Dramane Dembélé de l’Adéma: «Le peuple malien veut un nouveau visage»

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Dramane Dembele, leader de l'Adema. DR
Dramane Dembele, leader de l’Adema.
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Dramane Dembélé, 46 ans, est le candidat surprise investi par le parti au pouvoir, l’Alliance pour la démocratie au Mali (Adéma). Fera-t-il aussi bien que ses aînés ? Le champion de la première force politique du pays répond aux questions de l’un de nos envoyés spéciaux au Mali, Christophe Boisbouvier.

RFI : Vous n’avez jamais été député ni ministre. Les Maliens vous connaissent peu. Est-ce que ce n’est pas un gros handicap face aux poids lourds de la classe politique malienne ?

Dramane Dembélé : Un handicap ? Je ne pense pas. J’ai milité dans le mouvement estudiantin malien qui a eu raison de la dictature de 23 ans. Je suis un vieux militant de l’Adéma qui n’était pas dans l’agitation politique.

 

 

Vous êtes ingénieur. Vous avez été directeur national de la géologie et des mines. Est-ce que cela peut être un atout dans cette campagne ?

Ça peut être un atout immense. De par ma fonction, j’ai eu à sillonner l’ensemble des régions du Mali. Je travaille dans l’Adras des Ifoghas, j’ai vécu à Kidal pendant deux ans.

 

 

Mais il n’empêche, vous êtes beaucoup moins connu que les poids lourds de la classe politique ?

Effectivement, il y a un problème de notoriété internationale. Mais cela s’explique à mon avis. Je n’étais pas dans l’agitation politique.

 

 

Est-ce que les électeurs ne vont pas se dire : « il est jeune c’est bien, mais il manque d’expérience » ?

Il manque d’expérience ? Je ne pense pas. Je prends le cas chez vous en France : François Hollande, Jean-Marc Ayrault, ils n’ont jamais participé, à ma connaissance, en tant que ministre, à un gouvernement.

 

 

Lors de la bataille pour l’investiture de l’Adéma, vous aviez 18 adversaires. Un certain nombre sont très aigris. Ils ne cachent pas leur intention aujourd’hui de soutenir l’un ou l’autre des candidats anti-Adéma. Est-ce que ça ne risque pas de vous coûter cher ?

Je ne crois pas. Aujourd’hui, j’ai fait environ 80% des structures à la base. L’Adéma est solide. Les militants sont là. L’Adéma c’est un parti de masse. L’Adéma a 3 500 conseillers. L’Adéma a 276 mairies. L’Adéma a 56 députés. L’ancrage est là. Le maillage est là. Certains sont partis, c’est vrai, mais attendons le 28 juillet.

 

 

Est-ce que vous ne jouez pas la province contre Bamako ?

Je ne joue pas la province contre Bamako. C’est vrai, il y a des gens qui sont très forts dans la communication. Ils font beaucoup de « com ». Mais la réalité, c’est la base. Le peuple aspire aujourd’hui à un changement. Le peuple veut un nouveau visage, veut du nouveau sang.

 

 

L’Adéma a soutenu les deux anciens présidents : Alpha Oumar Konaré et Amadou Toumani Touré. Or c’est précisément cette page du passé que beaucoup veulent tourner. Est-ce que ça ne risque pas de vous coûter des voix ?

Je ne pense pas. Nous avons fait des choses bien, des choses moins bien. Je suis un militant, donc j’assume l’héritage. Maintenant, en écoutant le peuple, on dira « voilà qu’est-ce qu’on peut changer ? »

 

 

S’il y a un deuxième tour, est-ce que vous savez avec qui vous pourriez faire un ticket ?

S’il y a un deuxième tour, nous avons aussi une plateforme FDR [Front pour la sauvegarde de la démocratie et de la République, ndlr] qui a 120 députés. Naturellement, le jeu va se faire à ce niveau.

 

 

Donc a priori vous ferez un ticket avec les candidats dont les partis sont au FDR ?

On va faire un ticket avec les partis qui sont au FDR. L’Adéma ce n’est pas un parti qui va régner. Sincèrement, l’Adéma sera au deuxième tour.

 

 

Concrètement, s’il doit y avoir un ticket, c’est avec Soumaïla Cissé et Modibo Sidibé, mais pas avec Ibrahim B. Keita (IBK) ?

A priori oui, parce qu’on a pris des engagements, on a fait une plateforme FDR. Le parti actuel d’IBK n’est pas dans le FDR. Mais je l’ai toujours dit, je souhaite seulement que ça soit une compétition conviviale. Je suis sûr que l’agenda républicain sera au-dessus des agendas particuliers.

 

Par Christophe Boisbouvier / RFI

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2 COMMENTAIRES

  1. vive la corruption vive l’injustice vive Rankine entre les maliens vive le problem de coup d’etat vive occupation au nord du mali si Semble pas des problem majeure des maliens notre pay avancera j’amais

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