Violences tribales au Kenya: au moins 28 morts dans l’attaque d’un village

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Une hutte brûlée dans un village de la rivière Tana lors de tueries tribales, le 12 septembre 2012 au Kenya
© AFP

Au moins 28 personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et plusieurs blessĂ©es tĂ´t vendredi dans l’attaque d’un village de la rĂ©gion de la rivière Tana, dans le sud-est du Kenya, oĂą des tueries tribales avaient fait plus de 100 morts entre aoĂ»t et septembre, a annoncĂ© un responsable de la police.

“Le nombre total de personnes tuĂ©es dans ces attaques est de 28”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Antony Kamitu, chef des forces spĂ©ciales de la police dĂ©ployĂ©es dans la zone depuis les tueries de l’Ă©tĂ© entre tribus Orma et Pokomo.

“Dix-neuf des tuĂ©s sont des membres de l’une des communautĂ©s, alors que neuf autres sont des assaillants de l’autre communautĂ©, abattus durant les affrontements”, a-t-il ajoutĂ©, prĂ©cisant que les assaillants Ă©taient revenus une deuxième fois après s’ĂŞtre initialement repliĂ©s.

Les assaillants ont attaqué le village de Kipao, situé dans la zone reculée de Tarassa, à environ 400 km au sud-est de Nairobi.

Il n’Ă©tait pas clair dans l’immĂ©diat si le village attaquĂ© Ă©tait peuplĂ© d’Orma ou de Pokomo.

Entre mi-aoĂ»t et mi-septembre, plus de 100 personnes avaient Ă©tĂ© tuĂ©es au cours d’une succession d’attaques de villages et d’opĂ©rations de reprĂ©sailles entre communautĂ©s rivales orma – essentiellement des Ă©leveurs – et pokomo – majoritairement agriculteurs -, toutes deux installĂ©es le long de la rivière Tana, une rĂ©gion rurale et isolĂ©e.

Selon un des policiers interrogĂ©s par l’AFP, les tensions entre communautĂ©s orma et pokomo avaient ressurgi ces derniers jours sur fond d’opĂ©ration de dĂ©sarmement.

“Il y a eu des tensions ces deux derniers jours, Ă  propos d’un ordre fait aux communautĂ©s de rendre leurs armes, certains avaient le sentiment que le gouvernement Ă©tait plus tolĂ©rant d’un cĂ´tĂ©” que de l’autre, a expliquĂ© ce policier.

Les rivalitĂ©s sont ancestrales et parfois sanglantes autour des pâturages ou des points d’eau entre Orma et Pokomo. Mais le cycle de violences de l’Ă©tĂ©, très organisĂ©es selon des tĂ©moins, a Ă©tĂ© particulièrement meurtrier et n’avait rien Ă  voir avec ces vieux conflits selon de nombreux villageois et certains observateurs.

Les buts exacts des rĂ©centes violences sont peu clairs, mais pourraient s’expliquer par l’approche des Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 2013, le redĂ©coupage Ă©lectoral et la dĂ©mographie ayant modifiĂ© les rapports de force politico-ethniques dans la zone.

Outre un successeur au chef de l’Etat Mwai Kibaki, qui ne se reprĂ©sente pas, et de nouveaux dĂ©putĂ©s, les KĂ©nyans Ă©liront pour la première fois des sĂ©nateurs, des gouverneurs et certains responsables locaux.

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