Le Président de l’APMA nous a rendu visite : « Nous ne cèderons pas. Les transporteurs et les Commerçants détaillants nous ont déçus», dixit Adama Coulibaly

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Dans un entretien exclusif qu’il a accordé à notre rédaction, le Président de l’Association de l’Appel pour le Mali (APMA qui a un Conseil National de 50 membres et surtout d’un Comité d’Orientation, l’éminence grise du mouvement est composé de 20 membres : des caciques rôdés à la lutte), M. Adama Coulibaly  ( ex dirigeant de l’AEEM connu pour son sérieux et son sens élevé de servir le pays) entouré de ses plus proches collaborateurs sont prêts pour une révolution qui sortira notre pays du gouffre dans le quel les démocrates l’ont plongé) donne les raisons de la création de leur association ainsi que les objectifs premiers dont celui du départ sans condition du maire du district de Bamako, M. Adama Sangaré et de son conseil qu’ils taxent de « mauvaise gestion du foncier, d’expropriations en complicité avec de cadres et Ministres de la République sans vergogne, ni sens élevé de respect des biens publics… », dans le District de Bamako depuis leur arrivée en 2009.

Mali Demain : Pour quoi l’APMA ?

M. Adama Coulibaly : Nous avons crée cette association à travers un constat cinglant qui est : la démission de la classe politique, donc des politicien ; de la société civile qui n’existe presque pas pour qu’ils jouent leur rôle d’ancrage de la démocratie dans notre pays. Après vingt ans d’apprentissage démocratique, de participation ( puisque la jeunesse a été utilisée comme un bétail électoral tout comme les femmes), nous assistons à leur échec par un étouffement de la démocratie dans notre pays.

« L’opportunisme criard de nos dirigeants a dépassé tout entendement… »

Pourtant en mars 1991, nous leur avons vu crier, juguler qu’ils sont démocrates, bâtisseurs, patriotes. Mieux du régime d’Alpha Oumar Konaré à celui d’ATT, nous avons vu tout sauf des démocrates abandonné tout pour des places de Ministres, de Directeurs Généraux, d’ambassadeurs et autres postes au lieu de défendre l’intérêt supérieur du peuple. Surtout de nous les jeunes. L’opportunisme criard de nos dirigeants qui a dépassé tout entendement. C’est la raison pour la quelle, nous avons décidé de prendre notre responsabilité par rapport à ce qui se passe. Notre combat n’est dirigé contre qui que ce soit. C’est une lutte noble, juste qui vaut la peine d’être menée. A un moment donné, nous avons jugé nécessaire de mettre fin à la gabegie, aux expropriations qui sont devenues monnaie courante au niveau de la Mairie du District de Bamako. Les exemples sont très nombreux malheureusement.

« L’anarchie est autorisée au Mali comme mode de gouverner »

C’est contre cette gestion chaotique que nous demandons la démission d’Adama Sangaré et collaborateurs. Si ailleurs dans d’autres pays, sous d’autres cieux, le foncier est géré avec parcimonie, les espaces verts, de loisirs sont protégés, on lutte contre l’anarchie, au Mali, cela est autorisée au vu et au su de tous comme mode de gouverner. Mieux avec les lotissements sauvages dans le District de Bamako, les espaces verts, de loisirs et de jeu pour la jeunesse ont diminué, voir disparus. Et une ville sans espaces verts ou de loisirs pose un problème. C’est à cet état de fait que nous assistons. A titre d’exemples, le domaine universitaire de nos jours est sérieusement menacé par des chantiers appropriés à des individus qui ont obtenus des Notifications signées des mains du maire Adama Sangaré. Les expropriations sont devenues monnaie courante au niveau du conseil du District de Bamako. Et lorsque nous avons commencé notre mouvement de contestation contre cette manière de gérer notre foncier que nous avons été pris au sérieux. Surtout des cadres de la capitale avec les tentatives de corruption qui n’ont pas marchées. C’est fort de notre noble combat que des victimes de Sénou, de ZRNY, de Yirimadio où une partie d’un cimetière a été vendue par le maire du District à un opérateur qui déterra trois cadavres qu’il enterrera dans un endroit inconnu à ce jour. L’imam de cette mosquée a été on ne peut plus clair sur ce plan. A Sotuba, Sabalibougou,Garantiguibougou, Niamakoro et autres Djikoroni Flabougou, des espaces verts et de jeux pour la jeunesse, ont été vendus. A Kalanban-Coura, trois terrains des jeunes ont été ainsi extorqué à la jeunesse sans conséquence. Où est ce qu’on va ? Dans quelle République sommes-nous ?

« L’allégeance des syndicats de transports et des commerçants détaillants »

C’est fort de notre détermination que nous avons obtenu de façon insolite et déterminée l’allégeance des  syndicats des transporteurs du Mali ainsi que des commerçants détaillants qui ont déclenché la grève de 48heures (19 et 20 décembre dernier qui a été une vraie réussite même si cela s’est terminée autrement) en guise de solidarité dans notre lutte pour le départ du maire du District de Bamako et de son Conseil. Aussi il y a au moins 140 GIE de balayage, de curage des caniveaux dont le personnel est à 11 mois sans salaire à cause des impayés de la mairie du District de Bamako qui a préféré utilisé cet argent à d’autres fins.

Mali Demain : Quel est le facteur qui a déclenché vos marches, vos actions?

M. Adama Coulibaly : C’est fort de ce qui précède que nous avons dans un premier temps adressé une lettre ouverte le 05 décembre dernier, au Maire du District afin qu’il arrête ses expropriations et de démissionner ainsi que son Conseil. Pour se faire, nous lui avons donné une semaine pour s’exécuter. Rien n y est  fait. Il nous prenait pour des plaisantins en nous envoyant des émissaires pour faire semblant de négocier. Une manière de gagner du temps et d’acheter notre conscience qui n’est pas achetable. Le 15 décembre dernier, nous avons donc marché sur la Mairie du District de Bamako tout en campant des heures durant. Vous avez vu le résultat avec la paralysie du centre ville.

« Tout est négociable sauf le départ d’Adama Sangaré et de son Conseil »

Le Sit-in a été levé à 15heures. Et nous avons dit que tout est négociable sauf le départ d’Adama Sangaré et de son équipe. Et comble du scandale, des marionnettes ont osé s’exhiber à la télévision pour faire croire à nos compatriotes que la grève des 19 et 20 décembre n’allait pas avoir lieu. Ils ont été surpris le lendemain par la réussite du mot d’ordre qui a été respecté. Nous avons les preuves que ces individus ont accepté joué le rôle du diable dans des conditions qu’ils savent et que nous avons eu échos.

« Demain jeudi, nous marcherons, camperons jusqu’au vendredi dans l’après-midi »

Et pour montrer notre détermination, nous comptons marcher demain jeudi à 9heures à partir du monument des martyrs, un grand symbole ( la mémoire des victimes de mars 1991 ont été trahies en guise de rappel par ces démocrates) via la Cathédrale de Bamako, Direction Générale du PMU-Mali, le premier Arrondissement de Police pour nous camper devant la Mairie du District de Bamako jusqu’au vendredi à 15heures où nous nous dirigerons vers la Primature en empruntant le Boulevard de l’indépendance via cinéma Babemba jusqu’au rond-point de la Colombe et terminus, la Cité administrative. Là, des camarades iront remettre au Premier Ministre, une lettre ouverte pour demander au gouvernement de prendre ses responsabilités. Après cet acte, nous nous reposerons jusqu’au mercredi en huit. Et si les lignes ne bougent pas, nous allons nous installer devant la Mairie du District de Bamako jusqu’à nouvel ordre. Ce sera notre place Tharir.

« On ne peut pas nous empêcher de marcher, ni de manifester »

Mali Demain : N’avez-vous pas peur d’être délogé, voir mâté ?

M. Adama Coulibaly : On ne peut pas nous empêcher de marcher, ni de manifester notre ras-le-bol ! C’est la démocratie et n’avons pas violé les textes. Si tel sera le cas qu’ils essayent de nous mâter, nous répondrons à toute provocation. Par exemple le maire de la Commune III avait voulue nous refuser l’autorisation de marcher, nous l’avons rappelé l’article 5 de la Constitution qui nous donne ce droit et qu’il ne pouvait en aucune manière saborder cela. Nous sommes des légalistes et connaissons nos droits.

« La contestation va se poursuivre si les pouvoirs publics ne font pas face à la vie chère… »

Mali Demain : Ne craignez-vous pas d’être soupçonné de complicité avec des mains invisibles comme c’est le cas dans en de pareil mouvement pour un régime envahi par des remous de la sorte?

M. Adama Coulibaly : Il n’en est rien. Au contraire, la contestation va s’accroître si les pouvoirs publics ne font pas face à la cherté de la vie ; la crise scolaire ; l’insécurité grandissant ;, le banditisme rampant ; la « démission du Maire Adama Sangaré ; dissolution du gouvernement s’il ne s’assume pas. En réalité, nous ne savons pas où va s’arrêter notre marche, notre mouvement ? Et la répression ne nous fera pas peur.  Et commettant ce forfait contre notre mouvement, c’est une erreur à ne pas faire car la jeunesse malienne dans son ensemble s’est réveillée et a compris beaucoup de chose et ne se laissera pas faire.

« Aucune main cachée ne nous encourage et ne nous dirige »

Aucune main cachée ne nous encourage et ne nous dirige. Il faut que cela soit clair. Si cela était vrai, le mouvement allait s’agrandir illico presto. Ceux qui se sont ajoutés à nous sont des patriotes qui refusent l’injustice sous quelque forme que ce soit. Au nord, il y a des compatriotes qui ont pris des armes pour faire valoir leurs droits. Ici, nous n’avons pas d’armes mais avons notre volonté et notre conviction à faire valoir nos droits tout en respectant la démocratie. Nous nous référons à notre Constitution. Et rien d’autre.

« Il y a des civils, des Juges, des Magistrats, et même des porteurs d’uniforme qui sont d’accords avec nous et nous soutiennent »

Tous ceux qui s’ajoutent à nous, c’est pour faire partir Adama Sangaré et ses acolytes. C’est pour cela que nous marcherons aujourd’hui pour ensuite camper devant la mairie jusqu’au vendredi après-midi. Des personnes de bonne volonté sont solidaires avec nous dans notre combat et nous ont déjà promis de nous apporter à manger, à boire. Nous sommes pris en charge par des patriotes. Il y a même des cadres, des Magistrats, des Avocats, des Juges, des porteurs d’uniformes et non les moindres qui sont quand même issus du peuple et sont touchés par ce problème du foncier. Ils nous soutiennent.

« La seule manière de faire partir ces gens là, est la rue »

Pour nous, la seule manière de faire partir ces gens qui sont en complicité avec des juges, des hauts gardés, est la rue. Ce n’est que la contestation qui arrivera à bout de cette hydre.

Mali Demain : Quel message particulier avez-vous pour nos compatriotes ?

M. Adama Coulibaly : La situation actuelle du pays, surtout au niveau du District de Bamako impose à la jeunesse de prendre ses responsabilités contre « la démocratie » des T-shirts, du thé, des balani-show, du sel. Il faut que lors de la présidentielle de 2012 que la jeunesse montre un autre visage celui de la maturité. 

« Il ne faudrait plus qu’un Indépendant vienne au pouvoir comme ATT l’a été par accident »

Il ne faudrait plus qu’un Indépendant vienne au pouvoir comme ATT l’a été par accident. Le Mali n’a plus besoin de candidat Indépendant. Si c’est le cas, se sera le naufrage du bateau-Mali. Une situation qui sera de la responsabilité de la classe politique malienne en premier. Il nous faut en 2012, un Président de la République patriote. Et nous transformerons la place  des combattants en place « Tahrir » du Caire si les pouvoirs publics tentent de nous empêcher de réclamer nos droits celui du peuple malien qui est volé, floué à longueur de journée. Nous sommes déterminés à cela même au prix fort.

« Les maliens qui nous ont observé, nous font confiance »

Aussi, les maliens qui nous ont observé quelques semaines durant, nous font confiance. Dans ce cas, il ne faudrait pas qu’on doute de notre capacité à relever ce défi car APMA est un espoir pour la jeunesse malienne, porte-flambeau qui ne va jamais accepter les petites choses au détriment de l’intérêt général de notre Nation. Nous sommes des croyants en Dieu et savons que si quelqu’un est né pour diriger, il le sera. Malgré des promesses de toute sorte (d’emplois, d’argent…), nous ne fléchirons pas. Nous n’accepterons pas la situation actuelle et ne cèderons pas.

Mali Demain : Quelle analyse faites-vous de la levée de la grève ?

M. Adama Coulibaly : Nous sommes très déçus du manque de courage de nos partenaires qui étaient venus nous voir par l’intermédiaire de l’association « Benso ».  Les négociations ont lieu sans que nous soyons contactés. Cela ne nous dérange aucunement car nous n’allions par répondre sachant qu’Adama Sangaré sera présent dans la salle. Nous avons été les premiers à ouvrir le bal. Nous en sommes fiers car ce sont eux qui sont venus nous voir pour parler de démission du Maire du District de Bamako. Il y a eu les méthodes que l’on connait autour de cette grève.  Les transporteurs et les commerçants détaillants ont  manqué de courage. Cela est vraiment dommage. Ce sont des amateurs en la matière car, cette grève était une occasion de chasser Adama Sangaré de la Mairie, une position de nos partenaires d’hier  qui ont cédé pour des raisons qu’ils savent. Ces gens ont perdu toute crédibilité. Et celui qui a besoin de nous, viendra nous voir. Nous n’irons voir personne. Aussi suite à la correspondance du maire de la commune III avançant l’ordonnance N° 36 PCG du 28 mars 1959 portant loi sur la liberté de réunion, qui dispose que : « Les réunions publiques ne peuvent se prolonger au-delà de vingt trois heures », nous sommes légaliste et analysons cette lettre et l’ordonnance en question. Une correspondance vient de leur être adressée  pour parler de la marche du lundi 26 décembre prochain. Chez nous, tout continue jusqu’au départ du maire. Il est hors de question d’arrêter ou de reculer ou de céder. Seulement, je regrette que nos partenaires de la dernière heure aient céder face à des propositions et des promesses. Ce qui ne nous surprend pas du tout dans ce pays.

 

Propos recueillis par Bokari Dicko

 

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