Ibrahim Traoré dit ITRA de l’ORTM : «Je demande aux jeunes de mon pays d’oser et de croire en leur rêve»

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Ibrahim Traoré dit ITRA de l’ORTM :  «Je demande aux jeunes de mon pays d’oser et de croire en leur rêve»
Ibrahim Traoré dit ITRA de l’ORTM :

Il fait partie des rares jeunes journalistes de l’Ortm qui ont gagné la confiance des aînés de Bozola. Ibrahima Traoré dit ITRA est un jeune talentueux, maîtrisant la langue de Molière avec génie. Assistant de Salif Sanogo dans la production et diffusion de l’émission Cyber NTIC, aujourd’hui, il est devenu le présentateur de cette émission. Cela ne l’empêche pas de faire des reportages pour le journal et de faire la présentation du journal à la radio nationale. ITRA est aujourd’hui notre confrère à la Une. Il nous parle de son parcours, sa passion, ses ambitions…

Le Reporter Mag : Qui est Ibrahima Traoré ?

Ibrahima Traoré : Je suis Ibrahima Traoré, un jeune de 30 ans, simple et très ouvert. Comme vous le savez, je suis journaliste à l’Office de radiodiffusion télévision du Mali (Ortm).

Quel est votre parcours scolaire ?

Je suis diplômé en Lettres modernes, diplôme obtenu à la Flash à l’Université de Bamako en 2010, après mon baccalauréat au lycée de Sévaré (Mopti). Depuis un an, je suis retenu avec une dizaine d’autres journalistes pour suivre ici à Bamako une formation diplômant de l’Ecole supérieure de journalisme (Esj) de Lille. (Le projet est actuellement confronté à un problème de finances).

Comment êtes-vous venu à l’Ortm

La radio me passionne beaucoup. Après mes études, je n’ai pas hésité à demander un stage à l’Ortm qui m’a accepté à la Rédaction Jp (Journal parlé). J’y ai trouvé des journalistes formidables. Le Jp aura été une véritable école pour moi. C’est là que j’ai appris réellement à traiter l’information aux côtés de beaucoup de journalistes et animateurs de Radio. Je me rappelle qu’ils étaient quasiment tous présents les dimanches autour de Bali Idrissa Sissoko pour son grand journal de 13H. Il y avait Boubacar Touré (Bobi) qui était à l’époque Rédacteur en chef, Kalifa Naman Traoré, Siaka Konaté, Seydou Fomba, Alassane Souleymane, Alassane Diombélé, Salif Sanogo, Sory Ibrahim Keïta, Oumar Moussa Traoré, Amadou Kodio et à distance Fatim Diallo en Belgique, Mahamadou Koné en Allemagne ou encore Hawoye Touré aux USA…

Bref, j’apprenais réellement avec tout ce beau monde, mais aussi un peu plus tard avec des reporters comme Mohamed Kayentao, Moïse Traoré, Bourama Traoré, Mohamed Diarra, Youssouf Traoré, Youssouf Diakité… Sincèrement, j’étais super bien entouré pour apprendre. Après mon stage et quelques mois de bénévolat, j’ai commencé à présenter les flashs d’infos à la Chaîne 2, avant de me retrouver sur le terrain comme reporter. J’ai été recruté comme journaliste en juillet 2011.

Quelle est votre fonction actuellement ?

Je fais beaucoup de choses (Rires). Bizarrement, je travaille actuellement plus pour la télé que la radio. C’est dû au système à l’interne. Depuis septembre 2013, je suis Rédacteur en chef à TM2, c’est la 2ème Chaîne de télévision nationale. Nous réalisons au quotidien un Jt (Journal télévisé) de proximité de 15 minutes. Nous nous démarquons de l’institutionnel en donnant la parole essentiellement aux Bamakois et aux spécialistes sur des sujets d’actualité. Dans la foulée, je travaille beaucoup pour les deux grandes rédactions (Jp et Jt). En plus des reportages et autres dossiers, je présente les grandes éditions (généralement les jeudis à 7H00) à la Radio et au moins une fois dans la semaine, je suis chef d’édition du Journal télévisé.

Vous animez actuellement Cyber NTIC, après avoir assisté Salif Sanogo pendant des années ?

Ah oui, Salif c’est le général sans galon qui dirigeait à Bozola une armée fictive très solide (Rires). Il y avait autour de lui une vraie équipe qui travaillait sur Cybernetic. Comme beaucoup d’autres jeunes, je me suis retrouvé dans cette émission comme reporter. On se comprenait super bien. J’ai toujours sollicité et apprécié ses remarques, pas que dans Cybernetic. Je n’y croyais pas du tout, lors d’une émission spéciale, quand il annonçait qu’il doit me passer la main. Sincèrement, le défi était très très immense et croyez moi, ça m’a perturbé pendant un bon moment. Il a porté toute sa confiance en moi en m’invitant souvent sur le plateau de l’émission en direct. Le risque était trop grand, mais il ne cessait de me rassurer. En un mot, il m’a passé progressivement l’émission qui a célébré ses 14 ans cette année. Dieu merci, depuis trois ans, avec une jeune équipe dynamique (Adam Sissoko, Garibou Pérou, Mohamed Ould Mamouni, Moussa Fané, Bemba Siby, Cheick A. Touré) qui m’entoure, nous parvenons à maintenir le cap. Nous essayons aussi d’améliorer le contenu grâce aux critiques et suggestions des téléspectateurs, comme vous, Kassim Traoré, qui m’appelez très souvent pour me les faire. Les nouvelles technologies, ça évolue à un rythme infernal. Cyber NTIC doit suivre la cadence. Pour cela, il faut du sang nouveau. Moi aussi, je pense d’ores et déjà à passer la main à un jeune de l’équipe.

Avez-vous rencontré des difficultés dans la vie professionnelle ?

Des difficultés, oui. C’est normal. Elles nous permettent de tirer toujours les leçons pour pouvoir avancer. C’est le plus important, à mon avis.

Pouvez-vous nous dire votre plus grande satisfaction en tant que journaliste ?

Comme beaucoup de mes confrères, j’ai souvent risqué ma vie surtout pendant la crise au Mali, rien que pour informer nos compatriotes. Ça, j’en suis fier et en toute humilité, ce métier m’a permis et me permet toujours d’apporter en ma manière ma modeste contribution à la résolution de la crise que continue de traverser mon pays, le Mali.

Ibrahim Traoré dit ITRA, qui vous a donné ce petit nom ITRA ?

(Rires) C’est Bobi. Il en a créé beaucoup à l’Ortm. Bou Tra, You Diak, You Tra, Sidiki Yé… Dans le chronogramme journalier des reportages, il abrégeait les noms des uns et des autres, juste pour insérer le maximum de noms dans une colonne. Pour être simple, I-TRA c’est mon prénom Ibrahima et mon nom Traoré.

Dans l’avenir, que comptez-vous faire en terme de perspectives ?

Je suis encore jeune. Je pense beaucoup à la formation pour pouvoir mieux servir mon pays. Ça nous manque beaucoup, nous jeunes au Mali.

Êtes-vous marié, avez-vous des enfants, sinon votre mariage c’est pour quand ?

Je suis célibataire sans enfant (Rires). Pour mon mariage, vous serez informé au temps opportun. Inch Allah !

Avez-vous des mots pour conclure cet entretien ?

C’est de dire aux jeunes de mon pays d’oser et de croire en leur rêve. J’invite mes frères et sœurs à lire, à lire et à lire beaucoup. La lecture, ça fait partie des secrets de la réussite dans la vie. Merci à vous, Kassim Traoré, pour cette marque d’attention. Au passage, permettez-moi de vous encourager et de vous félicitez pour le «Débat politique» que vous animez sur Radio Klédu, je suis un de vos fidèles auditeurs. Je vous souhaite une très bonne continuation.

Propos recueillis par Kassim TRAORE

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