Rétrospective : 1ère partie du discours de l’empereur Hailé Sélassié (extraits)

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Haïlé Sélassié, dernier empereur d'Ethiopie
Haïlé Sélassié, dernier empereur d'Ethiopie

Le 25 mai 1963, l’empereur éthiopien Hailé Sélassié s’adresse aux représentants des pays africains, venus à Addis Abeba, pour s’entendre sur les modalités de la création d’une organisation commune, qui deviendra l’Organisation de l’unité africaine.

Il s’agit d’un jour capital et historique pour l’Afrique et tous les Africains. Nous sommes aujourd’hui sur la scène internationale face à un public international. Nous nous sommes réunis pour affirmer notre rôle dans la conduite des affaires du monde et pour conférer de notre pouvoir au grand continent et aux 250 millions de gens que nous dirigeons. L’Afrique se trouve aujourd’hui à mi-chemin, en transition de l’Afrique d’hier à l’Afrique de demain. Nous sommes ici en train de sortir du passé et d’avancer vers l’avenir. La tâche que nous nous sommes fixée, la construction de l’Afrique, attendra. Nous devons agir, préparer et former l’avenir, laisser notre marque sur les évènements alors qu’ils disparaissent dans l’histoire.

Au cours de cette conférence, nous devons déterminer si nous sommes prêts à aller de l’avant et à tracer le cours de notre destinée. Il n’est pas moins important que nous sachions d’où nous venons. La connaissance de notre passé est essentielle à la définition de notre personnalité et de notre identité en tant qu’Africains.

Le monde n’a pas été fait par morceaux. L’Afrique n’a pas été créée ni plus tôt, ni plus tard qu’aucune autre région géographique de ce globe. Les Africains possèdent tous les attributs humains, ni plus ni moins que les autres hommes. Ils en ont les talents, les vertus, aussi bien que les défauts.

Il y a quelques milliers d’années, des civilisations prospères ont existé sur ce continent. Celles-ci n’étaient en rien inférieures à celles qui existaient alors dans d’autres continents. Les Africains étaient politiquement libres et économiquement indépendants. Ils avaient leur propre structure sociale, et leurs cultures étaient véritablement autochtones.

L’obscurité qui entoure ces siècles entre les premiers jours et la redécouverte de l’Afrique est en train de se dissiper. Ce qui est sûr c’est que durant ces longues années, des Africains sont nés, ont vécu et sont morts. Des hommes des autres régions du monde ne se préoccupaient que d’eux-mêmes, et dans leur suffisance, proclamaient que le monde commençait et finissait selon leurs vues, avec leurs horizons. Inconnue à ces hommes, l’Afrique développait ses propres sociétés, vivant sa propre vie, et au XIXe siècle, finalement réémergeait dans la conscience du monde. ( …)

Compilé par Modibo Diallo

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