INTERVIEW IMAGINAIRE

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L’’Observateur : Mon frère, lors de la cérémonie de la sortie des promotions de la police, le président de la république était dans tous ses états. Il est allé jusqu’à mettre en garde les uns et les autres contre les allégations tenues à son encontre. Qu’en pensez-vous ?

Un simple malien : Vous savez, cette sortie du président est pour moi une bombe à retardement. Pendant combien de temps les gens se plaignent de ce qui se passe au Mali ? Je n’appelle pas ça de la démocratie, mais de la yèrèdiabocratie. On a laissé la situation pourrir avant de faire des sorties. Certains militants opportunistes du Mouvement citoyen font la pluie et le beau temps. Leur maître mot est le chantage, le trafic d’influence et autres gabegies. Un ‘’joli désordre’’ qui règne en maître.

Il est temps qu’il y ait une prise de conscience dans ce pays. Moussa Traoré n’avait-il pas raison de dire que le Mali n’est pas encore mûr pour accéder à la démocratie. Voilà que le temps lui donne raison.

Pourquoi le président a donc attendu tout ce temps pour réagir ? Pourquoi a-t-il profité de cet évènement pour déverser son venin sur son peuple ? Est-ce pour dissuader les Maliens ? Est-ce pour prendre les devants des prochaines échéances électorales en vue ?

Tout ce que vous dites n’engage que vous et le président lui-même. Il y a trop de laisser-aller dans ce pays. On dirait qu’il n’y a pas de responsables. Le fait pour moi de fustiger l’attitude des agents de la sécurité n’est pour moi qu’un faux débat, un amusement de la galerie. Personne n’est sans savoir que la plupart des agents de la circulation font tout… Cela a été décrié sans succès. Leur souci est de se remplir les poches. N’importe quel délinquant arrêté peut recouvrer la liberté s’il met la main à la poche. Et cela à tous le s niveaux.

S’agissant des hommes politiques, beni-oui-oui, ils ne font que profiter à ceux pour qui c’est fait. Quant aux hommes de media, les plus indexés, traités de tous les noms, ils ne sont appréciés que si la situation leur profite. Qu’on laisse les gens faire leur travail. Ceux qui se sentent viser n’ont qu’à prouver le contraire.

Dans cette histoire, chacun vise son intérêt. Le président a dit qu’on l’accuse à tord ou à raison d’aider des Maliens contre des Maliens. Toute chose qu’il a démenti formellement en disant qu’il n’aidera pas un Malien contre un Malien. Qu’à cela ne tienne ! Et si c’est en guise de récompense ?

Oui ! Généralement c’est comme ça. Des tonnes de promesses sont faites avant d’être élu. Une fois élu, c’est la croix et la bannière. Ne pouvant pas satisfaire tout le monde, bonjour donc les dégâts. Si le numéro un est impliqué dans tout, c’est parce qu’il a accepté d’aller avec n’importe qui, n’importe où, quand et comment. Tous ceux qui crient ATT ne le font pas avec conviction. La plupart sont des opportunistes, des chasseurs de marrons. ATT peut-il dire qu’il ignore cet état de fait ? Je dis non ! Non et non ! Ce n’est pas au moment de la battue qu’on élève son chien, disait l’autre. Autrement dit, ATT ne devait pas attendre tout ce temps pour réagir. Nous, les profanes, nous dirons que ce bagabaga du président est une façon de nous clouer le bec pour ne pas perturber les élections à venir.

Que fera la population pour que le bagabaga du locataire de Koulouba ne se transforme en répression ? Nous n’avons pas envie de revivre les évènements de 91.

Astafroulahi, Astafroulahi, Astafroulahi ! Que le bon Dieu nous épargne de cela. Nous ne voulons pas reculer. Malgré notre démocratie mitigée, doublée de démagogie, nous essayons quand même de sauver ce pays, de l’épargner du supplice des éléments égarés qui ne voient que leurs intérêts et non celui notre chère nation.

Maimouna DANIOKO

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