Avec Abdoulaye Benson Diakité, organisateur du Festi’Bazin : “Ce festival est un évènement national parce qu’il participe à la promotion du Bazin et crée des emplois”

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Avec Abdoulaye Benson Diakité, organisateur du Festi'Bazin : "Ce festival est un évènement national parce qu'il  participe à la promotion du Bazin et crée des emplois"
Abdoulaye Benson Diakité

Du 4 au 6 septembre prochain, Bamako sera la capitale du  Bazin. En effet, cet évènement premier du genre dans notre pays a été initié par Abdoulaye Benso Diakité, ancien journaliste-animateur à RFI. Un évènement, rappelons-le, qui en plus de mobiliser de grands stylistes et des artistes de renommée internationale, va également créer une cinquantaine d’emplois. D’ores et déjà, les organisateurs se frottent les mains car de grands groupes de presse mondialement connus ont décidé de les accompagner. Nous avons profité de l’occasion pour nous entretenir avec l’initiateur de l’évènement afin d’en savoir davantage sur son déroulement.

Bonjour M. Benson. Présentez-vous à nos lecteurs ? 

 

Je suis Abdoulaye Benson Diakité, natif de Bancoumana, village situé au cœur du Mandé à 60 km de Bamako sur la route de Kangaba. J’ai également été journaliste-animateur sur RFI de 1994 à 2009 avant d’être nommé conseiller spécial à la Présidence de la République du Mali. Aujourd’hui, j’ai retrouvé ma famille d’origine c’est-à-dire le journalisme et les activités culturelles. Et pour marquer ce retour, j’ai accepté de porter le projet “Festi’Bazin” pour faire la promotion de ce tissu.

En effet, Bamako abritera dans quelques jours le festival du Bazin dont vous êtes le président. Pouvez-vous nous faire le point sur l’organisation? 

Vous savez organiser un évènement culturel n’est pas une chose facile. Les difficultés sont surtout d’ordre logistique, sans oublier la réticence des sponsors. Malgré l’adversité, nous avons continué à travailler afin de faire de Festi’Bazin un évènement digne et crédible. A quelques jours du début du festival, je peux dire que l’organisation se déroule dans de bonnes conditions. Initialement prévu au CICB,  Festi’Bazin se tiendra finalement au Palais des Sports à Hamdalaye ACI du 4 au 6 septembre. L’équipe travaille actuellement à l’installation du podium T pour le défilé  du 5 septembre et à la mise en place des stands d’exposition dévolus aux vendeurs de Bazin et accessoires. Bref, nous sommes prêts et la communication fera le reste.

Vous êtes l’un des promoteurs les plus attitrés dans l’organisation d’évènements de mode au Mali. Qu’est-ce qui fait la différence avec ce festival dédié au Bazin? 

Je crois que la seule différence se trouve dans la spécificité du Bazin qui est considéré comme un produit malien, même s’il est tissé en Allemagne, en Autriche et en Chine. Il faut dire aussi que le Bazin malien est depuis une décennie, présent sur les grands podiums du monde, grâce à certains stylistes et aussi des artistes musiciens tels que Oumou Sangaré, Youssou N’Dour, Salif Keita… Pourquoi un festival consacré au Bazin? C’est d’abord pour honorer ce tissu de toutes les grandes occasions par excellence au Mali. Sachez aussi que le Bazin est actuellement l’un des leviers de la croissance socio-économique du Mali. A ce titre, à travers Festi’Bazin, nous participons à la promotion de la culture malienne et à la reconnaissance du Bazin comme produit typiquement malien. Pour nous, Festi’bazin sera un espace de rencontres et d’échanges entre les partenaires et les corps de métier de toute la chaine de fabrication du Bazin. Au-delà
de toutes ces considérations, Festi’bazin pour cette première édition veut mettre en valeur le Bazin malien et surtout attirer d’éventuels investisseurs.

Pourquoi choisir le Bazin au détriment par exemple du Bogolan qui est beaucoup plus local? 

J’avoue que pour nous, le Bazin et le Bogolan ont les mêmes valeurs cultuelles au Mali. Mais dans la pratique au quotidien? le Bazin est  très utilisé. C’est un choix que nous avons fait au regard de la place qu’occupe le Bazin dans notre société. La popularité et la richesse qu’il génère correspondent surtout aux objectifs de Festi’bazin. Le Bazin est un produit qui à mon sens fédère tout le Mali sans distinction de race et d’ethnie. Or, le Bogolan a une valeur profonde avec un certain mysticisme lié à des pratiques occultes dévolues à des initiés. Il faut remarquer que le Bogolan est une spécificité de certains peuples et régions du Mali.
Depuis le lancement de Festi’bazin, nous avons reçu de nombreuses demandes de participation. Ces demandes émanent du Mali et des pays de la sous-région. Signalons aussi que le bogolan est depuis quelques années, la pièce maitresse d’une manifestation annuelle organisée par nos amis de l’ORTM. Pour toutes ces raisons, nous avons fait le choix de magnifier le Bazin.

Plusieurs personnalités dans le domaine de la mode sont annoncées. Pathé’O, Diouma Dieng, Adama Paris, Isabelle Anoh…les artistes musiciens tels que  Meiway, Djiby Drame…pouvez-vous confirmer leur présence?

Le Bazin est un produit estampillé malien, mais il intéresse de nombreuses personnes. A travers notre festival, nous souhaitons faire la promotion du Mali qui, il faut le dire en a besoin aujourd’hui. Et ces personnalités étrangères du monde de la culture sont des messagers. Nous sommes restés dans le domaine de la mode, ce qui explique la présence de Paté’O, le père de la mode africaine, Djouma Dieng Diakhaté, l’ambassadrice et Isabelle Anoh, la prêtresse de la mode africaine. Toutes ces personnes qui sont des amis personnels ont confirmé leur présence à Festi’bazin. Je profite de l’occasion pour leur dire merci au nom de toute l’équipe du festival.

L’évènement va également attirer la presse nationale, mais surtout internationale : RFI, France 24, Africa 24, FA TV… sont partenaires. Pour une première édition, peut-on dire que vous avez frappé fort?
Le succès d’un évènement, surtout un évènement culturel passe par la communication. Et qui dit communication, dit mass-média. Pour le lancement de Festi’bazin, nous avons organisé une conférence de presse qui a réuni de nombreux journalistes de la place. Ces journaux nous accompagnent encore aujourd’hui. Et comme notre ambition est de faire de Festi’bazin, un évènement culturel de classe internationale, nous avons cherché des partenariats avec certains médias internationaux dont RFI (qui est presque ma maison), France 24, Africa 24, les magazines Amina, Brune et Africafashion. Le sérieux de l’organisation et surtout nos arguments ont poussé ces à nous accompagner. Certains nous ont même fait la promesse de nous accompagner durant cinq ans. C’est dire que nous avons frappé fort. Mais, je ne me donne aucune limite lorsque je fais quelque chose. En plus, j’ai gardé de très bonnes relations avec les responsables de nombreux médias en
Europe.

Initialement prévu au CICB, l’évènement se tiendra finalement au palais des sports. Pourquoi ce changement?
C’est vrai que dans un premier temps, nous avions choisi le CICB pour abriter ce festival. Mais au regard de la difficulté d’accès à ce lieu en raison des travaux du côté de l’entrée principale, nous avons décidé de nous installer au Palais des Sports à Hamdalaye ACI avec les bénédictions du ministre des Sports et celui de la culture. Donc, ce changement de lieu a été fait pour offrir à nos visiteurs et exposants un cadre  agréable et facile d’accès. Nous retournerons au CICB pour la seconde édition lorsque les travaux seront terminés.

Un message de la fin? 
J’estime aujourd’hui que l’évènement “Festi’Bazin” n’est pas l’affaire du seul président, ni de l’agence Ovation ni de l’équipe en charge de son organisation. “Festi’Bazin” est pour nous un évènement national parce qu’il participe à la promotion d’un produit qui crée des emplois et partant contribue au bien-être de la population malienne. Mon message est simple à cet égard: “Venez nous rejoindre pour magnifier encore et encore le Bazin”. “Festi’Bazin’’, c’est au Palais des Sports à Hamdalaye ACI du 4 au 6 septembre 2014. Et que la fête soit belle.
Réalisé par Clarisse NJIKAM

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