Dr Abdoulaye Niang, membre du réseau Joko ni Maaya : « La classe politique a transféré une partie du leadership démocratique à la mafia française. »

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 A la retraite depuis 2009, l’économiste chevronné, membre fondateur du réseau de citoyenneté  JOKO NI MAAYA, Dr Abdoulaye Niang a bien voulu nous livrer ses impressions sur la situation socio- politique, sécuritaire et religieuse du Mali. Spécialiste des questions liées à l’économie de défense et au système de défense stratégique de la nation, le Dr Niang, non moins directeur exécutif du centre Senè d’études stratégiques-entreprenariat, invite la jeunesse à prendre son destin en main pour relever le défi de la nouvelle ère démocratique.

Le Pouce : Quelle lecture faites- vous de la situation socio- politique, sécuritaire et religieuse du Mali actuel ?

Dr Abdoulaye Niang : « Il y a beaucoup de questions à ce niveau. Prenons d’abord la partie religieuse. Je pense que c’est extrêmement dangereux ce qu’a fait Ançardine international dans une de ses récentes déclarations, en se disant qu’il est possible d’avoir une république islamiste du genre de l’Iran et de mettre un imam à la tête de la république. Je pense qu’il faut tout faire, pour s’assurer que de telle déclaration ne se répète pas et que ces gens doivent répondre  exactement la population pour dire les raisons qui motivent cette  déclaration. Est-ce que l’imam Dicko avait raison de parler du jihad de cette façon ? Probablement oui et non. Dans toute chose, il faut savoir parler. Le mode de communication est extrêmement important. Il aurait du  expliquer le jihad économique de la façon la plus rationnelle possible. Le jihad économique est lié au fait qu’il ya dés privations de moyens propres de subsistance d’un individu. Il a le recours à l’épée, cela est permis par le Coran. Mais en réalité, la charte des Nations Unies aussi, ne permet pas de priver quelqu’un de ses propres moyens de subsistance. Et cela est clair surtout dans le pacte international relatif au droit économique.

La crise sociale globale et sécuritaire du Mali,  pouvait être gérée. Malheureusement ceux qui sont chargés de la stratégie de stimulation du développement économique et social n’ont aucune idée  de leur responsabilité. Ils sont dispersés  sur le tabouret à trois places. La crise malienne, née du printemps arabe africain  devrait inaugurer une nouvelle ère d’espoir démocratique. Il fallait désormais gérer les choses selon le principe inclusif de leadership partagé, où la société civile a un grand rôle bien déterminé  de leadership à jouer. C’est aussi une période où la communauté des affaires religieuses et la classe politique ont chacune des rôles bien déterminés de leadership à jouer. Malheureusement, la classe politique a pris le leadership  de tout le monde. La classe politique a ensuite transféré une partie du leadership démocratique à la mafia internationale française, qui est la mafia corse en poursuite aujourd’hui. Il s’agit de la société secrète à ordre de Tomi, qui fait peur à nous tous. Notre économie se trouve sous-traitée à la France et à la mafia française. Notre sécurité aussi est sous-traitée  par cette même France à travers la résolution 2027 des Nations Unies, qui date de 2015. La France n’a aucune capacité réelle de lutter contre et les narcotrafiquants, et les terroristes. En réalité, la lutte contre le terrorisme a été mal conçue et mal perçue. Cela ne peut nous amener que dans une crise à répétition. Le comportement de la France est dicté par son ambition ratée de l’OCRS de 1958, qui la pousse toujours à se venger en faisant de telle sorte que le Mali soit amputé de deux tiers de son territoire  pour être réservé au soi-disant AZAWAD. Mais la France aura ses problèmes à résoudre. Et les binationaux maliens qui ont été radicalisés dans les prisons vont les donner du fil à retorde. Après ce qui vient de se passer aux nations unies, où lorsque le Mali venait de réclamer des reformes au niveau de la Minusma, qu’il a été décidé qu’il n’a plus droit à la parole, car privé du droit de vote, pour la simple raison qu’il n’est pas à jour, je suis convaincu d’une  seule  chose ; c’est qu’il ne faut plus compter sur cette classe politique que le Président Ibrahim Boubacar Keïta a qualifié de « …. ». ».

Le Pouce : Quel doit être le rôle de la jeunesse dans l’évolution de ce Mali ?

Dr Abdoulaye Niang :« La vieille génération est responsable de cette situation que nous vivons dans ce pays. Il faut que la jeunesse comprenne que seule la compétence permet de bien faire le travail. Ce n’est pas le titre, ni le diplôme qui comptent. C’est la capacité de transformer cette connaissance acquise en actes concrets. La jeunesse doit prendre son destin en main pour relever le défi de la nouvelle ère démocratique   ».

Le Pouce : Quel commentaire faites –vous du dernier réaménagement ministériel ?

 Dr Abdoulaye Niang : « Nous avons mis dans notre livre blanc que le réaménagement ne devrait plus se faire comme ça se fait avant. Dans le système de défense stratégique des Nations, il faut avoir entre 16 et 17 départements ministériels et qui doivent être organisés en système de défense civile, sécuritaire, économique et militaire. Les secrétaires généraux sont formés dans ce sens. Malheureusement, ils ont fait comme à l’accoutumée. Et ça été fait sur des coups de têtes pour résoudre le problème entre le président de la république et Treta, ou d’autres personnes. Ce n’était pas pour servir le Mali. Et ça ne servira pas l’intérêt général. Cela prépare un autre remaniement.  Notre proposition est de mettre en place un groupe constitué d’anciens Chefs d’Etat, d’anciens premiers ministres, d’anciens chefs de missions diplomatiques, qui vont être des conseillers pour pouvoir choisir par exemple sur une liste de quatre ou cinq départements ministériels, des gens sur leur propre compétence et non des gens selon l’appréciation de Karim Keïta ou de qui que ce soit. Il faut arrêter de se taire. Il faut parler maintenant et ne plus laisser les gens faire les choses comme ils veulent et venir dire après qu’on n’est pas comptable. On ne peut pas être responsable d’une situation et ne peut pas être son comptable. »

Entretien réalisé par jean Goïta

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4 COMMENTAIRES

  1. Cet homme est tout simple formidable , il a une vision claire et en plus il l’amour du pays, déjà il a tout , il pourrait se taire mais il parle , il forme, il débat , je l ai rencontré y’a trois mois de cela, de façon courtoise mais efficace il m’ a expliqué ce qu il pense faire et ce qu il veut que l on fasse du pays de notre pays, il écoute et donne son avis , il n a pas honte de te dire tu as raison j avais pas vu sous cet angle, il est bon ce monsieur de la soixantaine très en forme , je retournerai te voir pour encore échanger et aller a la vitesse supérieure. Mon échange avec vous n est pas dans les terroirs je réfléchis sur le problème des grins et je verrai comment la prochaine fois je viendrai avec ces choses concretes
    tongo

  2. La facilité qui consiste à accuser les autres de ses propres incapacités est toujours en vigueur dans notre pays.
    En voilà un autre pseudo expert en ” tout” qui accuse la France de tout.
    Vas-t-on un jour changer de mode de reflexion dans ce pays ?

  3. Dr Abdoulaye Niang :« La vieille génération est responsable de cette situation que nous vivons dans ce pays. Il faut que la jeunesse comprenne que seule la compétence permet de bien faire le travail. Ce n’est pas le titre, ni le diplôme qui comptent. C’est la capacité de transformer cette connaissance acquise en actes concrets. La jeunesse doit prendre son destin en main pour relever le défi de la nouvelle ère démocratique ».

    Il faut arrêter de se taire. Il faut parler maintenant et ne plus laisser les gens faire les choses comme ils veulent et venir dire après qu’on n’est pas comptable. On ne peut pas être responsable d’une situation et ne peut pas être son comptable. »

  4. Dr Abdoulaye Niang :« La vieille génération est responsable de cette situation que nous vivons dans ce pays. Il faut que la jeunesse comprenne que seule la compétence permet de bien faire le travail. Ce n’est pas le titre, ni le diplôme qui comptent. C’est la capacité de transformer cette connaissance acquise en actes concrets. La jeunesse doit prendre son destin en main pour relever le défi de la nouvelle ère démocratique ».

    Il faut arrêter de se taire. Il faut parler maintenant et ne plus laisser les gens faire les choses comme ils veulent et venir dire après qu’on n’est pas comptable. On ne peut pas être responsable d’une situation et ne peut pas être son comptable. »

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