Chérif Ousmane Madani Haïdara à propos du Maouloud délocalisé au stade du 26 mars :”Les autorités ont décidé de nous assister dans l’organisation”

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Chérif Madani Haidara

Une des principales fêtes musulmanes consacrant la naissance du prophète Mohamed (Paix et Salut sur Lui) le Maouloud de l’année dernière avait provoqué la mort de 33 fidèles par suite d’une bousculade au stade Omnisport Modibo Kéïta. Pour tirer les leçons de cette tragédie, l’Etat a décidé de délocaliser l’événement et les Ançardines ont opté pour le stade du 26 Mars dont la capacité d’accueil (50 000 places assises) double celle du stade Modibo Kéïta. En outre, il s’impliquera dans l’organisation pour mieux assurer la sécurité des participants. Rendez-vous est donc pris dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 février.    

L’Indépendant : Dans la nuit du vendredi 3 au samedi 4 février, la communauté musulmane du Mali célèbre le Maouloud. Des milliers de fidèles viennent de beaucoup de pays de la sous-région et de l’Europe. Quelles sont les dispositions prises par l’association pour éviter tout dérapage ?

Chérif Ousmane Madani Haïdara: Merci pour l’opportunité que vous m’offrez. L’organisation du Maouloud a commencé il y a un peu longtemps et les préparatifs sont sur une bonne voie. Les autorités nous ont d’ailleurs donné l’assurance qu’elles seront  de notre côté pour nous aider dans l’organisation. L’Ançardine de son côté est à pied d’œuvre pour recevoir les participants.

L’Indép. : Quels sont les changements qui vont intervenir pour cette année ?

C.O.M.H : Vous savez que d’habitude nous organisions le Maouloud au stade Modibo Kéïta. Compte tenu du drame qui s’est produit l’année dernière et en raison du nombre de plus en plus croissant des participants, les autorités nous ont demandé de délocaliser le site et de trouver un endroit qui nous convient. Nous avons opté pour le stade du 26 mars dont la capacité d’accueil est plus considérable que celle du stade Modibo Kéïta. Déjà à notre niveau, nous avons pris des dispositions. Des cars seront mis à la disposition des pèlerins pour assurer leur déplacement.

L’Indép : Lors d’une rencontre qui s’est tenue récemment à la Grande mosquée, les leaders religieux ont convenu de célébrer le Maouloud à l’unisson, c’est-à-dire  fêter l’événement tous en même temps et au même endroit. Qu’est ce qui a motivé une telle prise de décision ?

C.O.M.H : Il s’agissait tout d’abord au cours de cette rencontre de consolider les liens de solidarité, de cohésion de la communauté musulmane. Le Maouloud est célébré par l’écrasante majorité des Maliens. Chacun à son niveau organise des séances de lecture du Coran et des prêches. Nous avons souhaité envoyer sur chaque site du Maouloud des délégués. L’objectif visé étant de conforter les liens entre nous-mêmes leaders religieux mais aussi entre les fidèles. Toutefois à la clôture des festivités du Maouloud, c’est-à-dire au septième jour, nous allons tous nous retrouver au stade du 26 mars pour une grande collective.

L’Indép. : Qu’est ce que vous vous êtes dit entre vous leaders religieux? Est-ce que vous êtes convenu d’un thème central  pour le Maouloud?

C.O.M.H : C’est vrai, nous sommes tombés d’accord sur un même thème. Les questions relatives à la paix, à la sécurité et l’élection présidentielle 2012, seront abordées sur tous les sites. Comme par exemple le rôle d’un citoyen dans la stabilité du pays, comment faire pour que les élections puissent bien se dérouler à savoir dans la paix et dans la quiétude. Nous allons aussi prier pour la paix au Mali et ailleurs.

L’Indép. : S’agissant de l’élection présidentielle 2012, quelle est concrètement la position de la communauté musulmane ? Êtes-vous prêts à donner une consigne de vote comme on le voit ailleurs ?

C.O.M.H : A la date d’aujourd’hui, nous ne sommes pas dans cette logique. Nous n’avons pas encore donné de consigne de vote.

Toutefois d’ici les élections, nous allons nous rencontrer entre leaders religieux et voir ce qu’il y a lieu de faire. Mais, en attendant, nous sommes en train de sensibiliser les fidèles et de surcroit les Maliens à s’inscrire sur les listes électorales pour pouvoir aller voter massivement.

L’Indép. : Quand est ce que vous comptez vous décider ?

C.OMH : Le moment venu, on vous le fera savoir. Ce n’est pas une seule personne qui décide.

Abdoulaye DIARRA

 


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