Perignama Sylla, secrétaire général du mouvement du 22 mars (MP22) : «A Kidal, les Français ont un objectif contraire aux intérêts du Mali»

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Perignama Sylla
Perignama Sylla, secrétaire général du mouvement du 22 mars (MP22)

” …Les Français ne vont jamais combattre les groupes rebelles parce que ce sont eux qui les ont créés pour les besoins de la déstabilisation du Mali…. A Aguel-Hok, Ménaka, Tessalit, d’hier à aujourd’hui, c’est l’armée malienne qui est cantonnée… Il ne faillait pas compter sur une intervention étrangère pour libérer notre pays. On nous fait peur avec cette histoire de jihadistes mais l’objectif est de nous malmener moralement et intellectuellement.» L’arrestation de Amadou Haya Sanogo a surtout été dictée depuis la France»”

 

Architecte de profession, militant du parti Bloc des Alternatives pour le Renouveau de l’Afrique (Bara), Pérignama Sylla est depuis 2012 secrétaire général du Mouvement populaire du 22 mars (MP22). Alors que l’armée subit un revers militaire à Kidal et qu’à Bamako, les autorités ont du mal à gérer les conséquences de cette situation, il nous livre la vision du groupement politique qui s’est vainement opposé au déploiement des troupes étrangères sur le sol malien.

 

«… à Aguel Hok, Ménaka, Tessalit, d’hier à aujourd’hui, c’est l’armée malienne qui est cantonnée…»

 

Afribone : Le regain de tension à Kidal laisse croire que le Mali retourne à la case départ dans la perspective de la gestion de la crise du nord. Quelle lecture faites-vous de la situation actuelle ?

Pérignama Sylla : Ce qui vient de se passer à Kidal n’est pas un retour à la case départ mais plutôt révélateur de la situation réelle dans laquelle notre pays se trouve. On ne nous dit pas toute la vérité.

Afribone : Quelle est cette vérité dissimilée, selon vous ?
Pérignama Sylla :
La réalité des choses est que ce sont les groupes armés qui font toujours la loi au nord. On ne nous dit pas, par exemple, qu’à Aguel Hok, Ménaka, Tessalit, d’hier à aujourd’hui, c’est l’armée malienne qui est cantonnée. Les éléments des forces armées maliennes ne peuvent même pas sortir de leur camp, ne serait-ce que pour aller s’approvisionner en ville. Ils sont dans des conditions extrêmement difficiles.

Afribone : Qu’est-ce qui justifie les défaites successives de l’armée face aux groupes armés du nord ?
Pérignama Sylla : Je ne parlerai pas de défaites successives. Ce sont plutôt des revers. Leurs causes sont évidentes et connues de tous : depuis plus de 20 ans, l’armée n’a pas été équipée en matériels. Ceux qui étaient là se sont dégradés jusqu’à devenir obsolètes. C’est le même scénario depuis la crise de 2012. Ni Dioncounda pendant la transition, ni IBK n’ont daigné acheter de matériels pour l’armée. Pour preuve, je vous renvoi à «Jeune Afrique» du 11 au 17 mai 2014 dans lequel Soumeylou Boubèye Maïga [le démissionnaire Ministre de la Défense, Ndlr] réaffirme que les militaires des bataillons formés par l’Union européenne disposent chacun d’un fusil. Les autres forces qui sont au nord ont un fusil pour deux hommes et celles qui sont à Bamako n’ont qu’un fusil pour trois hommes.

L’armée n’a pas de matériels de guerre. Elle ne peut donc pas gérer le conflit. Le Gouvernement compte sur la Minusma et Serval pour faire la tâche. Or, il est connu d’avance que Serval et la Minusma ne la feront jamais.

Afribone : Le MP22 a lutté un moment en faveur de la libération d’armes maliennes qui étaient bloquées dans des ports de certains pays de la Cédéao. Celles-ci sont-elles insuffisantes pour équiper l’armée ?
Pérignama Sylla : Certainement que ces armes sont insuffisantes. Ce que nous avons appris sous la transition, c’est que ces armes ne sont pas allées au nord, elles ont été acheminées pour la sécurisation de la zone de Nara et Nioro.

 

“…les Français ne vont jamais combattre les groupes rebelles parce que ce sont eux qui les ont créés pour les besoins de la déstabilisation du Mali….”

 

Afribone : Ces derniers temps, la Minusma et les forces Serval sont largement décriées par les Maliens. Une position qui rejoint la vôtre, exprimée depuis le début de la crise. Quel sentiment vous anime aujourd’hui après avoir vainement lutté contre le déploiement de ces forces internationales au Mali ?
Pérignama Sylla : Tout le monde comprend maintenant que ce que nous disions à l’époque était la vérité : il ne faillait pas compter sur une intervention étrangère pour libérer notre pays. Nous étions conscients que toute intervention étrangère tendrait à nous dicter les conditions de la libération.
Aujourd’hui, les Maliens doivent se lever comme un seul homme pour exiger le départ des troupes françaises et celles de la Minusma ; et, par la même occasion, demander le réarmement et l’équipement conséquent de nos forces armées et de sécurité pour qu’elles puissent faire face à leur mission régalienne de défense du territoire et de protection des citoyens.

Afribone : Le Ministre des Affaires Etrangères, Abdoulaye Diop, a demandé à l’Onu de reformuler la mission de la Minusma pour lui donner un mandat robuste. Voulez-vous dire que ces forces dites neutres n’ont aucune alternative pour répondre à nos attentes ?
Pérignama Sylla : Quel que soit le mandat que vous donnerez à la Minusma, il faut que notre armée soit équipée pour être capable de résister. Le chef d’Etat-major général de l’armée pendant la transition, Ibrahim Dahirou Dembélé, avait demandé que la Cédéao sécurise les villes qui seront libérées par le Mali. Cela veut dire que c’est le Mali qui devrait être aux points chauds. Même avec un mandat robuste pour la Minusma, elle ne peut qu’être aux arrières et l’armée malienne, aux avant-postes.

Concernant Serval, je suis convaincu que quel que soit le mandat des nations unies, les français ne vont jamais combattre les groupes rebelles parce que ce sont eux qui les ont créés pour les besoins de la déstabilisation du Mali. La France est membre du conseil de sécurité des nations unies. A ce titre, elle mettra son veto à toute opération de ce genre.

Afribone : On dit que la mission de Serval est la lutte contre les jihadistes. Que pensez-vous de cela ?
Pérignama Sylla : C’est une propagande mensongère qu’on nous a diffusés. Les français savent où se trouvent les jihadistes : ils sont en Libye, en Afghanistan, en Somalie. C’est là-bas qu’il faut aller les affronter ! Mais ils n’oseront pas cela.

On nous fait peur avec cette histoire de jihadistes mais l’objectif est de nous malmener moralement et intellectuellement.

Tout mouvement ou groupe armé n’est fort que s’il bénéficie du soutien d’une partie importante de la population. Au Mali, les jihadistes n’ont aucune assise populaire. Ils ne peuvent donc pas résister aux forces armées maliennes si celles-ci sont bien équipées. Ce qui équivaut à dire qu’on n’a pas besoin de la France.
S’il y a des mouvements véritablement jihadistes au Mali, ce n’est pas la France qui peut les combattre. Elle a fui l’Afghanistan pour venir faire le malin ici soi-disant qu’elle combat des jihadistes. Elle n’a qu’à aller les affronter là où ils sont !

 

«Il ne faillait pas compter sur une intervention étrangère pour libérer notre pays.»

 

Afribone : La récente défaite de l’armée à Kidal vous a donné l’occasion de réitérer votre demande de démission de Soumeylou Boubèye Maïga du Ministère de la Défense et des Anciens Combattants. Une exigence à laquelle a concédé l’intéressé dans la nuit du 27 mai. En quoi Boubèye est responsable de ce qui s’est passé à Kidal ?
Pérignama Sylla : Depuis longtemps, nous avons vent de pratiques de la gestion des forces armées par Soumeylou Boubèye Maïga. Nous pensons que c’est une politique qui ne peut nous amener que dans l’impasse.
Ensuite, quand un ministre de la défense révèle dans «Jeune Afrique», l’état réel de la situation des forces armées et de sécurité alors qu’on a un ennemi en face, nous disons que cela équivaut à vendre le pays. Nous, au Mouvement populaire du 22 mars (MP22), nous étions très proches du CNRDRE [Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat qui a fait le coup d’Etat du 22 mars 2012, Ndlr] pendant la transition mais je vous assure que ces gens n’ont jamais voulu nous dire «Voilà nos faiblesses, voilà notre force».
Le secret est la force principale des armées. Je ne peux pas comprendre, qu’étant Ministre de la Défense et des Anciens Combattants, que Soumeylou Boubèye Maïga ne comprenne pas cela. On nous dit d’avance qu’il y a deux mille hommes qui partent en renfort, quand bien même que deux semaines auparavant, on nous avait fait comprendre qu’il n’y a qu’un fusil disponible pour deux soldats au front. Ça veut dire que ces deux mille hommes ne représenteront qu’un millier en face de gens lourdement armés.

Par ailleurs, nous savons aussi que Boubèye était le cheval de Troie de la France dans le Gouvernement malien. Nous étions convaincus que tant qu’il serait dans le Gouvernement, le Mali perdait d’avance. Il dit qu’il a utilisé 69 milliards avec des sociétés françaises pour équiper l’armée malienne. Jusqu’à présent, l’armée n’a reçu aucune balle de ces sociétés. C’est d’ailleurs l’occasion de demander franchement la résiliation de ces contrats et que le gouvernement malien traite, sans intermédiaire, avec les autres Gouvernements. Avec les intermédiaires, il y a une importante déperdition d’argent qui peut servir à autre chose.

Afribone : IBK reconnait être au courant de ce marché d’armement. Cela supposerait-il que le projet ne soit pas aussi louche qu’on le pense ?
Pérignama Sylla : Absolument, le président de la République est au courant. Il dit lui-même que Kagnasy, qui selon lui, serait un expert en ingénierie financière, a négocié avec lesdites sociétés françaises. Mais croyez moi, je suis sceptique…

Afribone : Soumaïla Cissé de l’URD demande, pour sa part, la démission du Premier ministre, Moussa Mara, le tenant pour responsable de la récente tension à Kidal. Pensez-vous que le chef du gouvernement était en droit de se rendre dans cette ville le 17 mai ?
Pérignama Sylla : Je pense que le fait que Mara se soit rendu à Kidal le 17 mai 2014, est une bonne chose. Sa visite a permis aux maliens de comprendre la véritable situation de Kidal. C’est après que le Ministre de la défense est venu nous expliquer qu’il y avait en tout et pour tout 250 éléments des Forces armées et de sécurité maliennes à Kidal.

La visite de Moussa Mara a eu l’avantage d’éveiller la conscience des maliens et de leur faire comprendre que la situation ne saurait perdurer. Mais l’Etat au centre duquel il y a le Premier ministre ne peut pas dire qu’il ignorait cet état de fait !
Moussa Mara et IBK sont venus trouver une situation qui était là mais qu’ils n’ont pas osé dénoncer.

En revanche, le peuple n’était pas informé de la situation. J’ai cru comprendre que la visite du Premier ministre visait à obliger encore une fois la Minusma et Serval à changer de mandat. Mais ces derniers restent dans leurs illusions.

 

«On nous fait peur avec cette histoire de jihadistes mais l’objectif est de nous malmener moralement et intellectuellement.»

 

Afribone : Est-ce que le Gouvernement est en mesure de mettre la pression nécessaire afin de changer le statut de la Minusma ?
Pérignama Sylla : Je viens de dire justement que vouloir faire pression pour que la Minusma change de statut, c’est se faire des illusions. Les français ont un objectif contraire aux intérêts du Mali. Ils ne laisseront pas faire un mandat à la Minusma qui désobligerait ses protégés.
A supposé même qu’on fasse un mandat qui permette à la Minusma de combattre les rebelles, elle ne peut être qu’en arrière pour appuyer l’armée malienne. Ça veut dire que le gros du travail reviendra à l’armée malienne. A condition qu’elle soit bien équipée. Le gouvernement doit comprendre que la priorité des priorités est le réarmement matériel et moral de nos forces armées et de sécurité.

Afribone : En définitive, est-ce qu’il y a une solution pour venir à bout de la rébellion récurrente qui sévit au nord depuis l’indépendance ?
Pérignama Sylla : Je pense qu’il faut prendre des mesures législatives qui permettent de résoudre certains problèmes. Il faut une intégration plus poussée entre les maliens de toutes les régions afin que les uns et les autres comprennent qu’au Mali, aucune région n’est privilégiée par rapport à une autre. Je pense aussi qu’il faut mettre les forces de sécurités en état de maintenir l’ordre et la sécurité intérieure de l’Etat.

Ce qu’il faut reconnaitre, c’est que la dernière rébellion est une invention française : elle a été fabriquée de toutes pièces par les français qui ont promis à Najim [le chef d’état-major du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (Mnla), Ndlr] que s’il lâchait Kadhafi, ils allaient lui créer un Etat au nord du Mali.

Afribone : Vous parlez d’une intégration poussée, pensez-vous que le Mali n’a pas atteint un niveau acceptable de cohésion sociale ?
Pérignama Sylla : Ce qui est sûr, c’est que le Mali est l’un des rares pays en Afrique que l’on peut qualifier de nation. Ce qui veut dire qu’il y a un degré d’intégration assez poussé. Mais il ne faut pas se voiler la face : entre le nord et le sud, il y a une méconnaissance culturelle de part et d’autre.
Par exemple, pour les gens du nord, il n’y a que des bambaras au sud et pour ceux du sud, il n’y a que des sonrhaïs et des touaregs au nord. Or, les réalités sont mille fois plus complexes que cela. Il faut qu’on apprenne à se connaître davantage pour pouvoir dépasser certains préjugés.

Afribone : Et sur la situation spécifique de la crise actuelle à Kidal, quelle attitude le gouvernement devrait adopter ?
Pérignama Sylla : Le Gouvernement doit prendre les dispositions d’un dialogue mais aussi d’une mise en conditions des forces de défense et de sécurité.

Afribone : Dans les conditions actuelles, l’Etat ne va-t-il pas aller au dialogue en position de faiblesse ?
Pérignama Sylla : Justement, le Mali ne doit pas négocier en position de faiblesse. La condition des négociations est la reconnaissance de l’intégrité du territorial du Mali par tous les rebelles. Le président IBK l’avait dit, il lui faut être ferme là-dessus.
En réalité, on ne saurait négocier avec des groupes armés, le fusil sur la tempe. Il faut que les groupes armés déposent préalablement les armes.

Afribone : Vous estimez que le Mnla est une marque de fabrique française. Les négociations n’ont-elles pas pour but de concéder certaines choses à la France, telle que l’accord de défense en cours de négociation avec l’Etat malien ?
Pérignama Sylla : Il ne faut rien concéder pour faire plaisir à la France. Toute concession aux groupes rebelles doit être basée sur l’intérêt exclusif du Mali. L’accord de défense, nous sommes contre au MP22 et si ça venait à être signé, nous sommes prêt à le combattre jusqu’au bout et par tous les moyens parce que c’est un accord colonial. Cet accord va nous imposer une présence de troupes coloniales. C’est pour l’intérêt de la France au détriment de celui du Peuple Malien.

Afribone : Est-ce qu’il y a un pays où l’expérience d’une base militaire française a pu se révéler utile ?
Pérignama Sylla : Je n’en connais pas. Et puis, le problème n’est pas là ! Est-ce que c’est nous qui sommes allés demander une signature d’accord de défense à la France ? Pourquoi les français veulent avoir, coûte que coûte, une base au Mali ? Pourquoi la France quitte l’Europe pour venir implanter ses bases ici ? C’est pour leurs intérêts. Et ces intérêts ne sont pas les nôtres. L’idée est de dire que nous sommes des animaux qui sont incapables de se sécuriser et que ce sont les hommes civilisés qui vont nous dire comment il faut s’y prendre.

Afribone : Le regain de tension à Kidal s’est greffé à une bataille politique qui vous oppose au Gouvernement : l’incarcération du général Amadou Haya Sanogo. Quand est-il de ce dossier judiciaire et de la santé l’accusé ?
Pérignama Sylla : Il ne s’agit pas de Sanogo seulement mais des membres du CNRDRE et même d’autres qui n’étaient pas de cette instance. Ce sont des dizaines d’officiers supérieurs, sous-officiers et hommes de rang qui sont détenues dans les prisons au motif franchement incompréhensible. Ne serait-ce que pour la cohésion au sein des forces armées et de sécurité, la libération des Sanogo s’impose.
Les gens ne le savent peut-être pas mais c’est toute la base de l’armée qui s’est reconnue dans l’action du CNRDRE. On ne peut pas reconstruire une véritable armée au Mali en niant l’action du CNRDRE. Les Sanogo sont aujourd’hui incarcérés pour des raisons purement politiques. La disparition des vingt bérets rouges n’est qu’un prétexte. A supposer même que cette disparition soit exacte, on n’arrive même par à trouver leurs corps.

Afribone : Mais des corps ont été découverts dans des charniers !
Pérignama Sylla : Oui ! Mais on ne sait pas s’il s’agit ou pas des vingt-un bérets rouges dont on parle. On dit que les analyses d’ADN sont en cours. On ne sait donc pas encore quels sont les corps déterrés dans les charniers. Ce qui est sûr, le 30 avril 2012, il y a eu des morts et dans ces circonstances, l’armée enterre ses morts le plus souvent dans des fausses communes. Ceux qui ont été déterrés, est-ce que ce sont des mercenaires, des bérets rouges ou des bérets verts ? A présent, les autorités ne peuvent pas le dire avec certitude.

Afribone : Dans ces conditions, une procédure judiciaire n’était-elle pas nécessaire pour élucider cette situation ?
Pérignama Sylla : Nous pensons qu’une procédure judiciaire était absolument nécessaire à partir du moment où des gens arrêté ont disparu subitement. Mais de la manière dont celle-là a été engagée, nous disons qu’il s’agit d’une procédure plutôt politique que judiciaire. L’arrestation de Amadou Haya Sanogo a surtout été dictée depuis la France.

Afribone : Qu’est-ce qui vous fais dire cela ? Avez-vous des preuves ?
Pérignama Sylla : L’analyse politique de la situation donne quelques indices : c’est la veille du départ du président IBK pour la France que Sanogo a été arrêté et cela, en dehors de toute procédure légale. Dans un pays «sérieux», même si Sanogo était coupable, il aurait été relâché pour vice de procédure.

Afribone : Quand est-il de la santé de Sanogo et de ses co-accusés ?
Pérignama Sylla :
Ecoutez, les avocats qui étaient à Sélingué samedi [24 mai] nous ont dit que Sanogo a un moral de fer. Il se porte à merveille. Ce sont des ennemis de la nation souhaitant le pire pour l’homme qui prennent leurs désirs pour la réalité.

Afribone : Quel jugement portez-vous sur ces premiers mois de gestion d’Ibrahim Boubacar Keïta à la tête du Mali ?
Pérignama Sylla : Totalement décevant parce que tous les maliens s’attendaient à ce qu’une fois IBK au pouvoir que la question du nord soit réglée. Non seulement la situation n’a pas bougée d’un iota mais le gouvernement n’est pas sur la voie de son règlement. C’est franchement de plus en plus inquiétant pour l’avenir du pays.

Afribone : Après neuf mois de pouvoir, est-ce qu’il faut en conclure que le slogan «Le Mali d’abord» sonne creux ?
Pérignama Sylla : Je pense que l’urgence que le Mali a à réaliser aujourd’hui est la réunification du pays et la préservation de l’intégrité du territoire. Rien n’a été fait. «Le Mali d’abord», on attend de le voir mis en pratique.
Le Ministre Soumeylou Boubèye Maïga a démissionné. Il a été remplacé par un officier à la retraite. Cette démission est une bonne chose en soi mais je pense que le gouvernement avait demandé la démission d’un certain nombre d’officiers. Ces derniers devraient prendre exemple sur Boubèye, pour démissionner à leur tour.
Ensuite, nous attendons de voir à l’œuvre le Colonel-Major Bah N’Daw qui a été nommé à la Défense, pour le juger. Nous ne le connaissons pas du tout.

Propos recueillis par Seydou COULIBALY

Source : Afribone 02 juin 2014

Interview réalisé, le 28 Mai 2014

 

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1 commentaire

  1. Le terrain est mine par la France, notre salut viendra du tout puissant. Que Dieu nous assiste

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