Turquie : Erdogan ferme des écoles et ONG, neveu de Gülen arrêté

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Turquie : Erdogan ferme des écoles et ONG, neveu de Gülen arrêté

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a renforcé un peu plus son emprise sur la Turquie, samedi, en ordonnant la fermeture de milliers d’écoles privées, d’organisations caritatives et autres institutions, dans le cadre du premier décret depuis l’instauration de l’état d’urgence consécutive au putsch avorté du 15 juillet.

Les autorités ont en outre placé en détention provisoire un neveu de Fethullah Gülen, le prédicateur en exil aux Etats-Unis accusé par Ankara d’être l’instigateur du putsch manqué.

La présidence turque a annoncé aussi, samedi soir, l’arrestation de Halis Hanci, présenté comme le bras droit de Fethullah Gülen. Il serait arrivé en Turquie deux jours avant le coup de force, a dit un responsable de la présidence à la presse.

Hasan Karakus, le pilote qui lors de la tentative de putsch a bombardé le siège du commandement des forces spéciales à Ankara et tué 42 policiers, a également été arrêté, a ajouté ce responsable.

Une réorganisation de l’armée, institution naguère intouchable en Turquie, est imminente, une réunion prévue entre Erdogan et le Conseil militaire suprême (YAS, organe présidé par le Premier ministre qui supervise les forces armées) ayant été avancée de plusieurs jours et fixée désormais à jeudi.

La réunion du YAS, qui a lieu d’ordinaire au mois d’août, se tiendra cette fois-ci au palais présidentiel et non comme d’habitude au siège de l’état-major général des forces armées.

Les écoles et autres institutions sont soupçonnées par les autorités turques d’avoir des liens avec la mouvance de Gülen, qui a de nombreux adeptes en Turquie. Le prédicateur dément toute implication dans la tentative de putsch, qui a fait au moins 246 morts.

 

Durée de détention provisoire prolongée

Son neveu, Muhammed Sait Gülen, a été interpellé à Erzurum dans le nord-est de la Turquie et doit être transféré dans la capitale Ankara pour y être interrogé, rapporte l’agence de presse officielle turque Anatolie. Il pourrait être inculpé d’appartenance à une organisation terroriste, ajoute l’agence. C’est la première fois que l’arrestation d’un membre de la famille de Gülen est signalée depuis l’échec du putsch.

Le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré samedi que la Turquie ne comptait pas prolonger l’état d’urgence au-delà d’une période de trois mois, tout en ajoutant qu’elle pourrait le faire si cela s’avère nécessaire.

« Notre objectif, c’est de ne pas le prolonger, mais si la nécessité s’en fait sentir, il pourra bien sûr être prorogé », a-t-il dit dans une interview à la chaîne de télévision ATV.

Binali Yidirim a annoncé aussi que les autorités comptaient démanteler la Garde présidentielle.

Le premier décret signé par le président turc ordonne la fermeture de 1.043 écoles privées, 1.229 organisations et fondations caritatives, 19 syndicats, 15 universités et 35 établissements médicaux liés à Fethullah Gülen.

Dans ce décret, rendu public par Anatolie, Erdogan a d’autre part porté de quatre à 30 jours la période durant laquelle les suspects peuvent être gardés en détention provisoire.

Erdogan, qui réclame depuis des mois l’extradition de Fethullah Gülen, a renouvelé sa demande auprès de Washington après le putsch raté.

« Nous allons transmettre les documents (de preuve) par voie électronique et d’ici une dizaine de jours, au travers de cette procédure judiciaire, au travers des premiers aveux que nous avons recueillis, nous allons vous envoyer tous les documents que vous demandez », a-t-il dit à l’adresse des Etats-Unis dans une interview à France 24. « S’il le faut je vous enverrai mon ministre des Affaires étrangères, mon ministre de la Justice, mon représentant spécial. »

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