L’honorable Haïdara Aïssata Cissé dite Chato à propos de la loi sur les Autorités intérimaires : «Ce n’est pas systématiquement que ces Autorités vont remplacer les maires sur toute l’étendue du territoire national…»

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Depuis le mardi 29 mars 2016, le député de Bourem est en mission de restitution des activités parlementaires dans sa circonscription électorale, Bourem, dans la région de Gao. L’honorable Haïdara Aïssata Cissé dit Chato a présidé aussi les festivités marquant les 50 ans de l’école fondamentale de Baria qui porte le nom de feu Attaher Maïga, le père de la Première Dame, Keïta Aminata Maïga. Elle a beaucoup échangé avec les populations sur le retour à la paix, la sécurité et le développement à la base. Elle s’est aussi prononcée sur la nouvelle loi instituant les Autorités intérimaires dans les localités nord du pays. Avec elle, nous avons pu échanger au téléphone.

 

Depuis le mardi 29 mars 2016, vous êtes en tournée dans le cercle de Bourem. Quel est le but de cette mission ?

 Dans un premier temps, il s’agit de faire la restitution des activités parlementaires avant la rentrée du parlement en avril. Mais je suis venue aussi souvent voir ma base, nos populations, pour échanger avec elles sur la vie de la Nation. Il y a aussi une école qui porte le nom de feu Attaher Maïga, le père de la Première Dame ; cette école a 50 ans. Les enfants de Bourem ont décidé de célébrer ces 50 ans de l’école de Banya. Donc, il fallait que je sois à cet anniversaire en tant que politique et surtout en tant que fille de Bourem. Tout cela est greffé à la restitution des activités parlementaires que je fais tous les 6 mois. Quand il y a l’intersession, je viens à la base, conformément à ce qui est prévu par la loi et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Je viens régulièrement pour expliquer les lois votées aux populations ; j’ai discuté avec elles sur la sécurité et le développement. Je les ai rassurées par rapport à tout ce qui se fait pour la paix, la réconciliation qu’on cherche et qui va venir Inch Allah. En tout cas, c’est mon souhait. Les populations étaient satisfaites de ces échanges avec moi. Juste après, comme je le fais d’habitude, j’ai fait des dons aux populations. Chaque fois quand je viens ici à Bourem, je m’arrange à avoir quelque chose pour elles. C’est vrai que je ne peux pas remplacer l’Etat qui fait de son mieux, mais j’apporte ma modeste contribution. Vous savez qu’il y a beaucoup de choses qui sont prévues pour le Nord, notamment la route Gao-Bourem et par rapport au développement. Mais, avec l’insécurité, on ne parvient pas à réaliser cela. Je sais que vous suivez l’actualité comme moi, il y a eu deux ambulances qui ont été enlevées. Vous conviendrez alors avec moi que ce genre de comportement n’encourage pas l’Etat à investir au Nord en général et à Bourem en particulier. Mais, malgré tout, l’Etat a mis à la disposition du cercle de Bourem une ambulance qui est déjà arrivée à Gao. Je me suis entretenu avec certains partenaires du ministère de la Santé pour avoir au moins deux ambulances afin d’aider les autres communes, en attendant le retour de la sécurité.

 

Vous parlez de paix, de sécurité et de développement. L’Assemblée nationale vient d’adopter une loi pour permettre à ceux qui ont pillé et saccagé Bourem d’être dans les organes transitoires. Est-ce que cette loi vous arrange ?

Je ne suis pas à Bamako, je n’ai pas discuté de cette loi avec mes collègues. Mais j’étais en contact avec eux jusqu’au moment où ils sont rentrés dans la salle. Mais, par la suite, il n’y avait pas de réseau. Vous l’avez constaté vous-même, car vous avez eu des problèmes à me joindre. Je ne sais pas exactement les amendements qu’ils ont pu faire, mais d’après mes informations, ce ne sont pas toutes les circonscriptions qui seront concernées par cette nouvelle loi. Il y aura ces Autorités intérimaires dans les circonscriptions où ça ne marche pas, dans les circonscriptions où l’administration n’existe pratiquement pas. Mais, apparemment, là où ça marche, on n’a dit qu’on ne peut pas faire ce changement. Je suis très loin des discussions et débats sur la loi ; elle a été adoptée en mon absence. Donc, je ne préfère pas faire trop de commentaires. Il faut que je voie ce qu’il y a eu comme amendements dans cette loi, avant de me prononcer. Mais d’après les informations que j’ai eues, ce n’est pas systématique que les Autorités intérimaires vont  remplacer les maires sur toute l’étendue du territoire national.

 

Vous continuez avec vos missions au Nord du Mali, notamment à Bourem, alors qu’il y a des terroristes partout. Quel est votre secret ?

Je n’ai pas de secret. Mon secret c’est le Mali, c’est l’amour pour ma Patrie. Vous savez, ma maman était une grande femme politique. Elle a été la présidente des femmes de Bourem jusqu’à sa mort. Et depuis que je suis née, je suis dans la politique. Ce qu’elle m’a appris, c’est qu’il faut ne pas avoir peur. Je crois que c’est ce qui me motive à me dire que je ne dois pas toujours demander ce que mon pays fait pour moi, mais chercher à faire quelque chose pour mon pays. Moi, j’ai été menacée ; je suis encore menacée.  Tout le monde le sait. Ce n’est pas un secret. Mais, ce qui est sûr, je me dis que si c’est moi qui dois mourir pour que le Mali soit libéré, je suis prête. Cela doit être le souhait de tous les fils de ce pays. Donc, je vais continuer à me battre.

 

Un mot pour clore cet entretien.

Tout ce que j’ai eu à faire comme activités, je le mets au compte des activités de mon parti Um-Rda. Donc, j’étais en réunion avec nos alliés, les autres partis politiques et au moment même de la restitution, j’ai eu un message ; et ce message, il est valable pour Bourem, pour tout le nord et il est valable pour tout le Mali. Le message, c’est de dire qu’il faut qu’on continue à nous battre et à faire des bénédictions pour le pays. Il faut qu’on soit soudé autour de l’essentiel : le Mali, parce que tout ce qu’on est en train de faire, s’il n’y a pas le Mali, ça ne servira à rein. Certains veulent être ministres, d’autres députés comme moi, maires, directeurs… mais tout cela se fait dans un Etat. S’il n’y a pas un Etat, rien de tout cela ne sera possible. Qu’on se donne la main pour la cohésion sociale, la paix et l’entente. Battons-nous pour notre pays, pour que le Mali puisse être le Mali qu’ont connu nos ancêtres.

Kassim TRAORE

 

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