INTERVIEW IMAGINAIRE : Tiébilé Dramé victime de son anti- ATTmania

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L’Observateur : Président, bonjour. 10 mois après le Sommet Afrique- France et après avoir reçu des félicitations et même des décorations de part et d’autre, voilà qu’on vous a assigné en justice. Quelle est votre appréciation ?

Tiébilé Dramé : Merci bien. Je pense qu’il sera trop tôt pour moi de parler de cette affaire. Je préfère laisser la justice faire son travail. Au moment venu, la situation sera mieux tirée au clair. Je pense qu’il doit avoir des dessous dans cette affaire.

L’Observateur : Justement président, en observateur averti de la scène, cette volte face des autorités ne peut être qu’un règlement politique. Votre mariage avec la fille de l’ancien président, craint par Koulouba comme une peste, la signature du manifeste par des responsables du Parena etc. Bref.

 Quel est votre commentaire par rapport à tout cela ?

Tiébilé Dramé : Ma vie privée n’intéresse personne. Si quelque part, on craint déjà que je constitue un danger pour eux, et bien tant mieux ! Je ne suis pas du genre à se faire divertir. Et en outre, je ne suis pas de nature à dormir sur mes lauriers et le Sommet Afrique-France en est un. Mais ce que j’étais loin d’imaginer, c’est que les gens reviennent après moi pour compter les matériels de café, les agrafeuses et autres torchons et serviettes des chauffeurs que nous avions internés. S’agissant de la signature du fameux manifeste, j’ai quel droit pour empêcher les gens d’exprimer leur opinion ? Si c’est ce qui constitue les griefs du pouvoir contre moi, je les assume.

L’Observateur : Président, une autre observation qui pourra certainement vous déranger un peu, mais permettez-moi de la faire tout de même. Il y a eu l’organisation de la CEN-SAD, pilotée par le redoutable Soumeylou Boubèye Maîga, un Baron de l’ADEMA et celle de la FAO pilotée par Souleymane Yacouba Sidibé dit Bebel, compagnon d’arme du locataire de Koulouba. Et avant ça, il y a eu la Can 2002 et bien d’autres évènements comme la venue de Chirac au Mali. Même s’il y a eu des dépassements et des remboursements en catimini, rien de tout cela n’a fait autant de vacarme. Est-ce à dire que les personnes suscitées ne constituent plus un danger politique réel ou est-ce parce qu’elles ont travaillé mieux que vous ?

Tiébilé Dramé : Je laisse les uns et les autres ont déjà apprécié. En tout cas, je n’en étais pas à mon premier poste de responsabilité au Mali. Et personne ne m’a jamais surpris en train de traîner une quelconque casserole. Pour rien au monde, je me laisserais distraire. Je pense qu’il ne sert à rein de traîner les gens dans la boue, de les humilier uniquement pour des desseins inavoués. Ce qui est sûr et certain, personne n’est ni éternel et même indispensable dans ce monde ici bas. Chacun fait son temps. Je laisse le bon Dieu trancher. Il est au dessus de nos petites et périssables personnes.
L’Observateur : Quelles sont les leçons que vous avez tirées de cette situation plus ou moins inattendue.

Tiébilé Dramé : Des leçons, j’en ai vraiment beaucoup tirées. Ecoutez bien, le monde est plein de surprises. Donc que chacun reste sur ses gardes pour éviter au maximum les surprises désagréables. Si c’est pour une humiliation, je pense que cela ne se fera pas sur un plateau d’argent.

Maimouna DANIOKO

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