Avant que les descendants des ex-dignitaires viennent nous tympaniser avec leur 19 novembre, lisez le rĂ©cit de l’acte de ces inconscients !

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L’adjudant-chef  Soungalo SamakĂ©, chef du tristement cĂ©lĂšbre camp para de Djikoroni des annĂ©es 1970, et un des acteurs des Ă©vĂ©nements, donne sa version du 19 novembre 1968. Le jour oĂč l’histoire du Mali a basculĂ©. 

Dans la nuit du 17 novembre 1968, les lieutenants Moussa TraorĂ©, Youssouf TraorĂ© et Kissima Doukara sont venus dans l’AMI-6 de Kissima Doukara. Ils ont garĂ© le vĂ©hicule dans un coin vers le cĂ©libatĂ©rium. Ils m’ont demandĂ© si j’étais prĂȘt.

-J’ai dit que j’étais prĂȘt. J’avais la compagnie bien en main et je m’étais prĂ©parĂ© en consĂ©quence. C’est lĂ  qu’ils ont fixĂ© le jour et l’heure du commencement des opĂ©rations. Rendez-vous est pris pour 4 heures du matin. Ils sont repartis. Je n’ai pas pu dormir cette nuit-lĂ . J’avais des armes chargĂ©es sous les pieds et Ă  la tĂȘte dans mon lit. J’avais aussi une arme chargĂ©e Ă  portĂ©e de chaque main. MĂȘme au bruit du vent, je sursautais. Je pensais qu’à tout moment quelque chose pouvait arriver.

À 4 heures, je ne voyais personne venir. Je me suis dit que le pouvoir avait dĂ» ĂȘtre mis au courant et qu’il y avait dĂ©jĂ  eu des arrestations. Je suis descendu avec mes armes. J’ai aperçu une jeep qui venait. J’ai pensĂ© que certainement les autres Ă©taient en Ă©tat d’arrestation et qu’on venait me quĂ©rir Ă  mon tour. Donc j’ai armĂ© le pistolet mitrailleur ; quand la jeep s’est arrĂȘtĂ©e, j’ai vu TiĂ©koro et Filifing en descendre. J’étais un peu rassurĂ©.

-Mais vous ĂȘtes en retard ; que s’est-il donc passĂ©?

-Nous avons pris un peu de retard. Tu es prĂȘt?

– Oui.

Ils ont dit que Kati avait commencĂ© et que nous Ă©tions en retard. Donc avant de faire sonner le clairon, et puisque c’était le lieutenant Karim DembĂ©lĂ© qui commandait la Compagnie par intĂ©rim, j’ai envoyĂ© Karamogo KonĂ© et un soldat l’enfermer Ă  son domicile pour le neutraliser. Parce que son oncle Youssouf DembĂ©lĂ© Ă©tait dĂ©putĂ© et SecrĂ©taire permanent au siĂšge de l’US-RDA, il pouvait avoir de l’influence sur la troupe et faire Ă©chouer notre action, Ă©tant donnĂ© que c’était un officier.

-Vous partez, vous enfermez le lieutenant Karim DembĂ©lĂ© chez lui. S’il tente de rĂ©agir vous lui ordonnez de se coucher ; s’il force les choses, vous le tuez. Il ne faut pas qu’il sorte. C’est l’ordre que j’ai donnĂ©. AprĂšs, j’ai fait sonner le clairon. Les gens disent que ce qui a motivĂ© les soldats et les sous-officiers, c’était le redressement Ă©conomique ou d’autres motifs. En rĂ©alitĂ©, ce qui a motivĂ© les soldats, c’est purement et simplement la perspective d’aller Ă  la retraite sans pension, l’humiliation qu’ils ressentaient Ă  la perspective de culture des champs collectifs et l’état de dĂ©considĂ©ration qu’ils estimaient ĂȘtre le leur par rapport Ă  la milice.

Question : Est-ce que cela ne pouvait pas faire l’objet d’une simple dĂ©marche auprĂšs du Chef de l’Etat ?

-Mais qui devait faire cette dĂ©marche ? Ce ne sont pas nos supĂ©rieurs qui le feraient ! L’armĂ©e Ă©tait associĂ©e au niveau de l’Etat et de la Direction Nationale du Parti. Ce sont nos supĂ©rieurs qui devaient faire le travail. Ils n’ont rien fait. La preuve est que lorsqu’on a commencĂ© la formation politique dans les casernes, on envoyait des formateurs civils. Chez nous, c’était TiĂ©moko Sylla du MinistĂšre des Affaires Ă©trangĂšres qui dispensait les cours de formation politique. Avant son arrivĂ©e, on nous appelait et on nous disait : il ne faut pas poser de questions.

Il faut reconnaĂźtre que le PrĂ©sident Modibo KĂ©ita a tout fait pour connaĂźtre ce qui se passait au niveau de l’armĂ©e. Et les professeurs qu’il envoyait disaient : posez-nous n’importe quelle question mĂȘme si elle n’a rien Ă  voir avec le cours du jour. Ça c’était pour connaĂźtre l’état d’esprit des soldats et de toute armĂ©e. Mais avant qu’eux n’arrivent, on nous disait de ne pas parler et on ajoutait : celui qui parlera, on va le mettre en prison. Ainsi quand ils venaient, ils exposaient leurs sujets ; on ne posait pas de questions ; ils ne connaissent donc pas notre esprit. Pour ma part, j’ai posĂ© une seule question
 Si on nous laissait parler on aurait su quel Ă©tait l’esprit de l’armĂ©e car le PrĂ©sident Modibo KĂ©ita n’a organisĂ© ces cours que pour ça. Donc nous n’avions droit Ă  aucune rĂ©clamation. Or les chefs aussi Ă©taient contents de nous voir renvoyĂ©s de l’armĂ©e sans pension, sans rien. Ils Ă©taient indiffĂ©rents Ă  nos problĂšmes. MĂȘme devant le siĂšge de l’état-major gĂ©nĂ©ral de l’ArmĂ©e, des sentinelles portaient des pantalons trouĂ©s ou rapiĂ©cĂ©s. Donc vraiment Ă  qui recourir ? Il fallait se rendre justice. C’est pourquoi quand je suis parti Ă  lntadĂ©init et que le Colonel SĂ©kou TraorĂ© m’a dit qu’il Ă©tait soudĂ© Ă  l’armĂ©e, qu’il Ă©tait le seul militaire dĂ©tenu, je lui ai rĂ©pondu :

-Si ça ne tenait qu’à moi, je libĂšrerais tous les dĂ©tenus civils et je te garderais parce que tu es Ă  la base du coup d’Etat. Moi j’ai participĂ© au coup d’Etat parce que j’en voulais aux chefs militaires, non aux civils. Toi, le PrĂ©sident Modibo KĂ©ita t’a mis dans toutes les conditions. Il t’a mis jusqu’au sommet de l’Etat. C’était pourquoi ? Pour que tu puisses le renseigner sur l’armĂ©e et que l’armĂ©e puisse bien marcher. Tu ne l’as pas fait. En tant que chef d’état-major, si on touche deux ou trois chefs de bataillons, il fallait qu’il y ait parmi eux au moins un qui te soit suffisamment fidĂšle pour te renseigner. Un chef de bataillon, quand on touche deux ou trois de ses commandants de compagnie, il doit s’en trouver un qui le renseigne aussitĂŽt. Dans une compagnie, c’est la mĂȘme chose : on ne doit pas pouvoir toucher deux ou trois soldats sans que le commandant de compagnie n’en sache quelque chose. C’est ce qu’on appelle une armĂ©e structurĂ©e.

Quel Ă©tait votre systĂšme de renseignement ?

Le jour du coup d’Etat, quand les soldats se sont rassemblĂ©s l’arme au poing,  je leur ai dit : – Nous avons dĂ©cidĂ© de renverser le Gouvernement. Kati a commencĂ© le coup d’Etat. Nous sommes en retard. La limite d’ñge, votre pension, ce sont les armes que vous avez en main. Ça dĂ©pendra de l’utilisation de vos armes ; aujourd’hui plus de limite d’ñge et la pension est Ă  portĂ©e de main. Quels sont ceux qui ne sont pas d’accord pour ce d’Etat ?

-Mon adjudant ! Mon adjudant ! Nous sommes d’accord. On n’attendait que ça. Nous sommes pressĂ©s. Allons-y ! Nous avons dĂ©marrĂ©. ArrivĂ©s au niveau de la Compagnie du GĂ©nie, nous avons arrĂȘtĂ© le capitaine Hamallah KĂ©ita ; nous l’avons enfermĂ© dans la prison des soldats et nous avons continuĂ©. SĂ©ry Coulibaly, un sous-officier du gĂ©nie avec qui j’avais de bonnes relations, a demandĂ© Ă  s’embarquer avec nous ; il avait un coupe-coupe en main et envisageait de tuer M.F.S., un dirigeant syndicaliste qui lui avait ravi sa femme.

Quand nous sommes arrivĂ©s au niveau du Grand HĂŽtel, j’ai arrĂȘtĂ© le convoi. Nous avions pour mission de prendre trois points ensemble ; c’est-Ă -dire d’arrĂȘter le chef d’état-major, le Ministre de la dĂ©fense et d’investir l’état-major de la milice. Nous devions le faire simultanĂ©ment sinon, si un point Ă©tait pris avant les autres, l’alerte serait donnĂ©e et nous risquions d’échouer. J’ai donc proposĂ© qu’on rĂ©partisse les missions. TiĂ©koro a Ă©tĂ© chargĂ© de l’état-major de la milice. Filifing a choisi de s’occuper du Ministre de la DĂ©fense, et moi je me suis chargĂ© du chef d’état-major gĂ©nĂ©ral des armĂ©es, chez qui se trouvait une mitrailleuse.

Je suis venu devant la rĂ©sidence du chef d’état-major ; j’ai garĂ© mon vĂ©hicule et j’ai marchĂ© vers la sentinelle. J’ai saluĂ© et lui ai dit que je suis de patrouille ; que j’avais envie de fumer. Je lui ai demandĂ© des allumettes. Quand il a mis la main dans la poche, je l’ai dĂ©sarmĂ© et j’ai dit : – Si tu bouges je te tue. Tu te mets devant moi et tu m’amĂšnes chez ton chef de poste. C’était Boubou Diallo qui Ă©tait le chef de poste. J’ai fait signe Ă  mes soldats ; ils m’ont suivi. J’ai dit Ă  mes soldats de s’emparer de toutes les armes des hommes de garde. Je lui dis de se mettre devant moi pour me conduire Ă  la porte de la chambre du ministre. Il m’a montrĂ© la porte Ă  laquelle j’ai frappĂ©. Qu’est-ce qu’il y’ a ?

– Il y a une situation trĂšs grave en ville. On a besoin de vous au niveau du MinistĂšre tout de suite. C’est trĂšs urgent. On vous attend. DĂšs qu’il a sorti la tĂȘte, je l’ai pris. Je lui ai dit : – Il paraĂźt que vous ĂȘtes vĂ©tĂ©rinaire. Nous avons beaucoup de bƓufs Ă  vacciner ce matin. Prenez-le. C’est Ă  ce moment-lĂ  que le lieutenant Filifing Sissoko qui Ă©tait en charge d’arrĂȘter le Ministre est sorti du fossĂ© oĂč il s’était planquĂ© pour dire : -Mon adjudant si ce n’était pas toi, j’avais lamentablement Ă©chouĂ©. Les soldats avaient refusĂ© d’avancer. -Je prĂ©fĂšre ne pas vous rĂ©pondre. On dĂ©cide de faire un coup d’Etat. Au premier obstacle, vous vous couchez dans un fossĂ© ? C’est honteux. Je ne vous rĂ©ponds pas. J’ai fait conduire le Ministre Ă  la DĂ©fense et j’ai continuĂ© Ă  la milice. J’ai trouvĂ© que TiĂ©koro avait fait le travail. Je lui ai dit ce que j’ai fait et j’ai ajoutĂ© : mais Filifing n’est pas un officier. Vraiment, c’est honteux.

– Maintenant qu’est-ce que nous allons faire?

-Je crois que mieux vaut faire un regroupement au niveau de l’état-major de la milice. J’ai envoyĂ© les soldats chercher le Ministre et le Chef d’état- major. Puis je suis allĂ© directement au quartier ministĂ©riel. J’ai commencĂ© chez Alioune DiakitĂ©. Je lui ai dit: -Vous vous ĂȘtes coupĂ© le doigt en disant qu’on ne pourra toucher au PrĂ©sident Modibo KĂ©ita que si on passait sur votre corps. Modibo doit dĂ©barquer Ă  Koulikoro Ă  9 heures. Nous allons le prendre. Mais avant, c’est vous que nous prenons d’abord. On l’a pris et emmenĂ© Ă  l’état-major de la milice. On a ensuite pris tous les responsables de Bamako.

Moussa TraorĂ© dirigeait les opĂ©rations depuis la place de la libertĂ©. Il avait un poste Ă©metteur radio. Jean-Marie KonĂ© est venu l’y trouver pour se constituer prisonnier. Moussa lui a dit: «rentre chez toi ; quand on aura besoin de toi, on ira t’y chercher.» Moussa me dit : Soungalo, le PrĂ©sident Modibo doit dĂ©barquer Ă  Koulikoro Ă  9 heures ; avant qu’il ne mette pied Ă  terre, il faut le prendre.

-Il n’y a pas d’officier qui va avec moi ?

– Filifing

– Tout sauf lui. Je ne suis pas rentrĂ© dans les dĂ©tails.

– Bon, il y a TiĂ©koro, partez avec lui.

Baba Diarra aussi a Ă©tĂ© dĂ©signĂ© non comme combattant mais comme Ă©ventuel dĂ©panneur des chars qui nous transportaient. Donc j’étais dans la premiĂšre automitrailleuse, TiĂ©koro la deuxiĂšme et Amadou Baba Diarra dans la troisiĂšme. Quand nous avons dĂ©passĂ© Massala, j’ai vu devant nous un nuage de poussiĂšre. Je me suis dit que c’était certainement le convoi de Modibo qui arrivait. Il fallait donc qu’on fasse quelque chose.

Baba Diarra a dit : on va mettre les automitrailleuses en travers pour couper la route. D’accord ; on met les automitrailleuses en travers. Les hommes vous vous couchez Ă  droite sur le bas-cĂŽtĂ© de la route, les armes en joue. Quand la dĂ©lĂ©gation va buter sur les chars, je l’arrĂȘterai. Si on me tue, vous tirez. Mais tant que je ne suis pas mort, ne tirez pas.

Si Moussa TraorĂ© dit qu’il a fait un coup d’Etat sans effusion de sang, c’est moi qui me suis sacrifiĂ©. J’ai donc arrĂȘtĂ© le convoi et donnĂ© l’ordre Ă  tous de sortir des vĂ©hicules les mains en l’air. Celui qui tenterait le plus petit geste peut risquer sa vie. Quand Modibo est sorti les bras en l’air, TiĂ©koro est venu se mettre au garde-Ă -vous pour dire : voulez-vous vous mettre Ă  la disposition de l’armĂ©e ? J’ai dit : il n’y a pas de formule de politesse. Prenez-le ; embarquez-le dans l’automitrailleuse. Et puis, les soldats sont venus m’aider et nous l’avons embarquĂ© dans l’automitrailleuse. Ouologuem est venu dire : s’il vous plaĂźt, est-ce que le PrĂ©sident ne peut pas continuer dans sa voiture ?

– Pas question. Ouologuem avait un pistolet mitrailleur sous sa veste. Ce que je n’avais pas remarquĂ©. Mais SĂ©ry Coulibaly qui n’avait pas d’arme et qui cherchait Ă  se venger l’avait constatĂ©. Il le lui a retirĂ© et il cherchait des yeux parmi la foule s’il pouvait voir FS. Quand je m’en suis rendu compte, je lui ai dit : -Donne-moi cette arme.- Non je cherche FS. Si je le vois, je l’abats et mon coup d’Etat sera terminĂ©.-Donne-moi l’arme !           -Il s’est exĂ©cutĂ© et nous avons pris la route. Dans tous les villages traversĂ©s, il y avait du monde pour acclamer le PrĂ©sident Modibo KĂ©ita. Nous levions les bras pour rĂ©pondre sachant bien qu’ils n’imaginaient pas que Modibo Ă©tait entre nos mains, en Ă©tat d’arrestation.                                On a conduit toute la dĂ©lĂ©gation au siĂšge du Parti oĂč Moussa TraorĂ© nous a donnĂ© l’ordre, TiĂ©koro et moi, d’emmener Modibo au champ de tir de Kati. Nous avons pris une tenue de milicien avec nous et nous sommes partis. Pendant tout le trajet, Modibo est restĂ© la tĂȘte baissĂ©e sauf au rond-point de Koulouba oĂč aboutissent la route du Point G et celle de Kati. LĂ  il a levĂ© la tĂȘte, a regardĂ© dans la direction du Palais jusqu’à ce que le vĂ©hicule accomplisse son virage. Puis il a repris la mĂȘme posture. À cet instant prĂ©cis, j’ai ressenti un profond sentiment de compassion car je me suis dit que ce regard traduisait l’inquiĂ©tude de l’homme par rapport Ă  sa famille qui devait se trouver dans le Palais et dont il ne savait rien. Quand on est arrivĂ© au champ de tir, on lui a demandĂ© de se mettre en tenue de milicien. AprĂšs TiĂ©koro lui a posĂ© la question :

Les Fily Dabo, Hamadoun et Kassoum ont Ă©tĂ© jugĂ©s par un tribunal populaire. Quelque temps aprĂšs vous les avez graciĂ©s. Et aprĂšs, vous les avez tuĂ©s. Pourquoi? -Je ne rĂ©ponds pas Ă  la question. J’ai appris la mort de Fily Dabo, Hamadoun et Kassoum Ă  la radio comme n’importe quel citoyen. Moi j’ai dit : PrĂ©sident, vous n’ĂȘtes pas n’importe quel citoyen. Vous avez des dĂ©tenus que vous avez graciĂ©s. Vous apprenez leur mort par voie de radio. Personne ne vous a rendu compte. Quelle a Ă©tĂ© votre rĂ©action? Il m’a regardĂ© et dit : je ne rĂ©ponds pas. Vous connaissez quelque chose. Vous apprenez la mort simultanĂ©e de gens que vous avez graciĂ©s. Il y a un Gouverneur de rĂ©gion et d’autres autoritĂ©s. Personne ne vous rend compte et vous vous contentez d’avoir appris Ă  la radio. C’est grave. Bon, donc Ă  bientĂŽt. Embarquez !

Modibo KĂ©ita, c’est quelqu’un pour lequel j’ai beaucoup de respect, il faut le reconnaĂźtre. À cause de ses liens avec Danfaga, Modibo a trop aimĂ© la Compagnie Para. Et chaque fois qu’on allait lui prĂ©senter des vƓux, il descendait, se mettait parmi nous et dansait le balafon avec nous. Il nous donnait 100.000 francs Ă  chaque fĂȘte de l’annĂ©e. Il est restĂ© entre nous un fort sentiment d’affection et de respect.

Source : (Ma Vie de Soldat) Capitaine Soungalo SAMAKE

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13 COMMENTAIRES

  1. qui l’attendait au pĂ©nitencier ? Il a eu ses premiĂšres difficultĂ©s sur la route de la gorgotte.
    N’étant pas bon marcheur il Ă©tait frĂ©quemment fouettĂ© aux mollets qui finirent pas s’enfler, compromettant davantage ses capacitĂ©s de marcher vite
Un aprĂšs-midi nous Ă©tions en train de construire un magasin dans le carrĂ© des dĂ©tenus, cĂŽtĂ© cuisine. Comme d’habitude, GuĂ©diouma SamakĂ© et moi-mĂȘme (SangarĂ© GainĂ©) Ă©tions les maçons. Les autres dĂ©tenus nous apportaient briques et banco. Du haut du mirador l’adjudant Nouha criait Ă  ses hommes de chauffer le chantier. Il leur disait notamment de chauffer les trainards sur la tĂȘte.Yoro DiakitĂ© fit quelques voyages en courant, comme les autres, Ă  l’aller comme au retour. Cette fois, aprĂšs avoir vidĂ© son plateau de banco, il nous dit qu’il Ă©tait malade. C’était effectivement perceptible. Ne pouvant rien pour lui, nous lui conseillĂąmes de le dire au caporal Diallo qui surveillait la corvĂ©e. Il le fit, mais le caporal le traita de paresseux et le fit cravacher. Yoro DiakitĂ© repris son plateau et fit encore quelques voyages.
    Au troisiĂšme et au quatriĂšme, il dit encore que ça n’allait pas, nous le renvoyĂąmes au mĂȘme caporal qui le fit cravacher Ă  nouveau, mais cette fois, les soldats avaient eu la main lourde et Yoro resta couchĂ©, inconscient, le nez dans le sable, respirant la poussiĂšre. Les militaires l’abandonnĂšrent dans cette position sans rien faire pour le sauver. L’adjudant Nouha qui avait tout suivi du haut du mirador demandait de temps Ă  autre Ă  ses hommes si monsieur DiakitĂ© n’était pas encore mort. Un soldat venait soulever sa tĂȘte avec son pied et rĂ©pondait, non ! Ce manĂšge se rĂ©pĂ©tait deux Ă  trois fois.
    Et un autre soldat de constater : «Fla nin ka fassa dĂš (le Peulh a la vie tenace)». Le problĂšme de l’adjudant Ă©tait de signaler Ă  ses supĂ©rieurs, Ă  la plus prochaine vacation, le dossier de Yoro DiakitĂ©. Aussi consultait-il constamment sa montre, se demandant si Yoro allait mourir entre temps ! Mais il avait raison, celui qui avait dit que le Peulh avait la vie tenace. Yoro DiakitĂ© ne mourĂ»t pas dans le dĂ©lai souhaitĂ©.
    Enfin de corvĂ©e au crĂ©puscule, il agonisait encore. Il fut transportĂ©, mourant dans une piĂšce sans toit remplie de sable qui n’arrĂȘtait pas de tourbillonner. C’est lĂ  que nous retrouvĂąmes, le lendemain matin ensevelit sous une Ă©paisse couche de sable fin. Il Ă©tait mort, asphyxiĂ© par la poussiĂšre. Nous le dĂ©terrĂąmes, le secouĂąmes et fĂźmes sa toilette mortuaire. Il eut droit Ă  un banal cĂ©rĂ©monial religieux et fut enterrĂ© le plus humblement possible dans ce cimetiĂšre pour prisonnier, parmi les voleurs, les escrocs et autres criminels. On peut difficilement imaginer une fin plus triste pour un chef de gouvernement fut-il provisoire. C’est de cette façon que plusieurs compatriotes, des parents, des frĂšres, des oncles, des grands-pĂšres (SĂ©noufos, Bambara, SonrhaĂŻs, Touareg, Peulh, KassonkĂ©s, SoninkĂ©s
) ont crevĂ© dans l’anonymat total. VoilĂ  rĂ©sumĂ© le rĂ©gime du grand RĂ©publicain reconnu par IBK.
    Moussa TraorĂ© a vaincu son peuple momentanĂ©ment et l’a assujetti par la force des armes, le massacre et la trahison. Pour qu’il n y ait plus de doute, la gĂ©nĂ©ration actuelle doit savoir que Moussa a canardĂ© plus de trois cents vieilles personnes, femmes, fous, et surtout de jeunes Ă©tudiants et jeunes sans emplois, tout le monde le sait, notre dĂ©mocratie mĂȘme trahie, notre dĂ©mocratie mĂȘme banalisĂ©e est arrachĂ©e sous la pluie du sang, du sang des martyrs lĂąchĂ©s, infirmĂ©s, mĂ©prisĂ©s et dĂ©robĂ©s

  2. De Moussa TraorĂ©, AOK Ă  ATT et IBK : «Si tu vois le lĂąche, attends-toi Ă  voir son double, et qui est son double ? La trahison !» Quand on trahit un ami, on devient un “Judas”, mais quand on trahi son peuple, on devient mercenaire, charlatan, flibustier.
    La chose la plus rebutante est la confiance du peuple, elle s’arrĂȘte lĂ  oĂč commence la trahison et fait place Ă  la dĂ©ception. L’ennui avec nos hommes politiques, c’est qu’on croit faire leur caricature, alors que l’on fait leur portrait c’est pour cela que nous sommes d’accord d’avec Massa Makan DiabatĂ© quad il dit ceci : «Si tu vois le lĂąche, attends-toi Ă  voir son double, et qui est son double ? La trahison !».
    La politique, plus ça change, plus c’est la mĂȘme chose, pourrait-on dire Ă  tous les incrĂ©dules qui se crĂšvent les yeux Ă  supporter les mĂȘmes gens qui depuis plus de quarante ans racontent les mĂȘmes rapines.
    La premiĂšre des trahisons contre notre peuple a commencĂ© en politique de notre Ăšre sous Moussa TraorĂ©. Il freina le rĂ©gime le plus progressiste le seul rĂ©gime qui a fait la plus grande rĂ©forme de l’éducation jamais Ă©galĂ©e en Afrique française ou francophone, Moussa TraorĂ© a brisĂ© l’espoir Ă  oublier que le rĂ©gime de Moussa a torturĂ©, fusillĂ©, embastillĂ©, volĂ©, enlevĂ©, menti, injectĂ© du poison pour que des cadres comme Kary DembĂ©lĂ© «professeur chevronnĂ© de Sociologie d’un peuple qui allait ĂȘtre diffĂ©rent de ce que nous connaissons aujourd’hui car un proverbe songhaĂŻ dit «Celui qui veut dĂ©jeuner avec du poulet doit attacher son coq depuis la nuit» ; et les souches du pouvoir de Modibo Ă©taient parties sur des Ă©gides progressistes claires dont le dĂ©tournement de deniers publics Ă©tait quasi inexistant, des termes comme au pays des voleurs c‘est le festival des brigands pour dissuader les suceurs de sang de notre parcimonie, je pense que les gens qui savent mieux sur Modibo doivent dire tout le bien que notre gĂ©nĂ©ration ne sait pas afin de briser la faction de silence entretenue et exĂ©cutĂ©e par les analphabĂštes pour en fin avoir des repĂšres, dans un pays oĂč le repĂšre est une denrĂ©e rare, surtout Ă  l’approche de son centenaire, du centenaire de Modibo KĂ©ita, le 04 (quatre) juin 2015, je suis d’accord d’avec Fidel Castro quand il disait de Modibo «El es un hombre cuyo la elegancia fisica es similar a su elegancia inetellectual y moral» autrement dit «C’est un homme dont l’élĂ©gance physique est similaire Ă  l’élĂ©gance intellectuelle et morale». Tellement nos dĂ©mocrates sincĂšres et clandestins ont déçu les gens, on a tendance, notre gĂ©nĂ©ration et celle qui s’adosse Ă  nous ont tendance» soit clochardisĂ© et dĂ©pendre de l’alcool pour en fin mourir Ă  petit feu dans un misĂ©rabilisme abyssal.
    Dans le livre de Samba GainĂ© SangarĂ© intitulĂ©: Dix ans de bagne au mouroir de TaoudĂ©nit. Ce livre est une vĂ©ritable Ɠuvre cinĂ©matographique, avec des acteurs rĂ©els et des moments rĂ©els, dans un style sans reproche aucun qui dĂ©montre toute l’atrocitĂ© du rĂ©gime dont certains continue Ă  faire l’éloge. Prenons le chapitre, la mort du capitaine Yoro DiakitĂ© que nous allons raconter littĂ©ralement. «A ces dĂ©buts Ă  TaoudĂ©nit, Yoro avait connu des dĂ©boires multiples.»
    Militaires et dĂ©tenus lui reprochaient d’ĂȘtre le principal signataire du dĂ©cret d’ouverture du pĂ©nitencier. Il Ă©tait le chef du gouvernement provisoire au lendemain du coup d’Etat de novembre 1968.Il faut dire qu’à son arrivĂ©e, Yoro DiakitĂ© Ă©tait complĂštement dĂ©boussolĂ©. Etait-ce dĂ» Ă  la nature dĂ©licate du poĂšte ou Ă©tait-ce que Yoro DiakitĂ©.

  3. đŸ˜„ BON DIEU!
    SI CE CI EST VRAI…J’EN VEUX A MODIBO KEITA!
    ET …PREUVE QUE LES MALIENS ONT TOUJOURS ETE LAXISTES ET INCOMPETENTS DE LA BASE AU SOMMET, TOUJOURS…
    TRES GRAVE LA CE QUI EST RACONTE DANS CES LIGNES…
    MODIBO KEITA ETAIT DANS SES NUAGES ET NE DIRIGEAIT PAS SON PAYS…CA CONTINUE….. đŸ˜„

    !!! HOMAGES A FIDEL ALEJANDRO CASTRO RUZ !!!

    • Une autre preuve que tu ne connais rien du Mali et qu’en fait tu n’es qu’un bidon vide tout juste bon a faire du bruit. Donc il a fallu que tu lises ces quelques lignes ici pour savoir que il y avait un probleme avec le president Modibo Keita en particulier et le Mali en general depuis tout ce temps?

      Quelle honte!!!

  4. Le coup d’Etat du 19 novembre 1968 a Ă©tĂ© une veritable malediction pour le Mali.
    Tous ceux qui ont participé de prÚs ou de loin doivent demander pardon aux peuples maliens.
    Tous ceux qu’ils ont reprochĂ© Ă  Modibo keita Ă©taient infondĂ© et s’ils existaient pouvaient ĂȘtre resolu sans les armes.UN coup menĂ© par une bande d’incapable, d’appatride et assoiffĂ© du pouvoir (LE CMLN).

    • @AISSATA. Ce n’est pas ce qu’on nous a racontĂ©.On nous a dit qu’avec le coup d’Ă©tat contre Modibo, le peuple Ă©tait tout content de la LibertĂ© retrouvĂ©e!La preuve le permanent du CMLN Youssouf TraorĂ© a dit que le comitĂ© a continuĂ© de recevoir des motions de soutient Ă©manant du Mali profond jusqu’Ă  FĂ©vrier 69′!S’il y avait un “assoiffĂ©” de pouvoir c’Ă©tait Modibo lui-mĂȘme: lui qui s’est permis d’imprimer des billets de banque et mĂȘme des piĂšces de monnaie Ă  son propre effigie tout comme Stalline quoi!

    • Il ment aussi parce que le vĂ©hicule AMI-6 dont il parle n’appartenait pas Ă  Kissima mais au Capitaine Hamalla KEÏTA qu’il dit avoir enfermĂ©. Je croit que c’est ce pĂ©chĂ© qui les a amenĂ© Ă  se manger entre eux. Chaque week-end, Kissima allait prendre le vĂ©hicule de ce Monsieur et eux tous s’en servaient. On a constatĂ© qu’aprĂšs le coup d’État il ont complĂštement oubliĂ© leur gentil grand frĂšre mais on ne savait pas qu’ils l’avaient enfermĂ© comme un vulgaire ennemi.

      Tous des traitres !

  5. Certainement que maliden n’a pas vĂ©cu le rĂ©gime Modibo. Le coup d’Ă©tat a Ă©tĂ© salutaire pour les Maliens. Si maliden avait eu a faire Ă  la milice, ou fait la file pendant deux heures pour s’acheter une baguette de pain ou un paquet de sucre chinois, son langage aurait Ă©tĂ© diffĂ©rent. Tous ceux qui se rĂ©clament de Modibo ne payaient pas le prix de condiments en ce temps-lĂ . Aucun chef de famille au Mali, s’il n’est pas quelqu’un de bien placĂ©, ne vous dira regretter la chute de Modibo. C’Ă©tait la meilleure chose qui soit arrivĂ©e aux Maliens. La milice, le parti et toutes les conneries qu’ont vĂ©cu les populations, ne sauraient ĂȘtre oubliĂ©s mĂȘme aprĂšs l’an 2050. Dieu et les militaires ont sauvĂ© les Maliens.

  6. s’il y a responsabilite a assumer vous etes les vrais responsables de tout le malheur dont le Mali est victime aujourd d’hui.
    Que dieu paye chacun.

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