Nouhoum Keïta, Secrétaire administratif du parti Sadi : «Oumar Mariko est notre candidat à la présidentielle, il se prépare activement»

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Le parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi) est très remonté contre la mesure d’interdiction de voyager en France prise contre Oumar Mariko. Pour lui, cette décision va à l’encontre de la liberté de circuler des personnes. Le secrétaire administratif de Sadi le dénonce dans cette interview qu’il nous a accordée. Il nous a révélé que son mentor est en train de préparer activement pour les élections à venir, surtout la présidentielle. Nouhoum Keïta nous parle aussi des démissions en cascade des militants Sadi dans les régions de Ségou, Kidal, Kolondiéba et Niono.

 

Nouhoum Keïta

Nouhoum Keïta

Le Reporter : Comment Sadi prépare l’élection présidentielle de juillet prochain ?

 Nouhoum Kéïta : Nous la préparons avec beaucoup de sérénité et d’engagement. Les élections sont l’expression des rapports de force entre les organisations politiques implantées sur le terrain, appuyées sur des militants de base, des élus locaux, régionaux et nationaux. Les dirigeants du parti Sadi ont le devoir de promouvoir, de défendre et de consolider nos acquis et nos positions partout dans le pays. C’est pourquoi nous nous préparons à la compétition pour défendre nos idées, nos convictions, jauger et tester notre capacité d’action dans un contexte politique extrêmement difficile pour notre pays, mais aussi pour tous ceux qui luttent pour préserver et défendre ses intérêts. Cependant, comme vous le constatez, les autorités continuent toujours à entretenir le flou sur cette élection présidentielle du 7 juillet prochain. Il n’y a pas encore un chronogramme précis ; les conditions de sécurité ne sont pas totalement réunies dans les régions nord de notre pays ; la question des déplacés et des réfugiés concernant leur participation au vote n’est pas réglée ; le retour de l’administration (même si on note une évolution notable) n’est pas totalement effectif.  Kidal reste une zone d’ombre qui n’est pas encore éclaircie pour les Maliens. Le choix du fichier biométrique implique des innovations techniques qu’il faut introduire dans la loi électorale. Là-dessus, il y a eu des échanges très importants entre les partis politiques et le ministère de l’Administration Territoriale. Il y a aussi la question de la Ceni qui doit être réglée de façon démocratique par la transition. Et le parti Sadi attend une réponse claire et sans ambigüité du ministre de l’Administration Territoriale, à qui nous avons adressé une correspondance.

 

Vous irez à la présidentielle avec Oumar Mariko ou avec un autre candidat ?

Oumar Mariko est notre candidat à cette élection présidentielle. C’est un choix démocratique qui a été fait par nos instances qui se sont réunies statutairement et selon des critères précis pour le designer, afin de défendre notre vision et de solliciter la confiance de notre peuple. Nous sommes convaincus qu’il possède toutes les qualités pour défendre nos convictions et qu’il peut gagner cette élection, car le parti Sadi se distingue nettement des autres partis par son projet de société progressiste, démocratique, populaire et un programme juste (qui correspond aux besoins et aux aspirations du plus grand nombre), efficace pour résoudre les problèmes des populations et du pays en tant qu’entité territoriale, historique et humaine (la Nation), afin de traduire ce projet dans la réalité. Car, c’est la raison d’existence d’un parti politique : changer les conditions de vie en les améliorant et ouvrir un avenir réellement prometteur en créant les bases dès maintenant.

 

Vous avez reçu un coup dur  avec le départ de vos camarades à Ségou, San, Kolondiéba, Niono et même Kidal. Parmi eux, il y a deux députés, n’est-ce pas ?

Je pense que parler de coup dur me paraît excessif. Surtout, cette appréciation ne reflète pas du tout la situation sur le terrain. Ni à Ségou, ni à San, ni à Kolondiéba, ni à Niono ou même à Kidal. Bien au contraire, nous avons par la même occasion, enregistré beaucoup d’adhésions nouvelles. Il est clair que nous avons regretté le départ de nos camarades. Nous nous efforçons toujours de trouver le cadre approprié pour gérer nos contradictions. Mais, à partir du moment où ces contradictions ne sont pas le résultat d’une lutte sur des questions de principe et de ligne, des débats de fond sur notre stratégie de lutte et nos choix tactiques,  il est extrêmement difficile de les gérer. Aujourd’hui, c’est un phénomène que l’ont voit dans tous les partis politiques au Mali. À Sadi, nous travaillons à construire et à instaurer une conscience de parti pour les minimiser. Ce sera le rempart le plus sûr contre le subjectivisme, les querelles de tendance qui  nous détournent de nos objectifs.

 

Comment se fait-il que chaque fois, vous avez des députés qui ne finissent pas leur mandat ?

Il est extrêmement difficile, dans un contexte de crise morale sans précédent dans notre pays, où l’immense majorité des Maliens a été réduite à la misère et continue de vivre les pires injustices, de trouver des hommes et des femmes qui acceptent en permanence de se sacrifier au nom d’un idéal. Surtout, si ce sacrifice doit se faire au détriment de promotions personnelles et professionnelles. Il y a des pressions familiales, amicales de toutes sortes. Chacun des dirigeants du parti Sadi en a subi jusque dans sa famille. Chacun continue à les subir. Cela est une réalité. Mais, une lutte politique n’est jamais facile. Elle est extrêmement difficile et complexe. Elle engage des hommes et des femmes qui ont une conscience de classe, c’est-à-dire, qui ont une claire conscience de la réalité sociale qu’ils affrontent et qui les amène à prendre position contre cette réalité. Dans cette lutte, certains ne peuvent pas aller loin. D’autres s’arrêtent à mi-chemin et certains tombent au milieu du trajet lorsque nous prenions la décision d’accélérer le cours de la lutte. C’est la raison qui explique ces défections. Les députés auxquels vous faites allusion n’échappent pas à cette règle. C’est pourquoi à Sadi, nous allons redoubler d’efforts pour développer la formation politique et idéologique, pour renforcer la solidarité en notre sein et créer une saine émulation en vue de nous surpasser. Un parti, c’est aussi une école d’auto-éducation politique.

 

Revenons à la présidentielle de juillet prochain. Comme Oumar Mariko est le candidat de Sadi, comment il se prépare, parce qu’on voit que certains candidats sont presqu’en pré-campagne ?

Notre candidat se prépare activement. À Sadi, nous avons une ligne incontournable qui est de se positionner sur les intérêts de notre peuple et de notre pays. Ce qui fait que les citoyens maliens reprennent confiance et voient en notre candidat le meilleur choix pour le Mali. Nous nous sommes toujours investis dans le combat de terrain contre les injustices, l’oppression, l’exploitation et le pillage de nos ressources. Le peuple se reconnaît dans notre candidat, contrairement à certains qui sont totalement disqualifiés et qui privilégient l’aspect médiatique et folklorique.

 

On n’aurait appris que Oumar Mariko ne peut pas voyager en Occident (France et Usa). Est-ce vrai ?

Oui. La France et les Etats-Unis ont pris de manière arbitraire et illégale des mesures contre certains dirigeants politiques et sociaux de notre pays, qui refusent leur politique de mainmise totale sur notre économie et notre société. La liberté de circulation et la liberté d’expression figurent dans la Déclaration universelle des droits. Il n’y a pas de démocratie sans ces libertés fondamentales. Cela démontre clairement que ni la France, ni les Etats-Unis ne soutiennent réellement une perspective démocratique pour les institutions du Mali. Sinon, ils commenceraient par faciliter tout ce qui peut permettre un véritable débat démocratique et créer les conditions de la liberté d’expression. Mais d’un côté, la France et les Etats-Unis prônent et exigent le dialogue avec des groupes armés et terroristes, notamment avec le Mnla qui ont mis à mal les fondements de notre Nation. Et au même moment, ils interdisent l’expression démocratique ! Mme Aminata Dramane Traoré, une figure marquante du mouvement social malien, ne peut pas voyager dans ces pays. Tout comme notre candidat, le Dr Oumar Mariko. Pourtant d’autres candidats à cette élection présidentielle, dont la responsabilité dans le désastre qu’a connu notre pays est clairement établie, parcourent la France et y mènent campagne auprès de nos compatriotes. Les responsables du Mnla qui sont auteurs des pires crimes et exactions contre des citoyens maliens et qui ont proclamé la sécession du Mali, y sont reçus à bras ouverts. Il faut qu’on arrête de nous humilier ! On refuse aux Maliens ce qu’on accepte aux Centrafricains. C’est ça la double morale, la politique de deux poids, deux mesures ! C’est vraiment de l’hypocrisie. Mais, il ne faut pas se tromper : derrière ces mesures d’interdiction, la France et les Etats-Unis donnent un avertissement clair aux démocrates et aux militants progressistes du Mali qui s’opposent à l’arrivée future de leurs multinationales pétrolifères et gazières qui vont exploiter les ressources du Nord du Mali. Elles y préparent déjà le chaos à travers des rébellions armées et instrumentalisées, au nom d’intérêts géopolitiques et géostratégiques pour contrôler et exploiter nos ressources et sécuriser toutes les voies d’approvisionnement. C’est cela l’enjeu véritable de la guerre dans le Nord de notre pays. Après les fous de Dieu qui voulaient instaurer la charia, les Maliens vont vivre bientôt la charia des fous du dieu-argent, qui viendront festoyer sur nos dépouilles. Il faut que nous ouvrions les yeux pour éviter la catastrophe.

 

Votre mot de la fin ?

 

Notre pays traverse une grave crise politique, institutionnelle et sécuritaire. Je comprends le désintérêt actuel du citoyen pour les partis politiques, au point que certains croient qu’il faut les éliminer tous. Cela est une grave erreur. Les citoyens maliens sont désabusés et amèrement déçus des partis qui ont plongé notre pays dans le désastre. Aujourd’hui, ce qui est important de retenir, c’est le principe de la contradiction des intérêts et des luttes conflictuelles qui en résultent dans toute société composée de groupes et réseaux dont les uns dominent, exploitent et oppriment les autres par divers moyens. D’où des positionnements, des objectifs et des stratégies forcément différents et opposés des formations politiques qui représentent leurs intérêts et dans lesquels, ils sont mobilisés par rapport aux problèmes et aux enjeux. Vouloir bloquer, entraver ou dévoyer cette lutte, c’est vouloir maintenir et ou assurer le règne de ceux qui dominent, exploitent et vendent le pays. Il est symptomatique d’ailleurs que ces dirigeants, d’ordinaire «légalistes» et «pacifistes», sonnent systématiquement la contestation, la révolte et la subversion lorsqu’un régime de changement s’instaure et met en péril leurs privilèges et leur position dominante.

 

Le parti Sadi se bat pour le changement. Mais, nous sommes réalistes et conscients des possibilités extrêmement limitées de prise et de gestion du pouvoir dans les conditions nationales et internationales actuelles, sans alliance avec d’autres forces politiques saines ou compétences techniques de notre pays. C’est pourquoi nous travaillons pour la création d’un Front de gauche. Nous avons le souci de l’efficacité, du sens de responsabilité face aux menaces qui planent sur le devenir de notre pays, qui fait l’objet de convoitises en raison de sa position géostratégique privilégiée et de ses immenses richesses en minerais et en énergies fossiles.  Je vous remercie pour cette interview.

 

Réalisée par Kassim TRAORE

SOURCE:  du   7 mai 2013.    

11 Réactions à Nouhoum Keïta, Secrétaire administratif du parti Sadi : «Oumar Mariko est notre candidat à la présidentielle, il se prépare activement»

  1. Kabacha

    Le Parti SADI est aussi comptable de la gestion de ce pays à travers son ministre CHEICK OUMAR CISSOKO.

  2. yugubane

    :idea: :idea: :idea: :idea: Si vraiment Mariko est votre candidat,vous devez lui dire de changer de couturier te de barbier.Parce que cette image de proletaire austere ne se vend pas facilement au Mali. L’electeur est plus attire par celui qui a quelque chose.Meme s’il est voleur ou tyran. :idea: :idea: :idea: :idea:

  3. siby tabonka

    Chapeau Mr KEITA pour la clarté de ton inteview , comme tu le dis bcp de choses ont été faites et bcp restent à faire, ce qui est tres intéressant dans le parti Sadi c’est la croyance des militants à leur crédo et la mise en avant du faso maliba avant toute autre chose,la force du sadi et son leader charismatique c’est la foi et l’engagement patriotique , une qualité très rares de nos jours à bcp de maliens trompés et exaltés par la sirène de l’argent et du népotisme, nous sommes sûrs au parti sadi que le peuple fera un bon choix sans contrainte et sans coup férir.

    Oui pour le changement et oui pour la Justice et le Progrès ,n’en

    déplaise aux ennemis du peuple et de la nation Malienne!

    Abas les jaloux et les méchantes langues!

    Abas les aventuriers et les Gardes Chiourmes de l’impérialisme

    conquérant!

    Mort à aux partisans d’ATT, d’ALPHA , du FDR+PDS

    que triomphe la vérité et la baraka d’Allah Amen !

  4. dogon

    Le peuple Malien n’est pas dupe , mariko le saura a ces depens.
    A bon entendeur slt.

  5. sambpu

    Au moins au SADI, des politiciens sont et demeurent derrière leur conviction alors que nombre de nos politiques du front pour la destruction de la république (FDR) ne sont que des assistés alimentaires qui changent d’opinion à chaque fois que leur situation socio-économique l’exige!Oui être de l’opposition et y jouer pleinement son rôle dans la construction nationale, c’est ça aussi la démocratie. :wink:

  6. woibri kone

    Nouhoum Keïta du courage un jour les maliens donneront raison a votre parti . Les partants sont des oiseaux migrateurs . Ils vont la ou ils peuvent avoir a manger et boire , Ils n’ont pas dignité . Ce qui sont partis a URD par example si S. Cissé ne gagne pas en 2018 ils quitteront URD pour un autre parti partant favori . Du courage SADI

  7. Kaya Magan

    Pour accompagner les autres candidat, Mariko sera la bien sur. Hahahaaaa

    • siby tabonka

      KAYAJAN MAGHAN TU N4EST PAS COMPARABLE A MARIKO ZUUUT !!!

      KAYAJAN MAGHAN MARIKO TEH IFADENYE ZUUUT !!

      KAYAJAN MGHAN RIRA QUI RIRA LE DERNIER ZUUUT !!!

      KAYAJAN MAGHAN LA NUIT NE SAUTE JAMAIS UN VILLAGE PARCE QU’ELLE EST PETIITE

      KAYAJAN MAGHAN HALA ANY NYAMOGHODEN TEH KENLENYE ZUUT !!!
      KAYAJAN MAGHAN KABOU TAGNANA TAMBOUYE GUELI ALLAH GAH KE DOUNA TAGA ZUUT !!!

      KAYAJAN MAGHAN FENTIGUI ANY NZON TEH KELENYE ZUUUT !!!
      KAYA MAGHAN WALY MAGHAN NTOGOU NDO GREN TABANAH HABADAHHH ZUUT !!

      • Mande Boukari

        SIBY POURQUOI CES INSULTES? C’EST UN DEBAT DEMOCRATIQUE, LA LIBERTE D’OPINION DOIT PRIMER. DE GRACE PLUTOT LES DEBATS D’IDEES QUE DES INSULTES. MERCI MON FRERE

        • voter pour le bien du MALI.

          Mais mon frère, tu oublis qu’à SADI c’est ça la règle ? insulter les autres et insulter, insulter et toujours insulter. C’est ça leur projet de société pour les élections à venir. C’est pourquoi certains disent que le parti SADI EST UN PARTI DES « BHALAHOU ».

        • siby tamonkan

          oh lala mon frère tu as à tout à fait raison , j’ai pas écris en fait ce texto en forme de vers pour nuire ou insulter mon interlocuteur , bien au contraire c’était juste pour mettre une touche comique ! Merci bcp Manden Boukary pour cette tape amicale!