Mohamed Dounda Haïdara membre de Songhoi Ganda Borey International à la CEN : «Le problème n’est pas lié au nom Azawad ; mais le contenu qu’on y met et le comportement des gens…»

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En marge de la Conférence d’Entente Nationale, nous avons rencontré celui qui a conduit la délégation de la diaspora de Gao vivant au Ghana. Secrétaire général adjoint de Songhoï Ganda Borey, Mohamed Lamine Dounda Haïdara se plaint du retard que le pays accuse souvent sur certaines questions liées à la crise du nord.

Peux-tu nous dire en quelques mots comment la diaspora est organisée?

Hier, quand on m’a donné l’occasion de parler je l’ai dit. J’ai dis que nous, au niveau de la diaspora, on voit différemment ; Parce que nous voyons les choses de loin. C’est comme si nous sommes sur une montagne et les autres, en bas, dans la vallée. Donc on voit différent. Il y a des choses que nous voyons de loin, que nous signalons ; on regarde dans la mêlée et nous voyons des choses que les autres ne voient pas. Parce qu’ils sont dedans. C’est pourquoi nos comportements et nos actions sont différents. Bien qu’on soit de la diaspora, la manière avec laquelle l’information est gérée par les médias internationaux et mêmes les médias nationaux, nous fait dire que l’information n’est pas à jour. Nous, de l’extérieur, nous sommes plus à jour. On entend des choses à la minute près et notre sentiment c’est que certaines informations sont censurées, elles ne se disent pas sur les médias nationaux et internationaux. Nous pensons, dès lors, que l’information est biaisée.

Que pensez-vous de la Conférence d’Entente nationale ?

C’est une bonne chose seulement nous avons constaté qu’elle a été faite dans la précipitation. Il y a des acteurs principaux qui ne sont pas. C’est le cas par exemple des partis politiques de l’opposition. On ne les a pas vus ; ils ont boycotté. C’est le cas de la CMA. Pour nous, ce sont des gens qu’on vient couronner ; mais, eux-mêmes, se sont fait prier. Or, pour nous, c’est leur couronnement. Ce matin, j’ai appris qu’au dernier moment on a envoyé à Kidal une délégation pour une concertation qui n’avait pas été faite. Nous, nous ne comprenons pas ; c’est bien, mais c’est mal organisé.

Selon vous l’entente, c’est entre qui et qui ?

C’est l’Etat avec tout le monde. Parce que l’Etat est à genou. Il n’arrive pas à faire le contrat social ; c’est pourquoi on est arrivé à ce stade. Maintenant on nous dit de venir nous entendre. Le mot principal, en réalité il ne faut pas qu’on se leurre, ça tourne autour de l’entité Azawad. Mais, je suis au niveau de la commission Unité, on nous a dit de dire nos frustrations dans la république, dans la Nation, depuis 1960 et de proposer des solutions.

Pour une vraie réconciliation qu’est ce que vous proposez ?

Je rejoins le Prof Ali Nouhoum Diallo. Il était dans notre commission ; c’est comme s’il a dit ce que j’avais en tête. Il faut que les gens se respectent. Dans ce pays, dans cette nation Mali, tous les groupes ont régné : les Songhoi, les Toucouleurs,  les arabes, les touaregs. Le prof dit que si on a un nom Azawad quelque part, au Mali, c’est parce que ça existe ; mais le problème c’est cette élasticité ; vouloir étendre ce nom là où ça ne doit pas partir ; On ne leur refuse pas leur existence ; Mais il ne faut pas l’étendre là où ça ne doit pas aller.

La question de l’Azawad, faut-il en avoir peur ?

Le problème n’est même pas avec le nom, mais le contenu et le comportement des gens. Ce que nous avons observé depuis 2012 à maintenant. C’est le contenu qui est le problème ; sans quoi nous sommes tous d’accord que le nord a été négligé. Mais leur manière de faire, fait que nous doutons de leur bonne foi. La souffrance dont ils parlent, c’est nous tous qui l’avons subie ; il ne faut pas donner l’impression que c’est un groupe seul qui a souffert. Tout le monde a souffert. Qu’on se respecte. Le problème c’est le contenu. Parce que s’ils ont la bonne foi, ils auraient dû aussi, par exemple, demander comment on crée des régions là où ils n’y a même pas de populations. Savez-vous que la population du cercle de Bamba seul dépasse largement les populations de Kidal, Taoudeni, de Ménaka  réunies. S’ils sont de bonne foi, pourquoi ils ne demandent pas que Bamba, Bourem et Ansongo soient aussi érigés en régions. Donc les dits et les faits ne concordent pas.

Un dernier mot à ajouter ?

J’en appelle à la cohésion sociale ; J’en appelle aussi aux cadres sédentaires, qui sont derrière le mur, ils ne veulent pas venir dans mêlée pour aider. Ils sont trop derrière, il faut qu’ils se réveillent. Nous, nous pensons que nous ne serions pas arrivés là si nos cadres sonrais avaient pris leurs responsabilités.

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1 commentaire

  1. Très bonne intervention M. Haidara. Tout est dans le contenu dans cette Histoire et la propension à l’etendre a des zones qui n’en ont cure!

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