Blaise Compaoré: au Mali, «il faut aussi livrer bataille sur le terrain politique»

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Blaise Compaoré, le président burkinabè.
REUTERS

Fallait-il négocier avec les jihadistes ? Que reste-t-il des putschistes maliens ? Depuis près d’un an, le président burkinabè Blaise Compaoré est le médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) dans la crise malienne. Au lendemain de la reprise de la ville de Tombouctou par les forces franco-africaines, il répond à RFI depuis Addis-Abeba en Ethiopie, où se déroule le XXe sommet de l’Union africaine (UA).

Les nouvelles du front sont bonnes. Pour Bamako, le plus dur est-il fait aujourd’hui ?

L’essentiel est fait. Par rapport à l’offensive militaire des mouvements rebelles, en violation des résolutions des Nations unies et aussi de l’engagement pris par ces mouvements à Ouagadougou pour arrêter la guerre, l’opération franco-africaine est un succès. Mais cela n’est pas suffisant pour une paix durable au Mali. Il faut que les Maliens continuent de s’investir dans un dialogue inter-malien afin de traiter cette crise foncièrement politique. C’est donc sur le terrain politique que les batailles doivent se gagner aujourd’hui.

Si les villes de Gao et de Tombouctou sont reprises, est-il vraiment nécessaire d’organiser cette force Mission internationale de soutien au Mali (Misma) et de lever ces centaines de millions de dollars comme prévu ?

Entre Gao et Tombouctou, des centaines et des milliers de kilomètres carrés restent certainement à pacifier. Sans oublier qu’il n’y a pas eu de combats majeurs. Ce qui montre qu’il peut y avoir des forces résiduelles assez importantes de ces mouvements rebelles, quelque part dans tout cet espace. Il revient surtout aux militaires de nous dire ce qu’il y a lieu de faire.

Est-ce que vous regrettez d’avoir négocié avec Ansar Dine le mois dernier ?

Non, pas du tout. L’intérêt de la négociation, c’est d’abord d’avoir permis l’arrêt des hostilités bien sûr, même si c’était momentané, pendant une période assez intéressante aussi pour l’armée malienne qui n’avait manifestement pas de capacité de résistance. La scission actuelle au sein d’Ansar Dine montre bien que les discussions ont porté, car les radicaux sont allés à la guerre, mais une partie saine pense aujourd’hui qu’il faut le dialogue politique pour résoudre la crise au Mali.

Le dialogue est-il donc encore possible avec certains jihadistes ?

Si l’on prend un exemple hors Afrique, on disait au départ qu’il ne fallait pas discuter avec les Afghans. Aujourd’hui, on les recherche avec la torche pour le dialogue, parce que les crises militaires sont avant tout des crises politiques.

La première force combattante africaine sur zone est fournie par le Tchad, non membre de la Cédéao. L’Afrique de l’Ouest est-elle le maillon faible en termes de sécurité sur le continent ?

Maillon faible ? Non. L’Afrique de l’Ouest a été très disponible pour s’engager, pour organiser ses forces, pour être sur le terrain très rapidement. Mais pratiquement jusqu’au mois d’octobre, il y avait un refus du gouvernement malien et de certains Maliens d’accepter l’intervention des forces ouest-africaines. Cela ne leur a pas permis d’être prêtes pour cette intervention. Mais de plus en plus, on sent qu’elles montent en puissance, avec des capacités extrêmement intéressantes.

Beaucoup craignent des représailles contre les populations arabo-berbères au moment de cette reconquête du nord du Mali. Etes-vous aussi inquiet ?

Oui, c’est un souci. Nous l’avons partagé avec les partenaires extérieurs qui sont dans le processus de pacification. Nous en parlons entre nous et nous pensons qu’il faut effectivement beaucoup de vigilance sur cette question.

Des observateurs ?

Oui, certainement, sur les questions de respect des droits de l’homme. Sinon, cela peut déraper.

Dix mois après son putsch, le capitaine Sanogo reste actif. On l’a vu le mois dernier encore à Bamako aux dépens du Premier ministre. Est-ce que vous ne craignez pas qu’il tire son épingle du jeu ?

A partir du moment où la Constitution a été appliquée après le putsch – pour donner le pouvoir présidentiel à Dioncounda Traoré -, il revenait bien sûr à ce dernier de s’assumer comme président de la République au Mali. C’est vrai, des dysfonctionnements ont amené les putschistes à continuer de penser qu’ils pouvaient influencer le jeu politique. Mais de plus en plus, la communauté internationale a pris cela au sérieux. Pour le Mali, la mobilisation actuelle est exceptionnelle. Avec tant de forces pour à la fois aider au recouvrement de l’intégrité du territoire, mais aussi accompagner le processus politique jusqu’à son terme, il n’y aura pas de place pour ce genre d’intervention hors Constitution.

 

Par Christophe Boisbouvier / rfi

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11 COMMENTAIRES

  1. Pourquoi le beau Blaise voue-t-il une haine si féroce au MALI et au MALIENS?Qu’vons nous fait??

  2. Si c est à partir de ses analyses que Blaise compaore compte revenir dans un dossier dont il a perdu la gestion, je pense qu’ il est préférable des maintenant que le mali récuse la médiation de Blaise compaore.
    Non seulement, il ne comprend rien du dossier sinon il n aurait fait aucun parallèle entre la crise malienne et le problème afghan, et le rôle qui lui a été assigné par la cedeao c était de faire résonner ses amis apatrides, terroristes touaregs pour leur faire revenir dans la république et faire l’économie de la guerre mais il a échoué.
    Pourquoi lui laisser encore la gestion du dossier malien?
    Nous préférons que le président nigérien soit désigné désormais comme médiateur, le Niger à été victime de ses bandits, il leur connaît et il a discuté avec ses touaregs sans.se lier les mains et pieds.
    LE MALI NE VEUT PLUS DE BLAISE, NE VOUDRA PLUS DE BLAISE COMME MÉDIATEUR MÊME CE PLAN DIABOLIQUE MIA VIENT DE LUI DANS LE SEUL SOUCI DE SAUVER SES AMIS DU MNLA, ANSARDINE, MUJAO, AQMI.

  3. Est ce que le beau Blaise lit les journaux ? Sinon qu’ il ne fait aucun amalgame entre le mali et l Afghanistan.
    Tous acteurs ou les responsables sont tous des afghans et au mali ce sont des étrangers.
    Les terroristes afghan ne demandent jamais la partition de leur pays contrairement aux nôtres
    Au mali, la plus part des apatrides dont il défend becs et ongles ont pour la plus part occupe des postes administratifs ou électifs au mali et bénéficie des privilèges inimaginables..
    Les afghans ne se battent pas pour promouvoir une ethnie ou une région, alors que les amis de Blaise se battent pour les touareg et surtout les touareg de kidal et menaka.
    Les afghans n ont jamais joué à la duplicité, alors que les anges de Blaise ont vécu au mali, député, ministre, directeurs centraux,, diplomates comme le chef d ansardine pour une minorité de moins de 10% de la population malienne et de moins de 5% de la zone dont il réclame l indépendance.
    Que cesse.alors la comédie de Blaise,

  4. Bl1isère est un comédien et il n a même pas honte.de mentir tellement qu’ il partage les visions du mnla:la désintégration du mali
    Quand Blaise dit que les extrémistes sont partis en guerre et les modérés qui aspirent à la discussion se.sont désolidarises, faux , faux et faux.
    Ceux que Blaise veulent nous présenter comme des anges étaient à douentza, diabAli homborie, gao, tombouctou, pourquoi ont ils attendu la chute de ces localités pour créer un autre groupe afin de bien protéger les autres.
    Ni la France, ni les armées maliennes et africaines ne se laisseront berner.
    L armée malienne marchera bien sur kidal.

  5. BLAISE TA GUEULE !!!!!!!!!!!!!! ET KIDAL? C’EST PAS LE MALI? FOUS NOUS LA PAIX AVEC TES NÉGOCIATIONS DE MERDE .TOUTE L’AIDE QUE TU AS APPORTÉE AUX ISLAMISTES DU MNLA SERVIRA A RIEN. QUE L’ARMÉE FONCE RAPIDEMENT SUR KIDAL ,IL FAUT BATTRE LE FER QUAND IL EST CHAUD!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  6. Oui pour la “bataille politique”mais pas avec n’importe qui!Vous voulez dire qu’il existe de “bons” terroristes et de “mauvais” terroristes?C’est faux!Anneçardine=MNLA=AQMI=Boko Haram=Mujuao= mouvements terroristes et doivent être détruits comme tels!Nous savons votre préoccupation qui est de “remettre en selles” vos alliés du MNLA avec qui vous menez des “affaires” y compris les partages de rançons versés pour libérer tel ou tel européen!Mais désolé!Le Mali ne sera plus la base arrière d’aucun en c u l é de terroriste: même s’il le faut nous allons exiger à ce que la France Y reste dans la zone après la guerre de libération! 👿 😈

  7. J’ai peur pour le peuple Touareg (qui en majorité n’est pas terroriste). Je me demande si la déroute des narco-Jihadistes parmis eux représente aussi (dans la foulée) une oppression de ce peuple dans son ensemble.

    Mais j’espère que, pour une fois, l’Afrique saura choisir l’unité plutôt la rivalité ethnique.

  8. Certains Capitaines (et Général de Gueule) sur ce site vont s’étrangler de rage:

    “….Mais de plus en plus, la communauté internationale a pris cela au sérieux. Pour le Mali, la mobilisation actuelle est exceptionnelle. Avec tant de forces pour à la fois aider au recouvrement de l’intégrité du territoire, mais aussi accompagner le processus politique jusqu’à son terme, il n’y aura pas de place pour ce genre d’intervention hors Constitution…..”

  9. L’obsession peu conduire dans le trou!!!
    A force de vouloir se jouer des gens immatures (MNLA et Ançar-dine, on fini par être victime de ses propres ruses.

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