Bani Touré à propos des manifestations du 2 février dernier : «Je prie Dieu pour que le climat soit apaisé au Mali»

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Suite aux manifestations de colère des Bamakois, le 2 Février 2012, dénonçant la manière de gestion du conflit au Nord, votre hebdomadaire Ciwara Infos s’est entretenu avec Bani Touré dit Mariko, porte-parole du chef des Touré de Bamako. Il nous parle des précédents problèmes apparus au Nord et les solutions envisagées.

 

Ciwara Infos : pouvez-vous avoir la gentillesse de vous présenter à nos lecteurs?

Bani Touré : Je m’appelle Bani Touré dit Mariko, ancien instituteur et ancien conseiller municipal spécial.

Comment expliquez-vous les manifestations spontanées qui ont secoué notre capitale, le 2 Février 2012?

B.T : Les gens étaient en colère. Ils voulaient manifester leur mécontentement par rapport à la manière de gestion de la rébellion dans notre pays. On parle de rebelle, mais personnellement, je dis que ce sont des bandits armés qui ne veulent pas travailler et qui préfèrent toujours prendre des armes pour attaquer de paisibles citoyens. Quant ils font des revendications et que le Gouvernement leur donne de l’argent, ils observent un petit moment d’accalmie. Dès que l’argent finit, ils reprennent les armes. Ce problème ne date pas d’aujourd’hui. Cependant, chaque fois qu’ils s’affirment avec des armes ils ont été matés. On se rappelle, dans les années 1960, il y avait un chef de bandits armés surnommé Aladin qui avait semé la pagaille au nord. Feu président Modibo Kéita l’a fait arrêter et incarcérer à Bamako. À l’époque, l’armée a sérieusement maté son groupe. La même méthode a été aussi utilisée par Moussa Traoré. On a alors vu qu’ils n’osaient pas franchir certaines limites. Tout récemment, sous Alpha Omar Konaré, le mouvement Ganda Koye les a matés sans demi-mesure. C’est ce que les gens attendent du pouvoir en ce moment. Mais vu l’aggravation des conflits armés au nord, les décisions incessantes de négociations qui sont toujours vaines, et surtout les accueils en pompe des anciens combattants venus dela Libye avec des armes lourdes et qui auraient perçu 50 millions de la part du gouvernement, tous ces avantages ont mis les gens en colère. À Kati, ce sont des femmes et mères de militaires qui ont marché.

Mais, à Bamako qui étaient les manifestants?

B.T : C’était une mêlée de manifestants. Il y avait certes des gens qui sont sortis pour la cause de notre patrie, mais il y avait aussi des personnes de mauvaises intentions qui voulaient profiter de la situation pour faire des dégâts.

Vous parlez de dégâts, comment avez-vous vécu l’événement à Bagadadji et dans les autres quartiers?

B.T : Une grande foule avait marché sur l’Assemblée Nationale et qui voulait la prendre d’assaut. Mais finalement, elle a été épargnée. L’ambiance était électrique. Tout près de chez nous, il y a des gens qui ont voulu s’attaquer aux magasins des maures. Ces derniers aussi se sont armés de bâton pour se défendre. Il a fallu beaucoup d’interventions des proches pour éviter que les choses ne se dégénèrent. Vous voyez qu’on a frôlé la catastrophe. Mais on constate que les auteurs de ces actes voulaient plutôt se servir. Parce que les maures qui vendent ici, sont en général des Mauritaniens. Il y a aussi des tamasheks qui n’ont rien à avoir avec les bandits armés. D’ailleurs, je me rappelle quand j’étais enfants, des tamasheks passaient des séjours chez nous. Ils venaient avec leurs chameaux et moi, j’étais toujours à côté d’eux. C’est vous dire que je les connais, il ne faut pas les confondre avec ceux qui font la guerre.

Selon vous, quelle est la solution efficace pouvant résoudre le problème au nord?

B.T : La seule solution est de combattre vigoureusement les bandits armés. La négociation ne peut rien résoudre dans ce problème. En 2006, tous les leaders politiques, sauf IBK, ont affirmé leur appui au Gouvernement pour les accords d’Alger. Aujourd’hui, tout le monde voit le résultat. Donc, le Gouvernement doit donner des moyens à l’armée pour mater les rebelles jusqu’à leur dernier retranchement.

Quelle est votre conclusion?

B.T : Je prie Dieu pour que le climat soit apaisé au Mali. Tout le monde doit œuvrer pour la consolidation de la cohésion et l’esprit de la cohabitation qui font partie des valeurs fondamentales de notre société. Les gens ne doivent pas faire des amalgames entre les rebelles et les autres touaregs. Nous devons continuer à collaborer que l’on soit de teint noir ou blanc. La famille Touré implore Dieu chaque fois que ces genres de choses surviennent au Mali. Mais, j’insiste sur le fait que les rebelles doivent être combattus, une bonne fois.

Propos recueillis par Issa Santara

NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.