Nouhoum Sarr, Président du Front Africain pour le Développement (FAD) : « Il est temps pour le pouvoir de se départir des effets d’annonce pour élaborer une véritable politique de Défense nationale »

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Le Président du Front Africain pour le développement (FAD) , Nouhoum Sarr était sous les projecteurs dans la foulée du 22 Septembre. Très proche de Zoumana Sacko, il a bien voulu s’ouvrir à nous pour évoquer ses perspectives pour le Mali de demain.

Quel était la raison de votre meeting lors des festivités du 22 Septembre ?

 Nouhoum Sarr : C’était un meeting commémoratif où l’AFD rendait hommage aux pères de l’indépendance. Ses retrouvailles avec les militants et nos amis ont permis de faire l’état des lieux de la gouvernance. Le 22 septembre est le fruit d’énormes sacrifices consentis par des dignes fils du Mali pour la liberté, l’honneur et la dignité de notre peuple. Nous avons profité pour rendre un hommage appuyé à l’illustre disparu Amadou Djikoroni.

Comment jugez-vous la classe politique malienne?

Nouhoum Sarr : Je pense qu’aujourd’hui une bonne partie de classe politique malienne surtout celle dirigeant le pays donne l’impression d’avoir renoncé aux valeurs du 22 septembre 1960 et du 26 mars 1991, son attitude face à la crise que vit notre pays laisse croire à une démission nationale. Aujourd’hui peu de partis politiques travaillent véritablement à  rendre crédible la politique au Mali. C’est totalement inacceptable que certains hommes politiques courtisent à longueur de journée les leaders religieux. En faisant cela, ils défient la démocratie et nous les défieront aussi.

Que pensez-vous du nouveau projet de loi électorale?

Nouhoum Sarr : Notre parti a dénoncé ce projet de loi que nous jugeons anti-démocratique, car visant à assoir l’hégémonie des milieux mafieux sur le pouvoir politique du pays en mercantilisant trop le processus politique. Le montant exorbitant de la caution en ce qui concerne l’élection présidentielle est une insulte au peuple malien. C’est un message qui veut simplement dire que pour être Président, il faut être soit de la mafia ,soit un grand corrompu, car seul ces deux catégories d’individus peuvent mobiliser ces fonds.

Cette loi n’est pas acceptable et nous la combattrons.

Quel commentaire faites-vous des  attaques incessantes contre les FAMA?

Nouhoum Sarr : Je pense que les attaques récurrentes contres nos forces de défenses et de sécurité sont révélatrices d’une absence de stratégie globale de défense, le harcèlement continue de nos forces par des groupes terroristes prouve que la floraison des groupes armés que nous dénonçons tous les jours est aujourd’hui malheureusement une source d’insécurité totale, et c’est une conséquence des accords signés.

Nous estimons qu’il est temps pour le pouvoir actuel de se départir des effets d’annonce pour élaborer une véritable politique de défense nationale. Et ce  en fonction des besoins et des menaces qui pèsent sur notre nation. Une armée ce n’est pas que des blindés, des avions de chasses, des mitrailleuses ou même des missiles, c’est surtout un moral. Pour nous réarmement moral de la troupe doit précéder le réarmement technique et matériel. C’est après cela que nos forces pourront se mettre dans une posture offensive afin de neutraliser l’ennemi, car la meilleure défense c’est l’attaque.

 La célébration du 56ième anniversaire de l’indépendance de notre pays intervient au moment où le Président IBK boucle ses  3 ans à la tête du pays. Alors Quel regard portez-vous sur la gouvernance IBK ?

  Nouhoum Sarr : Le peuple vit des errements et beaucoup d’amateurisme avec un pilotage à vue sans précédent. Il y a beaucoup de slogans, sans d’actes concrets. Un pays se gère avec une vision claire et bien définie. Ce qui n’est pas le cas avec l’actuel Chef de l’Etat. La preuve palpable est l’Accord de paix qui est défaillant et dangereux pour la nation. Notre constitution est violée avec ce document qui programme la partition du Mali. Ce que notre parti condamne.

Vous êtes très proche de l’ancien Premier ministre, Zoumana Sacko. Peut-on savoir les raisons de cette proximité ?                                       

 Nouhoum Sarr : Je vous remercie, car il faut préciser que l’ancien PM n’est pas de nos rangs. C’est un aîné qui nous accompagne et nous soutient. Cela dénote qu’on peut avoir des partis différents mais une synergie d’actions communes. C’est un homme de valeur qui a fait ses preuves aux finances et à la primature. L’AFD est de son front et nous comptons cheminer ensemble pour les prochaines échéances.

Propos recueillis par Idrissa Keita et Amaye Maki

 

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