Dr Ibrahim Boubacar Bah, nouveau Président de l’UM-RDA: «Je considère que nous nous sommes suffisamment amusés par rapport à ce qu’on peut attendre d’un parti comme l’UM-RDA»

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Dans l’interview exclusive qu’il nous a accordée juste après son élection au poste de Président de son parti, le Dr Ibrahim Boubacar Bah nous parle de ses ambitions pour l’UM-RDA. Il s’exprime également sur le déroulement du congrès du RDA, tenu le week-end dernier et évoque aussi les rapports de son parti avec le Président de la République. Lisez plutôt.  

Pouvez-vous vous présentez à nos lecteurs?

Dr Ibrahim Boubacar Bah: Je suis Dr Ibrahim Boubacar Bah. J’ai été élu nouvellement Président de l’UM-RDA. Je suis très encouragé par la décision prise par le parti de me confier cette responsabilité à un moment très important de l’histoire de notre pays. Je suis un économiste, banquier de formation. Je suis Docteur d’Etat en Sciences économiques, diplômé de l’Université Panthéon – Sorbonne de Lyon, avec la mention Très honorable. J’ai été ambassadeur à Bruxelles pendant 10 ans. J’ai également Commissaire à la CEDEAO. Je n’ai jamais coupé mes liens avec le Mali, j’étais toujours très régulier ici. Sur le plan politique, je suis un fils du RDA.  Mais je considère aujourd’hui que le RDA doit s’élargir. Je parle de mes origines pour montrer mon attachement au parti. Maintenant, il y a beaucoup de gens sont là, qui font un travail excellent et qui nous permettent d’avancer. J’ai également dirigé le BDIA (Bloc pour la démocratie et l’intégration africaine). C’est moi qui ai conduit de notre côté les négociations avec les partis politiques qui ont fusionné pour donner naissance à l’UM-RDA.

Comment le congrès s’est-il déroulé?

Le congrès n’a pas été forcément facile. C’est normal, parce qu’il fallait rendre compte de la gestion au cours des 5 dernières années. Notre gestion a eu des hauts et des bas. Il y a eu des actions phares que nous avons menées, des actions à saluer, telle que le Centenaire du Président Modibo Kéita. Nous nous sommes dotés également d’un siège tout à fait respectable. Nous avons aussi eu avec nos sections des échanges sur un certain de problématiques, sur lesquelles nous avons eu des avancées. Nous avons également débattu des rapports que nous avons avec des amis du RDA en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Niger. Nous avons eu des liens avec la Chine et le Maroc. Voilà donc ce que nous avons pu faire durant ces 5 ans. Mais, également, nous avons eu des faiblesses. Car, une fois élus, beaucoup ne viennent plus aux réunions. Nous avons également manqué de communication par rapport à nos relations avec nos sections de l’intérieur. Nous n’avons pas fait suffisamment de visites de terrain. Si vous ne visitez les sections de l’intérieur, vous serez moins imprégné de leurs problèmes. Elles aussi, à leur tour, connaissent mal ce qui se passe au niveau du BPN.  Ce qui fait que le congrès fut difficile, mais maitrisé. Par exemple, du côté des jeunes, nous avons eu des difficultés pour mettre en place l’intégralité de leur bureau. Donc, très rapidement, nous allons nous atteler à cela. Si les jeunes n’ont pas pu s’entendre, cela veut dire qu’ils n’ont pas tout l’encadrement et tous les conseils nécessaires. Nous félicitons nos sages, qui nous ont donné beaucoup de conseils. En particulier, la présidence a été assurée par Youssouf Traoré, qui, durant les 48 heures des travaux, n’a jamais été absent. Cela nous a permis de mettre en place le nouveau Bureau politique, avec un Président, des Vice-Présidents, un Secrétaire général et d’autres postes. Des hommes et des femmes techniquement aptes à conduire le parti dans la bonne direction et vers les objectifs que nous souhaitons.

Quelles sont vos ambitions pour le parti?

Mes ambitions pour le parti sont énormes. La première c’est de terminer la recréation. Je considère que nous nous sommes suffisamment amusés par rapport à ce qu’on peut attendre d’un parti comme l’UM-RDA, par rapport même au pays et à nos militants. Donc, il faut terminer cette recréation. L’objectif, c’est de donner le poids qu’il faut, qui doit revenir normalement à notre parti. Aujourd’hui, au sortir des communales, nous sommes classés 12ème sur l’échiquier politique, en termes de Conseillers. Nous sommes 6ème par rapport au nombre de mairies que nous gérons. Nous sommes Maires dans 18 ou 19 communes. Il y a beaucoup de partis qui sont devant nous. Notre objectif, c’est progressivement de rattraper ce retard et surtout de nous préparer pour les prochaines échéances électorales. Nous allons tout de suite nous positionner pour l’organisation des régionales, faire de bonnes alliances, pour avoir des résultats acceptables. Il y a également les législatives à venir et pourquoi pas la présidentielle. Nous appartenons à la majorité présidentielle, en laquelle nous croyons. IBK est un homme auquel nous avons cru de longues date. Nous accompagnons IBK. En réalité, c’est lui qui nous d’abord accompagnés. Avant d’être Premier ministre, il accompagnait déjà le RDA. Il considère que c’est son second parti. Nous nous accompagnons, il nous accompagne, nous le raccompagnons. Nous sommes ensemble, c’est le plus important. Au sein de la majorité présidentielle, nous devons jouer notre rôle. Notre rôle, c’est quoi? C’est que nous avons la chance d’avoir des repères. Il y a les idéaux de nos pères fondateurs. Cela est important pour nous. C’est d’être courageux politiquement, d’être démocrates et de faire en sorte que les valeurs sur lesquelles se fonde ce pays soient respectées. Nous sommes membre du Gouvernement, nous travaillerons avec le Gouvernement et nous allons améliorer nos capacités de propositions. Lorsqu’on est dans un Gouvernement, il faut aider dans le cadre de la vérité. Nous n’entrons pas dans le Gouvernement pour suivre tout. Nous y sommes parce qu’il nous a fait confiance, nous devons apporter notre appui dans la vérité. Nous allons avoir un fond de dossier sur toutes les questions importantes. Par exemple, aujourd’hui, il faut s’assurer que les investisseurs qui viennent aient des relations équilibrées avec nous. Il faut que nous ayons un bon contrôle de notre économie et du crédit. Tout ceci est essentiel et nous devons aider le Président Ibrahim Boubacar Kéita dans ce sens. Il ne faut jamais, lorsqu’on est un ami, dire autre chose que la vérité.

 

Est-ce qu’aujourd’hui le RDA est à l’aise dans la majorité présidentielle?

Le RDA est à l’aise dans la majorité aujourd’hui. Nous avons la parole, nous sommes en mesure d’exprimer nos opinions. Le RDA suit l’action gouvernementale. Il est en mesure d’identifier les points qui paraissent positifs et les lacunes à corriger. C’est cela notre rôle. Nous avons beaucoup d’ambitions pour donner du poids à notre parti et aider de manière efficace le Président de la République.

 

Dans l’opinion, il y a beaucoup de frustrations par rapport à la gouvernance. Quel commentaire faites-vous de cela?

Pour apprécier la gouvernance actuelle du pays, il faut s’intéresser à la situation d’où nous sommes partis. Vous savez, en 2012, quel était l’état du pays, aux points de vues sécuritaire et économique. Nous étions en récession économique. Au point de vue sécuritaire, nous avions les deux tiers du territoire qui étaient pratiquement occupés. Nous avions également la défiance des partenaires face à des situations de ce genre. Ce à quoi le Gouvernement s’attèle actuellement nous parait aller dans la bonne direction. L’Accord pour la paix et la réconciliation est un outil de travail que nous allons améliorer. L’essentiel est que toutes les parties respectent les règles du jeu. Même si, entre les différentes parties, on ne peut pas dire qu’on se combat, il y a quand même des problèmes d’insécurité sur pratiquement tout le nord et au centre. On ne peut pas dire que cela n’est pas gênant. Parce que l’extérieur qui investit regarde toujours ce qui se passe dans le pays. Chaque fois qu’on dit une mauvaise nouvelle, les gens nous regardent et c’est quelque chose de moins par rapport à l’attraction du pays. Nous pensons que le Gouvernement travaille dans la bonne direction, nous l’encourageons.

 

Il y a quand même des frustrations…

Je n’ai pas dit qu’il n’y avait pas de frustrations. Ce que je veux dire, c’est que lorsqu’on est dans une situation d’exception, les progrès ne sont perceptibles qu’à moyen et long termes. C’est difficile aujourd’hui de dire que tout va bien, de dire que le panier de la ménagère est bien rempli. Mais, pour l’instant, ce qui est important, c’est de savoir qu’il y a des investissements qui se font. Nous avons un budget conçu comme un budget de développement, où il y a des programmes d’investissements de nature à réduire la pauvreté.

Un dernier mot? 

C’est de dire que nous nous mettons au travail. Ce vendredi, nous allons rencontrer nos sages pour leur présenter le Bureau. Samedi, il y aura une réunion de prise de contact entre nous-mêmes. Nous allons nous doter d’un programme de mandature qui comprendra toutes les actions que nous allons envisager.

Interview réalisée par Youssouf Diallo 

 

 

 

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2 COMMENTAIRES

  1. “Je suis Docteur d’Etat en Sciences économiques, diplômé de l’Université Panthéon – Sorbonne de Lyon, avec la mention Très honorable. J’ai été ambassadeur à Bruxelles pendant 10 ans. J’ai également Commissaire à la CEDEAO. ”
    Apprenons à être et à rester humble surtout que les distinctions n’ont pas fait avancer le maliba. L’économie vivote, la menagère se plaint et le kilo de sucre est à 600 F. Mais le tiècouroulé a augmenté. La viande n’en parlons pas. Pourtant Monsieur se targue d’avoir la mention très honorable. En théorie sûrement.
    ” terminer la recréation” là je suis d’accord et cela sous entend être du côté du peuple et non des carnivores actuels.
    “Nous avons la parole, nous sommes en mesure d’exprimer nos opinions. Le RDA suit l’action gouvernementale.” quand on atteint un certain degré de maturité, quand les cheveux commencent à blanchir, le mensonge est haram. Vous suivez l’action du gouvernement et vous avez la parole. Donc vous êtes comptables de la misère du peuple. Tout le monde connait ce dicton: ventre affamé……
    En 1968, quel était l’état du pays, aux points de vues sécuritaire et économique? Nous étions en récession économique. Au point de vue sécuritaire, la milice faisait la loi et le BPN decidait au nom de l’AN. Nous avions également la défiance des partenaires face à des situations de ce genre. D’où le coup de force.
    “C’est difficile aujourd’hui de dire que tout va bien, de dire que le panier de la ménagère est bien rempli.” pourtant l’autre soutient que tout est nickel lors de ses rendez vous de koulouba

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