Trump lance l’offensive pour rallier l’opinion Ă  l’abrogation d'”Obamacare

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Donald Trump avec des leaders républicains de la Chambre des représentants, la Maison Blanche, le 7 mars 2017. (AP Photo/Andrew Harnik

Donald Trump et la Maison Blanche ont lancĂ© une offensive politique et mĂ©diatique pour vendre le projet rĂ©publicain de rĂ©forme du système de santĂ© et d’abrogation d'”Obamacare”, mais l’aile droite de la majoritĂ© regimbe.

RevĂŞtant les habits de chef de parti, il a reçu mercredi soir les leaders d’influentes organisations conservatrices afin de vaincre leurs rĂ©ticences et dĂ®nĂ© Ă  la Maison Blanche avec Ted Cruz, son ex-rival des primaires, sĂ©nateur du Texas dont la voix est dĂ©cisive.

“Ce fut une bonne occasion d’Ă©changer des idĂ©es afin de trouver un terrain d’entente”, a dĂ©clarĂ© diplomatiquement Adam Brandon, prĂ©sident de l’organisation FreedomWorks, l’un des six groupes conviĂ©s dans le Bureau ovale et qui ont appelĂ© Ă  torpiller le plan dĂ©voilĂ© cette semaine.

Le porte-parole de l’exĂ©cutif Sean Spicer a promis de nombreux dĂ©placements et des interventions de responsables de l’administration sur des chaĂ®nes de tĂ©lĂ©visions et radios locales, afin de convaincre les AmĂ©ricains que la rĂ©forme abaisserait le coĂ»t de la santĂ©.

Tous les rĂ©publicains sont d’accord pour abroger Obamacare, la rĂ©forme de 2010 emblĂ©matique de la dĂ©rive socialisante des annĂ©es Barack Obama, disent-ils.

Mais par quoi la remplacer?

Les chefs rĂ©publicains ont concoctĂ© une proposition de loi qui “abroge et remplace” simultanĂ©ment, selon leur formule, et qu’ils veulent faire adopter au pas de charge, avant les vacances de Pâques dans un mois.

Mais ce texte ne va pas assez loin pour les ex-Ă©lus du (très Ă  droite) Tea Party. Ils l’ont qualifiĂ© d’Obamacare “light” et exigent un dĂ©sengagement complet de l’Etat du marchĂ© de la santĂ©.

En fait, ils n’ont pas claquĂ© la porte. Ils veulent obtenir des concessions directement de l’homme d’affaires.

“C’est le dĂ©but de la nĂ©gociation”, a affirmĂ© mardi le sĂ©nateur libertarien Rand Paul, courtisĂ© par Donald Trump.

Son collègue Jim Jordan, du courant Freedom Caucus Ă  la Chambre des reprĂ©sentants, insiste: les crĂ©dits d’impĂ´ts, le maintien de certaines taxes crĂ©Ă©es par Obamacare, la prolongation de subventions fĂ©dĂ©rales… rien de tout cela, prĂ©sent dans le plan rĂ©publicain, ne correspond Ă  l’orthodoxie conservatrice, dit-il.

– ‘Crise de croissance’ –

Les dĂ©mocrates ont qualifiĂ© ce texte de “catastrophe” qui ferait perdre Ă  des millions de personnes leur couverture maladie et supprimerait des impĂ´ts pour les plus aisĂ©s.

Mais du point de vue des chefs de la majorité, leur texte est un compromis, calibré pour satisfaire les républicains modérés.

Ils ont d’ailleurs conservĂ© plusieurs acquis très populaires d’Obamacare: la possibilitĂ© pour les enfants de rester sur l’assurance de leur parents jusqu’Ă  26 ans, et l’interdiction pour les assureurs de refuser d’assurer quelqu’un Ă  cause de ses antĂ©cĂ©dents mĂ©dicaux.

Paul Ryan, prĂ©sident de la Chambre, martèle que les rĂ©publicains ont Ă©tĂ© Ă©lus sur la promesse d’abroger Obamacare. Ils perdraient toute crĂ©dibilitĂ© en cas d’Ă©chec.

“Nous passons par l’inĂ©vitable crise de croissance du passage d’un parti d’opposition Ă  un parti de gouvernement”, a-t-il dĂ©clarĂ© mercredi, confiant dans l’adoption finale du texte.

A ce stade, le plan républicain reste plus que jamais en vie.

La minoritĂ© dĂ©mocrate, dĂ©cidĂ©e Ă  se battre bec et ongles, a toutefois dĂ©posĂ© un dĂ©luge d’amendements dans deux commissions de la Chambre mercredi. Ces manoeuvres dilatoires pourraient durer plusieurs jours, mais c’est l’Ă©tape prĂ©alable au dĂ©bat en plĂ©nière.

“Si les gens n’aimaient pas Obamacare, ils vont dĂ©tester ça”, a assĂ©nĂ© l’Ă©lu dĂ©mocrate Eliot Engel.

Le SĂ©nat, oĂą la majoritĂ© rĂ©publicaine est de seulement 52 sièges sur 100, examinera le texte uniquement s’il est adoptĂ© par la chambre basse du Congrès.

De la rĂ©ussite de cette abrogation dĂ©pend la suite du programme lĂ©gislatif de Donald Trump pour 2017: une grande rĂ©forme fiscale et un plan d’investissements dans les infrastructures.

“Ce sera une grande baisse d’impĂ´ts, la plus grande depuis Reagan, voire plus grande”, a-t-il promis mardi. “Mais on ne peut malheureusement pas commencer tant qu’on n’en a pas terminĂ© avec la santĂ©”.

Publié: le 09-03-2017 par voaafrique

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