Mamadou Tangara, maire de la commune urbaine de Sikasso : « Je viens de réaliser un rêve de 15 ans »

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Apres avoir initié et obtenu la rénovation du Mamelon de Sikasso, un site historique, vous venez de réceptionner cette grande partie de l’histoire  du Kénédougou, quels sont vos sentiments ?

MT : Je viens  de réaliser un rêve de 15 ans, il faut le dire ainsi. Depuis la CAN 2002, mon souhait, c’était de ne pas voir ce patrimoine historique dans une situation dégradante. J’avais envisagé, avec le conseil municipal, d’aller vers une réhabilitation de ce patrimoine cher au peuple du Kénédougou ; il fait partie des sites les plus historiques du Kénédougou avec le Tata. Cet ouvrage laissait à désirer, c’est pourquoi j’ai initié et soumis au conseil communal le projet de sa réhabilitation. Je n’avais pas pu atteindre mon objectif et c’est rester tel. L’année dernière, j’ai continué à espérer et c’est chose faite. Je crois que le Mamelon vient de recevoir une partie de sa réhabilitation.

Monsieur le maire, les informations nous parviennent comme quoi il y aura une seconde phase ; comment  cette phase se déroulera-t-elle ?

MT : Dans le même programme, nous avons initié des travaux complémentaires qui correspondent à une seconde phase, cette deuxième partie consistera à faire des monuments. Deux monuments que nous allons identifier de part et d’autre du côté Est et du côté Ouest. Au regard de cela, ces deux monuments vont traduire l’histoire  de Sikasso. De plus, nous allons couvrir la tribune qui n’a pas pu être faite et nous allons faire des travaux d’assainissement vers le Centre féminin pour rendre encore plus viable le Mamelon. Ainsi le mur historique va recevoir la vraie histoire de Sikasso dans sa transcription et tous ceux qui ont été des figures emblématique dans l’histoire  de Sikasso y seront, ce sera le mur historique de Sikasso. Au regard de cela,  il ya d’autres travaux complémentaires avec la voie roulante jusqu’au sommet du Mamelon qui va être refaite avec des garde-fou. Une galerie sera faite en bas et avec des latrines avec des châteaux d’eau pour alimenter en eau, ensuite l’électrification sera de mise. Des lampadaires seront partout sur le Mamelon et dans toutes ces composantes. Cette seconde phase consistera à tout cela, un mur d’enceinte sera fait pour davantage sécuriser et pour permettre qu’il n’y ait pas de dégradation sur ces ouvrages.  Il y aura un jardin dans la galerie qui sera en bas du côté de la mairie, cet endroit va recevoir un jardin où il sera bon pour se relaxer. Après nous allons faire un vestibule du côté du tribunal. Le Mamelon retrace l’histoire  de Sikasso et démontre le pouvoir dans la position du Mamelon qui se trouve au centre entouré tout autour des endroits stratégiques est le centre du pouvoir. Vous avez une tribune à côté, une banque, le premier service agricole, l’école  et la mairie. Cela montre le Mamelon est au centre du pouvoir, aujourd’hui refaire ce Mamelon est synonyme de retrouvailles avec l’histoire  de notre ville.

Nous savons que Sikasso est une ville pluviométrique et cela nécessite des caniveaux, pour cela vous avez commencé des travaux sur 17 kilomètres dans la ville avec les partenaires de la mairie, est ce que vous pouvez nous en dire plus ?

MT : Nous avons plutôt 22 kilomètres de caniveaux à faire dans les points stratégiques de la ville pour permettre l’écoulement des eaux pluviales, Sikasso est une ville pluviométrique et nous avons des agressions terribles sur les voies publiques. Aujourd’hui il nous faut des caniveaux. C’était des projets, mais aujourd’hui, ils sont là. Avec des partenaires acquis au développement de la ville de Sikasso, nous avons eu des appuis pour pouvoir le faire, le choix est porté sur des quartiers Wayerma I et II, le quartier Médine et Hamdallaye ; les autres quartiers suivront dans le programme de 2017. D’autres quartiers aussi seront concernés pour des caniveaux. Avec nos partenaires, nous ne ménagerons aucun effort pour signaler nos besoins dans un plan triennal d’investissements où nous avons exprimé tous nos besoins et qui sont d’une importance capitale. Nous avons discuté avec des populations à la base ; le choix a été fait et nous avons validé ce programme qui va être effectif. Ce qui est évident c’est que tout ce que nous venons d’engranger avec nos partenaires sont des vœux des populations. Rassurez -vous, Sikasso est en chantier et continuera en chantier inch’Allah.

Après la donation de la fondation Agir de la Première Dame, nous avons vu aussi deux autres bennes de la Coopération Technique Belge, est ce que vous pouvez nous parler un peu de ces dons ?

MT : Nous avons bénéficié de ces deux engins de la coopération belge, il ne faut pas s’amuser : Sikasso est aujourd’hui une ville à la pointe de l’assainissement, à la pointe grâce au programme CTB  qui nous a épaulé. Grâce aussi au gouvernement malien qui a bien voulu  nous accompagner dans notre sollicitation pour que Sikasso obtienne la première décharge finale de l’Afrique de l’ouest. Une décharge finale contrôlée et qui n’a pas de pareil dans toute l’Afrique de l’ouest. Elle est d’une importance capitale et il faut l’exploiter avec le concours de la coopération belge. Nous sommes en phase d’être utile avec ce volet humanitaire car l’on ne peut être à l’aise sans un cadre assaini et dans ce cadre, nous devons lutter pour l’environnement.

Apres la CTB, est-ce que vous travaillez avec des partenaires qui vous ont aidé au niveau de la mairie ?

MT : Après la Coopération Technique Belge, après la Banque Mondiale et la Coopération Suisse, je pense que la mairie est en phase de pouvoir être utile à la ville de Sikasso, je parle des associations de ressortissants de la ville de Sikasso installés en France. Une association avec laquelle j’ai pris contact cette fois ci et je vais passer le message. Sikasso étant la capitale de la région, elle va être peut être la plaque tournante de cette coopération et qui permettra d’atteindre les autres cercles de la région. Ce faisant, je porterai le message, nous sommes dans une coopération et d’amitié de plus de 34 ans avec la ville de Brive de la Gaillairde en France qui sont en train de faire de belles choses en matière de santé, de micro-finance. Nous pensons qu’il ya rien dire dans cette amitié fait des progrès dans la diversité. Nous sommes en train d’avoir d’autres amitiés à côté de celle de Brive la Gaillarde.

Quel appel avez-vous à l’endroit de la population de Sikasso pour prendre soin de toutes ces réalisations que vous venez de citer ?

MT : Avoir des ouvrages est certes bon, mais encore faudra t-il les entretenir et il faut que nous prenons le fait de les entretenir comme priorité. Il faut que nous soyons de véritables planificateurs pour pouvoir convenablement  entretenir ces différents ouvrages. Il ne s’agit pas de les avoir partout, mais il s’agit de les entretenir.  Il faut que les populations soient conscientes de leur utilité et prendre soin de ces ouvrages. Pour pouvoir les entretenir, il faut que les gens payent leurs taxes, l’argent ne va nullement venir d’ailleurs. Pour pourvoir les réaliser, on peut le faire avec des appuis, mais il revient à la commune de Sikasso de les entretenir, à la commune toute entière, avec son dynamisme de pouvoir réellement prendre en compte l’entretien des ouvrages. J’ai un volet que je n’ai pas abordé, cela c’est l’éclairage public et les feux de signalisation que nous avons pu réaliser pour pouvoir mettre fin à cette insécurité grandissante à Sikasso. Nous devront trouver la formule pour entretenir cela. Ce que je ne dois pas aussi occulter, c’est la performance des agents de la collectivité qui ont pu obtenir assez de formation pour être à hauteur de gestion.  Aujourd’hui, les choses ont avancé, Sikasso est à la pointe de la modernisation dans l’exécution des tâches dévolues aux différents agents, maintenant nous avons aussi le sens de donner assez d’espace aux différents agents pour pouvoir mieux faire leur travail. Le problème d’espace se pose maintenant et nous allons agrandir l’espace d’exécution des tâches de différentes communes et c’est ce qui va nous amener à faire la création d’un hôtel de ville annexe. Ce sera dans une autre localité qui sera complémentaire à la mairie centrale, ce qui nous permettra d’avoir des agents des différentes sections et ces différentes sections se trouvent dans des bureaux très exigus. Il faut éclater ; dans une municipalité qui travaille, les différentes fonctions sont considérées comme des ministères qui doivent travailler ave différents agents et les sous-agents qui vont travailler correctement pour le développement de la commune.

Par Drissa Ouattara

Source : L’inntelligent

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