Interview avec le Président ATT : Les grandes questions passées aux peignes fins

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Il y a quelques deux jours, nous avons reçu un appel de la Cellule de communication de la présidence de la République, qui nous a demandé de nous rendre de toute urgence au Palais présidentiel, car le président ATT a répondu favorablement à notre demande d’entretien. Il souhaite échanger avec nous,  notamment sur la question des consultations électorales et référendaire et de la TM2. Nous considérons cette acceptation comme un très grand honneur. Car, il n’est pas fréquent de rencontrer en tête à tête un président de la République, qui prépare ses bagages pour quitter le Palais. Lisez !

Le Guido : Bonjour M. le Président. Merci une fois de plus de nous recevoir malgré votre agenda surchargé en cette année électorale. Au nom du personnel du Journal «Le Guido», nous vous présentons nos meilleurs vœux de santé, de bonheur, de tolérance et surtout de réussite pour l’année 2012.

Le Président ATT : Merci pour les vœux. En retour, je souhaite que 2012 soit pour vous et pour toute la presse malienne une année de santé, de bonheur, de maturité et surtout de mesure.

M. le Président, à cinq mois de votre départ de la présidence de la République, comment vous sentez-vous ?

Dieu merci, je me porte très bien. Mes concitoyens m’ont confié une mission qui s’achemine vers sa fin. Je pense que la mission a été bien accomplie, elle sera complètement terminée le 8 juin prochain. Je crois qu’on aura le temps de faire tout le bilan.

M. le Président, sans la tenue de l’élection présidentielle, est-ce qu’on peut dire que la mission a été bien accomplie ?

Je vois votre inquiétude. Mais, j’ai instruis au Gouvernement de tout mettre en œuvre pour une organisation transparente, régulière et apaisée de l’élection présidentielle d’avril 2012. C’est le lieu de renouveler toute ma confiance au Premier Ministre et à son équipe pour le travail qu’ils sont en train de faire dans ce cadre. Quant à la CENI et à la DGE, elles s’activent aussi pour jouer pleinement leur partition. S’il plaît au Bon Dieu, au niveau de l’Etat, tout sera fin prêt. Maintenant, je demande aux autres acteurs de s’impliquer pour la réussite du scrutin, qui n’est pas seulement une affaire de l’Etat. 

M. le Président, que dites-vous par rapport à son financement ?

Je dis qu’au niveau de l’Etat, tout sera fin prêt, y compris le financement. A la date d’aujourd’hui, il n’est pas bouclé, mais je suis serein. Je sais que nos partenaires vont nous accompagner.

M. le Président, et le référendum ?

Il se tiendra aussi le 29 avril 2012.

Les contestations continuent de pleuvoir contre la tenue de ce référendum. Est-ce que son maintien ne va pas jouer sur la bonne organisation de l’élection présidentielle?

Non ! Je ne crois pas du tout. Ce sont deux scrutins différents, même s’ils vont se tenir tous le 29 avril 2012. Nous sommes en démocratie et les gens ont le droit de protester, d’adhérer ou de ne pas approuver le projet proposé. Le référendum est une opération de vote particulière. Il consiste à consulter directement l’ensemble des citoyens sur une question essentielle. Pour le cas d’espace, il concerne la révision constitutionnelle. L’électeur a deux choix, il vote pour ou contre la proposition que j’ai faite. Pour moi, il n’y a pas lieu de polémiquer autour de çà. Je pense que la tenue du référendum n’entachera pas la bonne organisation de l’élection présidentielle.

M. le Président, pratiquement les campagnes présidentielle et référendaire vont se coïncider. A travers cette campagne référendaire, les mauvaises langues craignent que votre soutien ne soit tourné vers un candidat. Que répondez-vous ?

Maintenant, mon souci, c’est la bonne organisation des consultations électorale et référendaire d’avril 2012. Je n’ai pas besoin de faire campagne pour tel ou tel autre candidat. C’est le peuple souverain qui a le dernier mot. 

M. le Président, vous avez dit à qui veut l’entendre que vous ne gagnez rien dans ces reformes, car vous êtes sur le point de départ. Mais, qu’avez-vous à perdre, si vous abandonnez ce projet qui soulève des vagues de mécontentements?

Je pense que le problème ne doit pas se poser à ce que je gagne ou à ce que je perds dans ces reformes. Mais, il doit se poser en termes de  renforcement de notre démocratie ou non. Je crois plutôt qu’elles la renforcent. Je laisserai ce projet si le peuple souverain vote NON lors du référendum du 29 avril 2012. C’est vrai que certains n’approuvent pas, mais je dois dire aussi d’autres l’épousent. Donc, je crois qu’on doit laisser le soin au peuple de juger à travers ce référendum à venir.

M. le Président vous avez lancé la TM2 le 31 décembre 2011. Quelle est l’opportunité d’une 2ème  chaîne de l’ORTM ?

Cette chaîne complète l’ORTM dans ses programmes. Elle sera surtout axée sur les jeunes et les femmes. Je crois qu’après plus de 20 ans de pratique démocratique et 50 d’indépendance, on doit avoir plus d’une seule chaîne. Dans les autres pays, ils sont beaucoup en avance sur nous, même si nous sommes mieux équipés que la part d’entre eux.

Excellence, le pays n’a-t-il pas plus besoin des chaînes de télévision privées que de la TM2 ?

Les chaînes privées seront pour bientôt, les textes sont déjà à l’Assemblée nationale. Je ne vois pas de problème à ce que la TM2 ait quelques mois d’avance sur ces chaînes privées.

M. le Président, mais on dit que l’éléphant (TM2) tant annoncé est arrivé avec un pied cassé.

 (Rire) Mais, comment ? C’est vous qui me l’apprenez !

Parce que la TM2 a été lancée avant que tout soit mis au point. Les Espagnols et les Burkinabé qui travaillent sur le site, n’ont pas fini leurs installations. L’émetteur principal n’est pas installé. L e signal passe par Point G pour le site de Kati, au lieu de quitter directement Bozola pour Kati. Parce que le Palais présidentiel constitue un handicap pour le trajet direct Bozola-Kati. Du fait aussi que les installations ne sont pas terminées, la qualité des images de l’ORTM et de la TM2 laisse à désirer.

Je n’avais pas tous ces détails techniques. Je crois que ces problèmes techniques seront bientôt réglés. Je demande à mes compatriotes d’être un peu patients et tolérants. Tout sera mis au point dans les jours à venir. Concernant le trajet du signal, je dois dire à Sidiki de chercher une solution alternative à ce problème. Le Palais n’est pas pour moi, je dois le quitter dans cinq mois. Je remercie le Ministre de la communication et l’ensemble des techniciens de l’ORTM qui ont pratiquement forcé pour que mon vœu soit exaucé. Lors de la pose de la première de la Tour de l’ORTM, j’ai souhaité passer mes vœux de nouvel an à la TM2. Si cela a été réalisé, c’est en partie grâce au Ministre et à ses techniciens.  Je lui demande de tout faire pour que ces techniciens soient bien formés par rapport aux nouveaux équipements.

M. le Président, vu les conditions d’accès aux images de la TM2, elle est loin être faite pour les Maliens ?

Je vous comprends bien. Ce n’est pas difficile de comprendre que pour avoir les images d’une télévision nationale, il faut passer par d’autres canaux. Il s’agit notamment de la TV5, Malivision, Multicanal et Télé numérique. Je sais aussi que cela va engendrer des dépenses supplémentaires. Mais, il faut qu’on sache aussi qu’à partir de 2015, tous les systèmes seront basculés sur le numérique. Je peux donc dire que le Mali a commencé sa transition, étant donné que tous les équipements de la TM2 sont en numérique. C’est pourquoi nos télés analogiques ne peuvent pas capter cette chaîne. A ce niveau, soyons compréhensifs !

Excellence, savez-vous que ceux qui ont Malivision ou Multicanal payent les images de la TM2 ? Si leur abonnement est expiré, ils ne reçoivent que les images de l’ORTM, mais pas celles de la TM2.

Je pense que l’ORTM et la TM2 doivent être logés dans la même enseigne. L’Etat verra à travers le Ministère de la communication comment la TM2 peut rester accessible aux Maliens, même si leur abonnement expire sur les deux chaînes.

M. le Président, pouvez-vous conclure cet entretien ?

Je demande surtout à mes compatriotes de s’impliquer davantage dans la bonne organisation des élections. Et que le prochain président puisse conduire le navire Mali à bon port.

Concernant les réformes, j’avoue que je peux compter sur eux. Nous sommes dans un monde de mondialisation et de globalisation. Il faut donc que le Mali avance. Je vous remercie.

Entretien réalisé par Ahmadou MAÏGA

N.B : Cette interview est imaginaire        

 

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