Me Harouna Toureh à Kidal : «Il n’y a pas d’issue sans la CMA»

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Me Harouna Toureh à Kidal : «Il n’y a pas d’issue sans la CMA»

Le responsable de la Plateforme, Me Harouna Toureh, s’est rendu mardi à Kidal. Dans l’entretien qu’il a accordé, à son arrivée, à un responsable de la communication de la Cma sur place, il revient sur les raisons de son déplacement ; explique être venu à la suite de la décision de la Cma de boycotter le Comité de suivi de l’accord. Aussi, dit-il être venu pour demander à ses «frères» de Kidal, les garanties dont ils ont besoin pour leur retour dans le processus. Il avoue, même, partager, en grande partie, les raisons du départ de la Coordination du Comité de suivi de l’accord, et nie tout soutien de la Plateforme au gouvernement.  

Question : Nous recevons aujourd’hui un invité de marque. Il s’agit de Me Harouna Toureh, le responsable de la Plateforme. Me Harouna Toureh, comment allez-vous ?

Me Harouna Toureh : Je vais très bien, merci.

Question : Quelle signification donnez-vous à votre visite à Kidal ?

Me Harouna Toureh : C’est une visite historique en ce sens qu’elle est d’une très grande importance pour les idées que nous partageons avec la CMA, des idées qui sont portées sur la paix, sur la sécurité et sur le développement, sur le rapprochement entre les communautés, la fraternité entre toutes les communautés vivant au Nord du Mali avec celles, également, du sud, de l’est et du centre. C’est pour cela que nous sommes venus. Nous sommes venus, parce que, également, nos frères ont pris une décision lourde de conséquence sur le processus au niveau du CSA, en rompant, pour des raisons qui leur sont propres, et que nous partageons, en grande partie, de suspendre leur participation au CSA. Nous avons expliqué au dernier CSA qu’aucune résolution ne peut être prise valablement, aucune décision ne peut être valablement exécutée si la CMA n’est pas présente dans le processus au niveau du CSA. Je peux assurer que ce que j’ai dit a eu beaucoup d’échos. D’abord, parce que j’en ai fait une question préjudicielle. La question préjudicielle, ça veut dire, c’est la question préalable. Autrement dit, si ce problème n’est pas résolu, il n’y a pas d’issue.

J’ai dit si la CMA n’est pas présente au niveau du CSA, et dans les autres organes du CSA, il n’y a pas d’issue possible. Il n’y a pas de poursuite possible du processus ou de réussite du processus. Donc, il faut aller les chercher. Alors, donc je me suis donné en devoir, en tant que frère, de venir parler à nos frères de la CMA ici à Kidal pour qu’à travers les échanges, nous puissions savoir quelles sont les conditions de leur retour, quelles sont les garanties intellectuelles, morales, politiques dont ils ont besoin pour pouvoir revenir dans le processus.

 Question : Nous populations de l’Azawad, à Kidal ici, nous trouvons que la Plateforme aide beaucoup le gouvernement malien et nous constatons que depuis la signature de l’accord, nous n’avons rien vu par rapport à cet accord tandis que le gouvernement, appuyé par la Plateforme, clame, partout, la mise en œuvre effective de l’Accord.

Me Harouna Toureh : D’abord, la Plateforme n’appuie pas le gouvernement sur le plan politique. Par rapport à l’accord, vos représentants, qui sont à Bamako, en discutent sérieusement. Ils en connaissent toutes les dispositions et ils ne font de cadeau à personne ; que ce soit nous, la Plateforme, ou le gouvernement, ou même la médiation. Vos représentants, ils sont très courageux et ils maîtrisent parfaitement leur métier de défendre l’Accord. Mais, parfois, il arrive que, dans les discussions, au sein de la Plateforme ou la CMA, que les opinions ne soient pas les mêmes. Cela arrive et ne veut nullement dire un soutien à une personne ou à un groupe. Nous visons tous la réussite du processus par la mise en œuvre de l’Accord. Voilà ce que nous recherchons.

 Correspondance particulière

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