Choguel Maïga, candidat du MPR : au Mali, «il faut réaffirmer l’unité de notre peuple»

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Choguel Kokalla Maïga, le candidat du PRM, le 28 avril 2002. AFP
Choguel Kokalla Maïga, le candidat du PRM, le 28 avril 2002.
AFP

A 55 ans, Choguel Maïga, le candidat du Mouvement patriotique pour le renouveau (MPR) se présente pour la troisième fois à la présidentielle malienne. En 2002, il était arrivé septième sur 24. Son credo, c’est la défense de l’héritage de l’ancien général-président Moussa Traoré, renversé en 1991.

 

 

RFI : Tous les candidats promettent le développement et la lutte contre la corruption. Qu’est-ce qui vous distingue des autres candidats ?

Choguel Maïga : ce qui nous distingue c’est notre approche. Nous estimons qu’avant de proposer quoi que ce soit au peuple malien, il faut d’abord situer les causes de l’effondrement de son Etat. Parce que sans un Etat organisé, qui peut assurer la sécurité des biens et des personnes, tous les autres projets, en réalité, c’est de la démagogie. Et donc, ce qui nous est arrivé, c’est le résultat d’une trahison du peuple et de son armée, par l’élite politique. A partir de là, d’abord, il faut rebâtir l’Etat, il faut refonder l’armée. Il faut réaffirmer, en deuxième point, l’unité de notre peuple et l’intégrité de son territoire. Il faut ensuite former l’homme comme actuel développement et enfin assurer la promotion de la femme et redonner espoir à la jeunesse.

 

 

Tous les candidats dénoncent le putsch de l’année dernière à Bamako, mais est-ce qu’il y a des candidats plus sincères que d’autres ?

Je ne souhaiterais pas parler des autres candidats, les Maliens auront apprécié, ils sont les seuls juges de la sincérité ou du bien-fondé des messages des différents candidats. Par principe, nous avons dit que nous ne pouvons pas cautionner le renversement d’un pouvoir légal et légitime. C’est ce qui a justifié notre présence au sein du Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République.

 

 

S’il y a deuxième tour, vous ferez plus facilement ticket avec un candidat qui a eu la même fermeté que vous l’an dernier ?

En réalité, dès que la campagne électorale a commencé, chacun est retourné à sa famille. Ce qui est important, c’est ce dont nous aurons à discuter avec les éventuels candidats au deuxième tour. Cela pourrait être nous, cela pourrait être un autre candidat. Donc à priori nous n’avons pas retenu avec qui nous allons être.

 

 

Au Nord, les anciens rebelles demandent l’autonomie de l’Azawad, est-ce que c’est une solution à vos yeux ?

Je crois que ce n’est pas une solution. On a avancé l’argument du sous-développement du Nord, mais le nord du Mali n’est pas moins développé que le nord du Niger, que le nord de la Mauritanie ou que le sud de l’Algérie. Pourquoi dans ces pays, la rébellion ne s’est pas implantée ? Parce que dans ces pays, l’Etat s’est assumé, il y avait une armée. Chez nous, l’Etat a démissionné à travers les décisions prises par l’élite politique. Les rebelles ont été encouragés dans leurs discours par les responsables politiques. Pendant vingt ans, on a instauré l’indiscipline dans l’armée ; les hauts responsables politiques ont fait de l’armée un dépotoir de tous les enfants qu’ils n’arrivaient pas à contrôler. Etre militaire, ce n’était plus une vocation. C’est pourquoi je parle de trahison de l’élite, parce que le peuple malien, lui, a fait confiance à cette élite-là.

 

 

Parmi les autres candidats, il y a l’ex-Premier ministre Cheick Modibo Diarra, le gendre de Moussa Traoré, est-ce que c’est pour vous un allié politique ?

Cheick Modibo Diarra, pour moi, c’est un candidat comme les autres. Le simple fait qu’il soit le gendre de l’ancien président, ça n’a absolument aucun effet sur notre démarche politique.

 

Par Christophe Boisbouvier / RFI

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