Sommet de la CEEAC: quelle position adopter envers les nouvelles autorités de Bangui?

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Le sommet extraordinaire a été convoqué par le dirigeant tchadien Idriss Déby, qui préside l'instance régionale. AFP PHOTO / STR
Le sommet extraordinaire a Ă©tĂ© convoquĂ© par le dirigeant tchadien Idriss DĂ©by, qui prĂ©side l’instance rĂ©gionale.
AFP PHOTO / STR

Les dirigeants de la CommunautĂ© Ă©conomique des Etats d’Afrique centrale, la CEEAC, sont rĂ©unis ce mercredi 3 avril Ă  Ndjamena pour un sommet essentiellement consacrĂ© Ă  la Centrafrique. Dix jours après le coup d’Etat de la Seleka, les participants devront dĂ©cider de l’attitude Ă  adopter concernant les nouvelles autoritĂ©s du pays.

 

Les chefs d’Etat prĂ©sents

On dit que c’est un sommet de la CEEAC, rĂ©uni d’ailleurs sur impulsion d’Idriss DĂ©by qui est le prĂ©sident en exercice de l’organisation sous-rĂ©gionale, mais ce sont finalement tous les chefs d’Etat qui ont jouĂ© ou jouent un rĂ´le en Centrafrique qui sont prĂ©sents.

Outre l’hĂ´te de ce sommet, le Tchadien Idriss DĂ©by, sont prĂ©sents le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Gabonais Ali Bongo, le BĂ©ninois Boni Yayi, l’Equato-GuinĂ©en Teodoro Obiang Nguema et le Sud-Africain Jacob Zuma. L’Afrique du Sud et le BĂ©nin ne sont pas membres de la CEEAC. Les autres pays sont reprĂ©sentĂ©s par des dĂ©lĂ©gations gouvernementales.

Le président déchu, François Bozizé, avait demandé à être présent ce mercredi à Ndjamena, mais il a reçu une fin de non-recevoir du protocole tchadien. Tous les présents sont actuellement réunis en huis clos.

C’est l’avenir des autoritĂ©s de Bangui qui se joue

Et justement du cĂ´tĂ© centrafricain, on avait annoncĂ© un temps Michel Djotodia, le prĂ©sident autoproclamĂ©, mais finalement c’est son Premier ministre Nicolas Tiangaye qui est Ă  Ndjamena aujourd’hui. Nicolas Tiangaye, ce mercredi matin sur les antennes de RFI, parlait d’une question d’organisation interne pour expliquer cette absence. Mais la prĂ©sence de Michel Djotodia aurait sonnĂ© comme une validation – de facto – du coup d’Etat de la Seleka. Et ne l’oublions pas, l’Union africaine (UA) a condamnĂ© ce coup de force, et a demandĂ© Ă  ses pays membres de prendre des sanctions contre les leaders de la rĂ©bellion.

Un discours de fermetĂ© affichĂ©e qu’est venu relayer Ă  Ndjamena le commissaire pour paix et la sĂ©curitĂ© de l’Union africaine, Ramtane Lamamra :

« La transition ne durera pas trois ans. On ne peut pas invoquer dans les accords de Libreville ce qui visiblement était lié à un vieux mandat de l’ancien chef d’Etat. Par conséquent, si nous devons travailler à une transition inclusive, il est clair qu’elle doit se faire sur la base de la Constitution centrafricaine, sur la base des accords de Libreville et sur la base des textes fondamentaux de l’Union africaine qui rétablissent la doctrine à l’égard des changements anticonstitutionnels de gouvernement, y compris des rébellions armées. Par conséquent, il n’est pas question de trois ans et il est nécessaire d’aller plus vite au retour à l’ordre constitutionnel. Des cas précédents nous indiquent qu’il est possible de réaliser cela en une seule année. »

Nicolas Tiangaye : normaliser la situation

VoilĂ  pour la position de principe de l’Union africaine. Après, il y a bien sĂ»r un autre principe : celui de rĂ©alitĂ©. Les rebelles de la Seleka se sont taillĂ© la part du lion dans le nouveau gouvernement. Le prĂ©sident autoproclamĂ© Michel Djotodia semble bien installĂ© dans son fauteuil, mĂŞme s’il a dĂ©jĂ  dit qu’il ne se reprĂ©senterait pas en 2016.

Et l’homme qui est venu plaider le cas du nouveau rĂ©gime, c’est Nicolas Tiangaye, le Premier ministre centrafricain, reconduit Ă  son poste par Michel Djotodia. Nicolas Tiangaye, interrogĂ© par notre envoyĂ© spĂ©cial Ă  Bangui avant qu’il ne prenne l’avion pour Ndjamena, a expliquĂ© : « Nous attendons que les membres de la CEEAC, les chefs d’Etat de la CEEAC comprennent la situation extrĂŞmement difficile dans laquelle se trouve le pays et aident donc la RĂ©publique centrafricaine Ă  sortir de cette crise.».

A la question s’il espérait que les chefs d’Etat valident cette nouvelle donne politique avec Michel Djotodia comme président et lui comme Premier ministre, Nicolas Tiangaye a répondu : « Nous en débattrons et nous verrons les différents écueils qui méritent d’être écartés pour arriver à une normalisation de notre situation. »

Eviter les Ă©cueils, dĂ©finir un juste milieu acceptable pour les pro et les anti-Seleka, c’est tout l’enjeu de cette rencontre.

La présence controversée de Jacob Zuma

Une rencontre Ă  laquelle participe le prĂ©sident sud-africain Jacob Zuma – il avait soutenu le chef de l’Etat dĂ©chu François BozizĂ© et son pays ne fait pas partie de la CEEAC. C’Ă©tait difficile de faire un sommet sans lui, mĂŞme si son statut de protecteur de François BozizĂ© avait Ă©nervĂ© les chefs d’Etat de la sous-rĂ©gion, et en particulier l’hĂ´te de cette rencontre, le Tchadien Idriss DĂ©by et son homologue congolais Denis Sassou Nguesso. C’est probablement celui qui, avec son ex-femme Nkosazana Dlamini Zuma, la prĂ©sidente de la commission de l’Union africaine, a la position la plus dure vis-Ă -vis du nouveau rĂ©gime. Mais il est aussi sous le feu des critiques dans son propre pays, de l’opposition, de la presse, qui se demandent pourquoi treize de leurs soldats au moins sont tombĂ©s face Ă  la Seleka.

 

RFI

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