser les élections d’ici la fin de l’année n’a aucune valeur officielle. Encore moins sachant que le Conseil de suivi de l’accord n’a toujours pas été créé. Comme le résume un diplomate à Kinshasa, cette déclaration est plutôt « un pavé dans la mare », « une façon de préparer le terrain ».

A Kinshasa tout le monde sait que les retards accumulés rendent de plus en plus difficile le respect de ce délai. L’enrôlement des électeurs dans le Grand Kasaï commencera au mieux fin juillet et doit durer trois mois. La loi sur la répartition des sièges au sein de l’Assemblée nationale n’a pas été adoptée non plus. Autant de prérequis essentiels à l’organisation des élections.

« Motif de préoccupation » de l’ONU

Face à cette situation, la communauté internationale tente de redonner un coup de pression. Mais sa marge de manœuvre semble plus que limitée pour obliger Kinshasa à accélérer le processus.

Pour le chef du Département des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, Jean-Pierre Lacroix, les déclarations de Corneille Nangaa constituent un « motif de préoccupation » et un appel à redoubler la pression des partenaires internationaux.

« Il convient également de s’inquiéter du retard de la Céni à publier le calendrier des élections, de même que de l’incertitude qui continue de planer sur le financement de ces scrutins en dépit des efforts du gouvernement en vue de décaisser le budget convenu au cours des derniers mois », a-t-il déclaré.

« Enfin, les récentes déclarations du président de la Céni relatives à l’impossibilité de tenir les élections d’ici la fin de l’année, constituent un motif supplémentaire de préoccupation, a poursuivi Jean-Pierre Lacroix. Au moment où la RDC est à mi-parcours de sa transition, il est plus que jamais nécessaire que les acteurs politiques nationaux et les partenaires internationaux, y compris les membres de ce conseil, se remobilisent pour remettre l’accord politique du 31 décembre 2016 sur les rails. »

Les Etats-Unis, de leur côté, par la voix de leur ambassadeur auprès de l’ONU, ont menacé la RDC de nouvelles sanctions si les élections ne se déroulaient pas comme prévu cette année et ont exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies à faire de même.

 Par RFI Publié le 12-07-2017
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