Un Confrère à la Une : El Hadji Amadou Diop présentateur de G21 : «Il faut toujours garder à l’esprit qu’on peut influencer ceux qui nous suivent»

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Un Confrère à la Une : El Hadji Amadou Diop présentateur de G21
El Hadji Amadou Diop présentateur de G21

El Hadji Amadou Diop dit L Pacifico est un grand animateur du mouvement Hip-hop. Dès le début, il engage le combat aux côtés de ses aînés pour la promotion de ce genre musical. Diop ou L Pacifico est aujourd’hui le présentateur de l’émission G21, après avoir été son réalisateur vedette pendant des années. Avec le départ d’Abba  Samassékou, il remplace ce dernier. C’est avec ce jeune pétri de talent dans le domaine du multimédia que nous nous sommes entretenus, sur sa carrière, sa vision, sa mission en tant que présentateur de G21, mais aussi sur ses projets.

Reporter Mag : Qui est  L Pacifico et comment êtes-vous venu dans le monde du hip-hop ?

Amadou Diop : L pacifico, c’est juste un pseudonyme qu’utilise El Hadj Amadou Diop pour signer quelques essais «artistiques». Je suis venu dans ce milieu comme presque tout le monde, j’ai été touché par la musique, les tenues, les messages rebelles etc., au départ. Puis, après, j’ai décidé de passer de fan à acteur. Ainsi, je suis passé d’animateur radio à rappeur, ensuite programmeur, puis réalisateur, producteur après promoteur de spectacle, et enfin aujourd’hui, je suis animateur télé.

Quel est votre parcours scolaire ?

J’ai eu un parcours classique jusqu’à l’obtention d’un Bac littéraire. Après, j’ai fait 2 ans de droit, puis j’ai fait une licence en journalisme et communication. Je suis actuellement en préparation de mon mémoire de fin d’étude en Multimédia au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté. Il faut ajouter à cela toute une multitude de formations allant dans le domaine de la production, de l’écriture et de la réalisation de divers produits vidéo.

Du réalisateur de l’émission G21, vous en êtes devenu le présentateur. Expliquez-nous.

Effectivement, aujourd’hui, je présente G21 alors que j’en étais le réalisateur. En fait, ce qu’il faut savoir, depuis 2005 lorsque j’ai commencé à travailler sur  G21, c’était tout d’abord comme assistant d’Abba. J’avais pour tâche de rassembler des informations sur les clips et les artistes qui étaient programmés dans l’émission. L’émission était à l’époque réalisée par Ousmane Diadié Touré et Ousmane Baba Kanté. Comme j’étais beaucoup curieux et j’en voulais, j’ai appris avec les 2 Ousmane à faire le son, la lumière, la caméra. Cette expérience pratique a été complétée par ce que j’apprenais au cours des ateliers dont j’ai parlé plus haut. Enfin, lorsque Messieurs Touré et Kanté ont été rappelés à d’autres fonctions deux ans plus tard, la question ne se posait plus, je suis devenu le réalisateur et programmeur de G21.  IL y a quelque mois, Abba aussi a été rappelé à d’autres fonctions et il m’a passé le flambeau.

Quelle est la différence entre le réalisateur et le présentateur ?

Je ne sais pas pour les autres, mais pour moi, c’est une responsabilité supplémentaire. Même si je suis plus le réalisateur de G21, j’ai encore un peu de mal à me retenir de chaque fois dire «couper», «ça tourne » ou de vérifier les cadrages la lumière etc. Même si je sais que les 2 jeunes (Black Dopé et Lesky Dopé) qui assurent la réalisation depuis que je présente l’émission sont très doués. Après il y a la popularité qu’apporte le fait de passer à la télé, c’est quelque chose qui m’a fait toujours peur. Pour avoir côtoyé pendant longtemps des personnes plus ou moins connues, je peux vous assurer que ce n’est pas toujours aisé.

Est-ce qu’il y a des difficultés dans la présentation, si oui, lesquelles ?

La perte de l’anonymat, ça veut dire qu’on se doit d’être toujours correct dans sa manière de se vêtir, de se comporter, de parler etc. Lorsqu’on passe à la télé, qu’on le veuille ou non, on représente quelque chose. Au-delà de la fonction de divertir ou plaire, il faut toujours garder à l’esprit qu’on peut influencer ceux qui nous suivent. La retenue et le sens de la responsabilité sont donc de vigueur. Mais il y a aussi des avantages et non des moindres. Pour ma part, je redécouvre ce sentiment de faire passer un bon moment, si court soit-il, à des inconnus. Qui pour la plupart le rendent bien par des petits mots d’encouragement, de conseils, des attentions, des faveurs…

Vous dites que vous redécouvrez ce sentiment. Pouvez-vous nous expliquer cela ?

Effectivement, je le redécouvre. En 1994, j’avais alors 10 ans, j’ai eu la chance de faire de la radio jusqu’à mes 14 ans. C’était sur la station Horizon FM de Bobo Dioulasso, où mon père servait. J’animais 2 émissions radio. «Le monde des Enfants», une émission de quizz avec des enfants et «New Génération Power», le pouvoir de la nouvelle génération qui était un talk show où on passait de la musique et débattait des défis de la jeunesse. C’est pendant ces quelques années que j’ai pu ressentir le plaisir de faire plaisir.

En dehors de l’émission, menez-vous d’autres activités ?

Oui, à travers une structure d’exécution en communication, créée depuis fin 2007 où je travaille avec d’autres jeunes. Nous produisons des programmes TV et Radio comme G21, Case des Métiers, Sorobalé et Zimblein, des spots publicitaires, des publi-reportages ou autres microgrammes ainsi que des événements artistiques, culturels ou institutionnels.

Selon vous qu’est-ce qui manque au hip-hop malien pour avoir une place internationale ?

Je pense que le hip-hop malien a beaucoup progressé et cela malgré les récents dérapages d’une poignée de rappeurs. À noter que la solution a vite été trouvée par les acteurs mêmes du mouvement hip-hop (rappeurs, producteurs et animateurs confondus). Les rappeurs maliens peuvent se vanter de remplir des stades chez eux, rares sont les pays où cela se fait. Même en France, ce n’est pas chose courante. Musicalement une production de Sidiki Diabaté, Ben A Flow ou de Buba de Maliba Production n’a rien à envier à Core, Skalp ou Animal son aujourd’hui. Mais, par contre techniquement, on a des lacunes à cause du manque de moyens. On peut difficilement s’aligner même si certains parviennent à enregistrer dans les studios haut de gamme de la place, pour la majorité des rappeurs, c’est un gros problème. Je pense que le jour où le hip-hop malien aura une véritable subvention privée ou publique, le monde entier entendra parler davantage de nous. Car je vous signale que certains de nos artistes tournent pas mal et participent à de grands festivals de la sous-région, au Maghreb, en Afrique Centrale, en France et même aux Etats-Unis comme Amkoullel, les SMOD, Master Soumy, Ramses, Iba One ou encore Penzy.

Avez-vous des projets ?

Oui, beaucoup dans la tête et sur papier (rire). Mais le plus immédiat, c’est G21 Live. La version live de génération 21, un spectacle télévisé vivant, une fois par mois qui regroupera toutes les disciplines du hip-hop (rap, danse, arts graphiques, VJing, Djing). En plus du spectacle, G21 Live a pour vocation de participer au changement et à la progression des mentalités à travers la  divulgation de messages de citoyenneté et de patriotisme. Je pense que c’est la moindre des choses que l’on puisse faire si on aime son pays, profiter de la culture urbaine à travers le rap, qui est la musique des jeunes faite par eux-mêmes, pour les aider à devenir de meilleurs Maliens.

Côté jardin,  c’est comment ?

Ça va. J’ai un petit jardin où je cultive des fleurs, des roses et des carottes (rires). Sinon, ça va, grâce à Dieu.

Avez-vous des mots pour conclure cet entretien ?

Pour conclure, je voudrais remercier le tout-puissant Allah, mes parents, ma femme (ma 1ère  collaboratrice) (rires) et tous mes collaborateurs, tous ceux qui aiment et soutiennent notre mouvement à commencer par l’ORTM qui nous offre cet espace d’expression, et enfin, merci à toi Kassim, de continuer à t’intéresser  au hip-hop malien, à Génération 21 et à ton jeune frère.

Réalisée par Kassim TRAORE

 

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