23 MAI -23 AOUT – Fagaga menace de reprendre les armes : Après la signature de l’Accord d’Alger 04 juillet et la mise en place du Comité de suivi le 11 août dernier

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La situation continue de se corser dans le septentrion malien. Alors que Bamako s’est vite dépêché à signer un accord de reddition avec les insurgés de Kidal, le pays s’éloigne chaque jour de la paix. Les militaires déserteurs ne composent même plus le même refrain que le noyau du régime chargé de gérer la crise. La guerre communicationnelle engagée pour légitimer l’Accord d’Alger résiste de moins en moins aux réalités du terrain et aux positions tranchées des deux armées : la première prétend ne pas avoir le feu vert du pouvoir politique pour assumer sa mission ; la seconde, retranchée dans les ceintures du massif de Tegargar, menace d’en découdre tant qu’il ne lui est pas cédé la mission régalienne d’assurer la sécurité de la région sous l’emblème d’un mouvement associatif illégal et clandestin. 

Conscients de leur supériorité défensive face à une armée malienne handicapée, les rebelles de Tegargar (colline se situant à une centaine de Km de Kidal) ne démordent pas contre le pouvoir central de Bamako qu’ils accusent toujours de laxisme et de lourdeur sur les engagements pris. Après la mise en place des organes de l’Alliance démocratique du 23 mai pour le changement à l’occasion d’un congrès extraordinaire, la poignée de rebelles a décidé de renouer avec la guérilla si le gouvernement n’aplanissait pas immédiatement certains préalables. En attendant, le chef d’Etat major Général de l’Alliance a donné ordre à ses hommes de rester sur leurs positions avec les armes et les munitions pour la plupart volées. Le colonel Hassan FAGAGA, déserteur du corps de la garde nationale et qui était joint par notre confrère « Nouvelle Libération » de Bamako, a indiqué qu’ils restent bel et bien sur les collines de Tegargar tant que Kidal sera «occupée » par l’armée régulière du Mali.

En quelque sorte, les mutins exigent du gouvernement malien et du commandement militaire le départ immédiat des forces loyalistes qui ne sont pas sous leurs ordres directs. Auquel cas, les mutins mettront en place et parallèlement aux troupes de l’alliance démocratique du 23 mai pour le changement, les fameuses unités spéciales de sécurité par leurs propres moyens. Mises sous pression par les insurgés, les autorités ont déjà mis en place le comité de suivi  des accords censé superviser la mise en œuvre des termes de l’accord d’Alger et le conseil régional provisoire qui sera doté par un simple acte gouvernemental de pleines pouvoirs en substitution des prérogatives de la moribonde Assemblée régionale de Kidal.  

En dehors de la structuration de l’Alliance démocrate du 23 mai pour le changement d’obédience purement armée et de ses répercussions sur  le processus gouvernemental de la paix à tout prix  et quel qu’en soit le prix, de nouveaux points sont évoquées pour exécution immédiate.  Il s’agit de la levée des barrages et blindés aux entrées et à l’intérieur de la ville de Kidal, la libération des personnes détenues, le retour progressif des troupes venues en renfort à Kidal et dans les autres villes (Ménaka, Aguel Hoc, Tessalit) et autres actes matérialisant la délocalisation des casernes comme stipulée dans l’Accord d’Alger.

Comme la plupart des Maliens, les rebelles vont jusqu’à se plaindre du battage communicationnel  sur la notion de paix contre guerre ou réciproquement en troquant le vrai débat qui reste celui du terrain. Il s’agit plus précisément d’une affaire interne à l’armée, d’une crise irrédentiste classique d’une des branches de la minorité touarègue et qui malheureusement piétine dans sa gestion définitive. Cette crise alimentée par l’instinct de domination et le goût à la discrimination régionale et ethnique devient de plus en plus complexe du fait même de l’absence de lisibilité dans les revendications perlées des Touaregs et du statu quo de la question militaire malgré toutes les concessions intégrales du président ATT sur toutes les doléances. Tels que l’Accord d’Alger et les investissements massifs au nord du Mali provoquent l’ire des ressortissants du sud.

Pour rappel, les rebelles se sont engagés à se battre pour l’application intégrale de l’Accord d’Alger, le statut particulier des régions du Nord et de Kidal, la lutte pour la protection des droits de l’homme et des minorités, la promotion et le soutien à la scolarisation, la pronation d’une politique du consensus pour préserver la cohésion sociale. Les insurgés veulent également prendre le contrôle de tous les programmes de développement, les ressources minières et les programmes de création d’emploi dans la région de Kidal.  Depuis l’insurrection du 23 mai, le gouvernement malien est la seule partie qui a fait des concessions. C’est seulement sur le bout des lèvres que les mutins ont promis de renoncer à l’autonomie de la région de Kidal. Or à la lecture des fais, c’est tout comme.  Wait and see.

Par Ibrahim SANGALA  

 

Déclaration du 21 août des insurgés

Les spécialistes des questions de propagande savent bien que l’on peut toujours gagner sur le terrain de la communication ce qu’on ne peut avoir par le biais des actions militaires
Nous pensons que le retard des autorités n’est pas fortuit, depuis le 11 Août que nos représentants sont à Kidal mais ils ne cessent de nous interpeller pour attirer notre attention sur le fait qu’aucun des préalables n’est pris en compte.

Pour les préalables il s’agit de :
– la levée des barrages et blindés aux entrées et à l’intérieur de la ville de Kidal
– la libération des personnes détenues
– le retour progressif des troupes venues en renfort à Kidal et dans les autres villes (Ménaka, Aguel Hoc, Tessalit et autres) actes matérialisant la délocalisation des casernes comme stipulée dans l’Accord d’Alger.
Donc, devant la non exécution de ces préalables 11 jours après l’installation du comité de suivi, nos envoyés se verraient obligés de quitter le siège du comité surtout quand dans leur rapport reçu ici,  ils nous soulignent le départ sur Bamako des représentants du gouvernement.
Devant une telle situation nous affichons une fois encore notre bonne volonté en attirant l’attention des plus hautes autorités et surtout la bonne foi du chef de l’Etat à diligenter la mise en œuvre des préalables soumis par le Comité de Suivi.

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