Hamadoun Amion Guindo : Grande marche de la CSTM le 21 avril prochain

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Après sa grève de 48heures des 21 et 22 mars dernier, jugée satisfaisante car les militants de la CSTM, ont respecté scrupuleusement le mot d’ordre de grève du Directoire, le Secrétaire Général ,Hamadoun Amion Guindo, ce vieux briscard du syndicalisme malien, averti le pouvoir actuel, de respecter ses engagements vis-à-vis de la CSTM, auquel cas, ses militants sont appelés à marcher jeudi 21 avril prochain pour dénoncer les dérives du régime. Dans cet entretien exclusif, le SG de la CSTM précise que cette grande du 21 avril prochain vise à dénoncer les violations répétées des droits syndicaux et humains en général. Aussi parlant de l’accord d’Alger, M. Hamadoun, affirme à qui veut l’entendre que la CSTM dès le départ dit ne reconnaitre cet accord et n’engage pas le peuple malien. Parlant de la question des autorités intérimaires, le SG de la CSTM est on ne peut plus clair : « Tout acte sur accord est nul et non avenu. C’est aux populations maliennes de prendre leurs responsabilités », a-t-il mis en garde. 

 « Continuer l’état d’urgence, la Constitution du Mali permet d’aller à des désobéissances civiques », a averti Hamadoun Amion Guindo

 Mali Demain : Le 21 avril prochain, votre syndicat compte organiser une grande marche. De quoi s’agit-il 

M ; Hamadoun Amion Guindo : C’est une marche pacifique de protestation par rapport aux violations répétées des droits syndicaux et humains en général. C’est pour dire que nous ne sommes pas d’accords avec la gestion actuelle de l’état. Nous sortirons le 21 avril prochain pour dire non à cet état de fait.

 

Il y a une déception énorme

 

Et lorsque nous regardons au plan social, économique, en bref tout ce que nous vivons, il y a une déception énorme due au silence coupable des autorités. Notre marche, est une façon de s’exprimer et qu’il faut un moment de la vie d’une nation que des hommes et des femmes se lèvent pour exprimer leur ras-le-bol parce que nous estimons que la situation s’empire ; et qu’au de-là des verbes, marcher physiquement pour dire non à la situation actuelle du Mali, en vaut la peine. C’est ce que nous comptons faire.

Ensemble nous ferons le Mali dans l’action et non dans la démission

Mali Demain : Pensez-vous que vous serez suivi ?

Hamadoun Amion Guindo : C’est une aubaine pour rassembler tous les fils du Mali qui croient à ce pays et qu’aujourd’hui sont déçus par la gestion actuelle, pour sortir massivement le 21 avril prochain, afin d’exprimer notre ras-le-bol. A la CSTM, c’est une manière de faire notre devoir. Le Mali, c’est ensemble que nous le ferons mais dans l’action et non dans la démission.

 

L’accord d’Alger n’engage pas le peuple malien

Mali Demain : L’actualité est dominée par la mise en place des autorités intérimaires suite à l’adoption des élus de l’AN. Qu’est ce que cela vous inspire ?

Hamadoun Amion Guindo : Je vous rappelle qu’en 2006, nous avons dénoncé l’accord que nous avons qualifié de haute trahison. Celui en cours et drivé par l’actuel Premier Ministre alors, représentant spécial du Chef de l’Etat, n’est pas malien et ne saurait engager le peuple et ne nous engage pas.

 

Tout acte qui sera posé par rapport à cet accord, sera nul et non avenu

 Mieux, la CSTM depuis lors n’a jamais participé à une activité ou réunion concernant cet accord à fortiori son application. Tout acte qui sera posé par rapport à cet accord, sera nul et non avenu. C’est aux populations maliennes de prendre leurs responsabilités pour se gérer et non être vassalisées.

La Constitution du Mali permet d’aller à des désobéissances civiques

Mali Demain : Ne craignez-vous pas une interdiction de votre marche à cause du prolongement de l’état d’urgence?

Hamadoun Amion Guindo : Cela ne nous surprendra pas car nous nous attendions à cela et disons que ce n’est pas au nom de l’état d’urgence que les autorités vont prendre en otage les droits et liberté des populations. Apriori, notre marche interviendra dix jours après l’état d’urgence qui n’est pas synonyme d’état de siège, à ce que nous sachions ! (Rires).

Si par hasard, les autorités veulent continuer l’état d’urgence, la Constitution du Mali permet d’aller à des désobéissances civiques. En tout état de cause, nous agirons conformément à la loi.

 

Mali Demain : Et si les autorités restent sourdent à votre marche ?

  1. Hamadoun Amion Guindo : Nous allons poursuivre notre lutte jusqu’au respect des droits syndicaux, humains et des libertés.

 

 Pour la grève de 48h des 21 et 22 mars dernier, la CSTM est satisfaite

 Mali Demain : Quel bilan faites-vous de la grève de 48heures des 21 et 22 mars dernier ?

Hamadoun Amion Guindo : La CSTM est satisfaite compte tenu de la marge de temps au cours de la quelle, elle a été organisée et le suivi massif de nos militants. Et puisque nous nos revendications n’ont pas été satisfaites, la marche du 21 avril prochain et le préavis de grève pour les 3 et 4 mai prochain, dans l’espoir que le gouvernement et le patronat prendront toutes les dispositions nécessaires pour de véritables discussions. C’est dire qu’après le 21 avril, d’autres actions suivront.

 

Une marche de rappel aux autorités…

Mali Demain : Quel appel avez-vous à lancer ?

Hamadoun Amion Guindo : Nous invitons les maliens à sortir massivement pour s’exprimer parce que c’est leur choix. Cette marche devra servir de rappel aux autorités dans l’espoir d’un vrai changement comportemental dans ce pays.

Propos recueillis par Bokari Dicko

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2 COMMENTAIRES

  1. On sortira inchallah massivement car nous les jeunes ont est plus que concerné que jamais. Sortons tous….

  2. Il faut que la CSTM sache que le morcellement des syndicats de ce pays conduirons à la disparition de la lutte syndicale réussie. A la longue, les travailleurs n’aurons aucun résultat des batailles engagées. Mettez-vous ensemble pour la réussite des luttes syndicales de ce pays. Qu’Allah le tout puissant aide et protège ces syndicalistes pour la bonne compréhension de se mettre ensemble pour la réussite des batailles syndicales.
    NB: Les micro-syndicats ne gagnerons jamais un combat.

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