Mme Maiga Marietou Diakité, dite Tatou, présidente de l’alliance des couturiers et créateurs de mode au Mali (ACCM) : “Notre ambition est d’institutionnaliser Bamako Fashion Week. Nous sommes déjà dans les préparatifs de la 2ème édition”

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Après le succès de la première édition en 2015 et malgré les difficultés rencontrées, l’Alliance des couturiers et créateurs de mode au Mali (Accm) présidée par Mme Maïga Mariétou Diakité dite Tatou ambitionne d’institutionnaliser cet événement. Déjà, les préparatifs de la deuxième édition vont bon train et la présidente de l’Accm appelle les différents partenaires et les autorités maliennes à soutenir cette manifestation qui met en valeur la mode malienne.

Aujourd’hui : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Mariétou Diakité : Je me nomme Mme Maïga Mariétou Diakité. On m’appelle aussi Tatou. Je suis la promotrice du Groupe Evidence Couture, qui est constitué de trois structures. Il s’agit de l’atelier de confection, l’espace d’exposition et le centre de formation. Il faut préciser que nous venons d’ouvrir un deuxième centre de formation à Kati. Il vient s’ajouter à celui d’Hamdallaye. Je suis aussi la présidente de l’Alliance des couturiers et créateurs de mode du Mali (Accm).  Tout récemment aussi, nous avons tenu une assemblée générale constitutive pour mettre en place le Groupement professionnel des opérateurs du secteur de la mode que je préside aussi.

Mais pourquoi ces centres de formation?

Il faut reconnaitre que j’ai commencé très tôt la couture. Depuis que j’étais à l’école. Cela me fait aujourd’hui 26 ans de carrière. Durant tout ce temps, j’ai vécu beaucoup d’expériences. C’est vrai que dans chaque métier, il y a des difficultés puisqu’on ne peut pas parler de réussite sans difficulté. Mais les difficultés que j’ai affrontées pendant mon parcours m’ont poussée à la création d’une école de formation. Après cette école, j’ai constaté que nous avons toujours de lacunes dans le domaine de la culture. Pendant 26 ans, j’ai été confrontée à toute sorte de problèmes par rapport à la main d’œuvre. En d’autres termes, nous avons des employés qui viennent d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Guinée, le Togo, le Ghana, le Burkina… Actuellement, j’ai au moins six nationalités qui travaillent avec moi. La majorité vient du Sénégal.  Malheureusement, c’est au moment où vous avez vraiment besoin d’eux qu’ils vous lâchent.

Le centre de formation est la suite logique de ce que j’ai toujours fait, c’est-à-dire la couture. Et j me suis dit pourquoi ne pas aller vers la formation parce que c’est la première de nos difficultés en ce moment ? Voilà comment j’ai décidé de créer mon école. J’ai pensé à aller vers l’informatique parce qu’il y a beaucoup de machines plus performantes et numériques. Nous avons ajouté plein de matières, en plus de la couture. Dieu merci, je peux dire que ça commence à aller. Les jeunes commencent à s’adapter. Nous avons dans nos effectifs des jeunes qui ont quitté l’Université. Pour ne pas aller remplir les rangs des chômeurs, ils sont venus à mon école pour apprendre la culture. Je trouve que c’est une très bonne chose. Mais, avant toute chose, je pense qu’il faut d’abord aimer le métier. Il faut avoir la passion du métier.

Je me focalise beaucoup sur la créativité et la finition. Notre formation est basée sur ces deux volets, qui restent essentiels pour ce métier. Et c’est surtout ce qu’il nous manque le plus. Je me suis dit qu’en formant 100 jeunes, c’est de la main d’œuvre pour moi et pour mes autres confrères du domaine. La première promotion sortira bientôt, après trois ans de formation. Ils sont au nombre de 52 élèves. En plus des écoles, j’ai aussi des boutiques pour vendre mes articles dans plusieurs pays.

Comment est venue l’idée de la création de l’Alliance des couturiers et créateurs de mode ?

La création de cette association est venue lorsque j’ai créé mon école. Il s’agit de mieux structurer le secteur de la couture et de la mode dans notre pays. Notre but est de défendre nos intérêts auprès des autorités. Il faut reconnaitre aussi que nous sommes confrontés à un problème de fiscalité en subissant certaines taxes.

C’est le 14 janvier 2014 que nous avons procédé au lancement de l’Alliance dans un hôtel de la place. Notre ambition était aussi d’organiser des événements afin de créer des compétitions entre nous. Auparavant, il n’y avait pas d’événements de mode au Mali. En tout cas, pas de façon professionnelle. Aujourd’hui, je suis vraiment fière de l’initiative parce que nous avons pu organiser Bamako Fashion Week en 2015. Nous avons été soutenus, mais c’est vrai que nous avons rencontré pas mal de difficultés. Les gens ont peur de s’engager pour une première édition. Nous avons fait venir une vingtaine de créateurs étrangers à Bamako, avec aussi la presse étrangère. Nous étions douze créateurs maliens. Il y avait des mannequins professionnels venus de différents pays. L’Extérieur nous a beaucoup plus soutenus dans ce projet. Nous avons des amis qui sont venus du Gabon, de la Côte d’Ivoire, du Sénégal pour nous soutenir. C’était une belle expérience. Nous sommes en train de préparer la deuxième édition cette année.

La première édition de Bamako Fashion Week vous a coûté combien ?

Cette première édition s’est déroulée dans une situation très compliquée. Mais, le budget était estimé à 55 millions de FCFA. Nous sommes battus pour le faire avec les moyens de bord. Cette première édition égalait la 5ème ou 6ème édition de certains événements. Nous estimons qu’il faut des événements de ce genre au Mali pour qu’on soit plus compétitif. Ce qui nous amènera vers plus de créativité.

Avez-vous bénéficié de l’appui du gouvernement malien ?    

Non. Pas vraiment. C’était assez timide. Je pense que cela se comprends parce que c’était une première édition. Ce n’était pas évident. Il fallait se battre, montrer ses preuves d’abord pour que les gens aient confiance. Mais après la réussite affichée par la première édition, je souhaiterais que le gouvernement s’implique davantage dans la deuxième déjà en préparation.

D’après nos informations, vous avez été trahis par certains ministres de la République ?

C’est vrai. Nous avons été trahis par certains ministres alors que nous nous étions engagés sur plusieurs terrains, notamment l’arrivée des étrangers et la prise en charge au niveau des hôtels de la place. C’était donc compliqué pour nous. A la dernière minute, nous avons eu une volte-face que nous n’avons pas comprise de la part d’un Ministre. Malgré tout, nous sommes battus. Je profite de l’occasion pour dire merci à ma collègue Mariah Bocoum, notre secrétaire générale. Je remercie aussi la Première Dame, Mme Kéïta Aminata Maïga pour son soutien. Je suis sûre que cette deuxième édition aura plus de partenaires.

Quelles sont vos ambitions ? 

Notre ambition primordiale est de pouvoir institutionnaliser Bamako Fashion Week. Il s’agira de pérenniser cet événement au Mali. Déjà, nous sommes dans les préparatifs pour l’édition 2016.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés au niveau de l’Alliance ?  

Nous sommes confrontés à beaucoup de difficultés. A commencer par les taxes, notamment les patentes au niveau des impôts. Après, c’est la mairie qui vient nous fatiguer pour des histoires de paiement de plaques. Ce qui tue à petit feu les petits ateliers qui n’ont pas de moyens. Il y a aussi les difficultés de la main d’œuvre. Je pense que l’Etat doit faire face à  la formation dans le secteur de la mode. C’est très important pour nous.

Réalisé par A.B.HAIDARA

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2 COMMENTAIRES

  1. Bon vent à toi madame;courage et bonne chance.Le combat est difficile et long alors il faut vous battre ca ira comme feu CHRIST SEYDOU qui a donne vie à notre Bogolan national

  2. Bon vent à toi madame;courage et bonne chance.Le combat est difficile et long alors il faut vous battre ca ira comme feu CHRIST SEYDOU qui a donne vie à notre Bogolan national

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