Sans le camp de Gbagbo

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Certains ne se sentent pas “concernés” par les législatives en Côte d’Ivoire. Souvent des sympathisants de l’ex-président Laurent Gbagbo.

Les autres sont allés voter pour tourner la page et avoir enfin la paix et la stabilité. “Nous ne sommes pas concernés, car il n’y a pas de compétition”, lance Agry, un militant pro-Gbagbo, accoudé dans un bar dans le quartier populaire de Yopougon, à Abidjan. Ce fonctionnaire de 40 ans s’est installé dans un maquis (restaurant populaire), en compagnie de plusieurs camarades, dans ce quartier, fief des partisans de l’ancien homme fort ivoirien. “Nous respectons le mot d’ordre (de boycott) de notre parti, le Front populaire ivoirien”, affirme-t-il, habillé d’un T-shirt, caquette vissée sur la tête. “Tu penses qu’après cette élection on pourra parler de démocratie en Côte d’Ivoire ?”, se demande un de ses voisins. Michel Kouamé Kouassi est le président d’un bureau de vote dans le collège William Ponty de Yopougon. Il accueille “à comptes gouttes” les électeurs. “Pas grand monde ici, à midi, nous avons enregistré une dizaine de votants sur près de 400 inscrits”, a-t-il déploré, tout en saluant l’absence d’incident. On ne se bousculait pas non plus devant les bureaux de vote d’Abobo, un quartier populaire d’Abidjan, favorable au président ivoirien Alassane Ouattara. “J’ai voté pour la stabilité de mon pays, ce scrutin va donner de nouvelles institutions à la Côte d’Ivoire, la nouvelle Côte d’Ivoire démocratique. Et c’est bon ainsi”, se réjouit Awa Bamba, étudiante, après avoir mis le bulletin dans l’urne. “Je suis venue voter pour donner un nouveau visage à la Côte d’Ivoire”, renchérit sa voisine, Sali Sangaré.

La paix, la stabilité sont souvent mis en avant. “Je suis venu voter pour que la Côte d’Ivoire retrouve la paix”, indique ainsi Mathieu Kouakou, mécanicien, après avoir voté dans le quartier d’Adjamé à Abidjan. La circulation automobile était très faible hier à Abidjan, la métropole de cinq millions d’habitants, alors que des patrouilles de la Mission de l’ONU étaient visible dans les grandes artères de la capitale économique ivoirienne. Sangaré Sanissi, un homme d’une quarantaine d’années, a été un des premiers à voter dans son bureau d’Adjamé, à Abidjan : “C’est pour tourner une page sombre de notre pays, on est trop fatigués, il faut aller de l’avant”. A Bouaké, ex-capitale de la rébellion rangée derrière Ouattara, Drissa Diallo, agriculteur septuagénaire, “espère que les élections vont permettre d’en finir définitivement avec la crise pour que le pays retrouve sa stabilité”.

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