Turquie: plus de 200 morts dans l’effondrement d’une mine

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Turquie: plus de 200 morts dans l'effondrement d'une mine
Un mineur rescapĂ© de l’accident survenu dans la mine de charbon de la Soma Komur, dans l’ouest de la Turquie, ce mardi 12 mai.
REUTERS/Osman Orsal

Recep Tayyip Erdogan a annoncĂ© que 232 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es dans l’effondrement de la mine de charbon de Manisa, dans l’ouest de la Turquie. Le Premier ministre turc s’est rendu sur les lieux de la catastrophe. Plusieurs centaines d’autres sont toujours ensevelies Ă  plusieurs centaines de mètres de profondeur. 787 employĂ©s se trouvaient dans la mine au moment de l’accident.

Un deuil national de trois jours a été décrété.

Article réactualisé régulièrement, avec notre correspondant à Istanbul, Jérôme Bastion

La situation est critique pour les mineurs encore bloquĂ©s Ă  2 000 mètres sous terre, ce mercredi matin. Selon le gouvernement turc, il y avait 787 mineurs en activitĂ© au moment de l’explosion. Un dernier bilan, dĂ©livrĂ© par Recep Tayyip Erdogan, qui est arrivĂ© sur les lieux du drame en milieu de journĂ©e, fait Ă©tat de 232 morts. 383 mineurs ont Ă©tĂ© sauvĂ©s. Environ 200 autres seraient toujours ensevelis. Le Premier ministre turc doit participer Ă  la cĂ©rĂ©monie funèbre des premières victimes. Ses services ont par ailleurs annoncĂ© qu’un deuil national de trois jours a Ă©tĂ© dĂ©crĂ©tĂ©, Ă  partir de ce mardi 13 mai.

L’accident s’est produit vers 15h10, et selon Taner Yildi, le ministre turc de l’Energie, « tous les dĂ©tecteurs montrent que dans la pĂ©riode prĂ©cĂ©dent l’accident, il n’y avait aucun prĂ©sence de mĂ©thane ou d’autre gaz toxique Ă  une niveau anormal. » Il ne s’agit donc pas selon lui d’une explosion due au gaz mĂ©thane, et « il n’est pas question en l’occurrence d’un coup de grisou (mĂŞme si) nous faisons face Ă  des intoxications au monoxide et au dioxide de carbone », a-t-il ajoutĂ©.

L’urgence, maintenant, demeure d’Ă©vacuer le plus rapidement possible les mineurs encore enfermĂ©s sous terre. « La situation Ă  laquelle nous faisons face est critique, mais notre but est de sortir les mineurs bloquĂ©s lĂ -bas vivants », prĂ©cise le ministre.« Nous espĂ©rions les sortir au matin, mais cela n’a pas Ă©tĂ© possible, cependant, le temps est très important et nous voulons secourir ces mineurs le plus vite possible. », a-t-il ajoutĂ©.

DifficultĂ© d’accès aux Ă©ventuels survivants

L’explosion d’un transformateur électrique et le départ d’un incendie ont non seulement isolés les employés au fond de la mine, mais ont en outre bloqué tout le matériel devant notamment servir à leur extraction. D’importants moyens de secours, des ambulances par dizaines et des hélicoptères ont été envoyés sur zone, à moins de 100 kilomètres au nord d’Izmir. Des milliers de proches des mineurs se sont rassemblés sur le carreau dans l’attente de nouvelles du fond. Mais l’inquiétude est grande, car c’est au bout de longs boyaux que l’accident électrique, suivi d’un effondrement, semble s’être produit.

En tout dĂ©but de matinĂ©e, ce mercredi, les secours ont Ă©tĂ© suspendus par un nouveau dĂ©part de feu qui empĂŞche la poursuite des recherches.« Quatre Ă©quipes de sauveteurs travaillent dans la mine. Le feu crĂ©e des problèmes mais de l’oxygène est injectĂ© dans les puits qui n’ont pas Ă©tĂ© touchĂ©s », a prĂ©cisĂ© Ă  la presse le ministre turc de l’Energie.

 

Ce mercredi matin, les familles qui attendaient des nouvelles de leurs proches ont bien compris que, désormais, seuls des corps sans vie risquent probablement de remonter du fond. Depuis plusieurs heures, ce mercredi matin, les rotations des ambulances se sont d’ailleurs arrêtées : il n’y a plus de blessés qui remontent, seulement des morts.

Une commission d’enquĂŞte avait Ă©tĂ© proposĂ©e au Parlement

 

« Le bilan des morts, qui est dĂ©jĂ  très Ă©levĂ©, arrive Ă  un point très inquiĂ©tant, affirme le ministre de l’Energie. S’il y a eu nĂ©gligence, nous ne fermerons pas les yeux. Nous prendrons toutes les mesures nĂ©cessaires, dont des mesures administratives et lĂ©gales. » Une dĂ©claration destinĂ©e Ă  tenter d’Ă©touffer une polĂ©mique naissante, quant aux responsabilitĂ©s des acterus publics et privĂ©s dans ce drame.

 

La compagnie Soma Komur a affirmĂ© dans un communiquĂ©, que « l’accident est survenu malgrĂ© un maximum de mesures de sĂ©curitĂ© et des inspections mais nous avons rĂ©ussi Ă  intervenir rapidement ». Les mines de charbon turques, privĂ©es pour la plupart, comme c’est le cas de celle-ci, dĂ©tenue par la compagnie minière Soma Komur, n’ont pas bonne rĂ©putation. Ce seraient mĂŞme les plus meurtrières du monde après celles de Chine, faute de contrĂ´les stricts et rĂ©guliers sur les conditions de travail.

 

Le chef de l’opposition sociale démocrate, Kemal Kiliçdaroglu, a prévu de se rendre à la mine de Soma dans la journée. Le CHP, le Parti républicain du peuple, a en effet une tradition de soutien aux mineurs, mais en outre, il y a deux semaines, ce même parti avait demandé au Parlement la constitution d’une commission d’enquête sur la mine de Soma, précisément après une série d’incidents. La motion avait été repoussée par les députés du parti au pouvoir, l’AKP.

 

 par RFI

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