Soufi Bilal Diallo à propos de la crise au nord du Mali : «On veut que les hommes politiques et les organisations internationales aient la volonté réelle de ramener la paix au Mali»

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Nous vous proposons l’interview que nous a accordée, en marge de la clôture du festival Maouloud 2012, le guide spirituel de la communauté musulmane des soufis, Bilal Diallo.

Le prétoire: Quelle leçon pouvez-vous tirer de cette 3eme édition du festival Maouloud?
Soufi Bilal Diallo : Nous avons plusieurs leçons à tirer de cette 3eme édition du festival Maouloud. Nous allons, dans les années à venir, améliorer les conditions de vie des festivaliers. Vous savez que, cette année, nous avons été surpris par des rafales de vents, il faisait froid et il pleuvait même. C’est donc dans ce cadre que nous allons améliorer les conditions des festivaliers, s’il plait au bon Dieu. Je tiens aussi, à travers votre journal, à dire merci à tous ceux qui, de près ou de loin, ont contribué à la réussite de cette 3eme édition du festival Maouloud. Je remercie aussi le parrain et la marraine, à savoir Sékou Hamallah et sa sœur Mafi Keïta. Je prie aussi le bon Dieu pour le bon retour de tous les festivaliers dans leurs localités respectives. Je n’ai pas aussi oublié la question de la licence d’une chaine de télévision pour la oumah islamique au Mali et un site officiel pour les prochaines éditions car le site mis à notre disposition  l’est  à titre provisoire.

Nous sommes à quelques mois de la tenue des élections. Quel appel avez-vous à lancer?
Soufi Bilal Diallo: Au fait, je l’avais déjà dit. Je  lance un appel  pour, d’abord, faire tout pour sauver l’honneur de ce pays, le Mali. Ce n’est pas avec les armes et en donnant la mort à des compatriotes qu’un problème sera résolu. Il est donc nécessaire que  chacun prenne conscience et essaye d’emprunter le chemin adéquat pour que nous puissions avoir une élection apaisée, dans l’unité et la cohésion. D’ailleurs, c’est la raison pour la quelle nous avons placé cette 3eme édition du festival Maouloud sous le signe de l’unité, la paix et la cohésion sociale.

Et la crise au nord de notre pays?  
Soufi Bilal Diallo: C’est vrai ! La crise au nord, c’est une réalité.  Mais vous savez, le Mali n’est pas en guerre avec un autre pays. Ceux qui ont pris aujourd’hui les armes sont nos frères et même s’ils sont animés d’une mauvaise foi, ils resteront nos frères. Donc ce n’est pas facile de gérer cette crise. Mais comme je l’avais tantôt, ce n’est pas avec les armes que nous pouvons résoudre nos problèmes. Ma position dans cette histoire, c’est d’aller au dialogue, à la table-ronde pour trouver une solution durable. Je suis aussi persuadé et convaincu  que d’autres vont parler et trouveront le contraire, en disant non, il faut mater. Je n’en disconviens pas, mais il faut savoir que le résultat final proviendrait du dialogue. J’avoue aussi que lors de notre rencontre avec le délégué de la Cedeao, notamment en ce qui concerne la branche sécuritaire, c’était dans le cadre de la recherche d’une solution idoine à cette crise du nord que connaît notre pays. Il est aussi très nécessaire de dire que, chez nous au Mali, il y a eu un brassage entre les peaux noires et blanches. Des militaires qui ont séjourné au nord se sont mariés avec des peaux blanches. Alors, il est cependant nécessaire de savoir qu’il ne serait pas bon de dramatiser les choses pour créer une autre situation qui pourra créer une discrimination raciale qui ne nous ressemble pas.  Mais il n’y a pas aussi de feu sans flamme, c’est-à-dire que derrière les apparences, il y a toujours les réalités. Techniquement, il est inadmissible et incompréhensible  que ces gens puissent, depuis la Libye, traverser avec des armes des milliers de kilomètres jusqu’au nord du Mali. Donc on veut que les hommes politiques et les organisations internationales aient la volonté réelle de ramener  la paix  au Mali, que ça soit la Cedeao ou que ça soit l’opinion internationale. Il faut qu’ils aient une volonté réelle de faire ramener la paix sans démagogie. Comment comprendre que même les proliférations des armes légères soient interdits dans notre pays et c’est toute une artillerie qui traverse le nord de notre pays. Je le répète, nous demandons alors la paix et la clé de la paix, c’est le dialogue. Je demande à tous les Maliens et Maliennes de comprendre cela. Que Dieu nous guide et nous  protège.
Seydou Oumar N’DIAYE

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