ACCORD D’ALGER ET LEGALITE REPUBLICAINE: Le régime à génoux

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Attention ! Quand on descend dans les caniveaux, on remue forcément la merde.
Les accords d’Alger signé par le régime du président ATT avec les rebelles qui ont retourné leurs armes contre leur propre pays consacrent désormais, au Mali, une ère d’impunité nouvelle pour tous ceux qui peuvent défier l’Etat et son autorité, d’une part ; et un privilège exclusif pour des citoyens de première zone, pour autant qu’ils soient bien armés, au détriment de la grande majorité des Maliens pauvres et non armés, d’autre part. Toute chose qui induit une République à deux vitesses, un Etat policier au Sud et un Etat de non Droit au Nord, l’intolérance et l’inquisition pour les uns et l’impunité et l’amnistie pour les autres.
La force de l’argumentaire ou l’argument de la force ? Le naufrage des Généraux dans leur campagne (de communication) sur l’accord d’Alger est en train d’ouvrir la boite de Pandore. Aux tentatives de justifications de la signature et de la pertinence du document qui tranchent avec la légalité républicaine et qui ont du mal a emporté l’adhésion sincère des Maliens, cèdent, de plus en plus, des invectives, des injures et des menaces à peines voilées. L’inquisition et la dérive sont en marche. Jusqu’où cela va-t-il nous mener ?
Vouloir l’application de la loi, c’est être belliciste et vouloir la guerre, du point de vue de meute d’opportunistes, zélateurs et laudateurs qui, depuis quelques semaines, usent leurs cordes vocales pour se faire remarquer du Prince du jour au moment même où la voix des généraux restent inaudibles des populations maliennes. Etre contre les accords, c’est pour eux, être contre la paix et le développement du Mali. Ne pas soutenir et ne pas faire l’avocat du diable, c’est à la limite être un traître à l’instar de ceux qui ont pris les armes contre le Mali. Dire non à l’Accord, c’est être contre les populations du Nord, soit parce qu’on aime pas les nordistes, soit parce qu’on n’y a pas de parents… et plus encore ! Quand on est contre l’accord d’Alger, on est contre le Mali. Parce que, pour eux, le Mali, c’est ATT point à la ligne. Quelle banalisation du jeu politique et institutionnel dans un pays démocratique.
Chacun est le produit de son milieu et de ses conditions socio-économiques, disent les marxistes. Mais, cela, est bien connu sur cette vieille terre du Mali bien avant Marx : l’Etre ne peut être que le fruit de sa culture, de son éducation, son " Dambé ". Et la sagesse populaire dit : hali ni te silamè yè i ka kè horon yè ! Qui a dit dans ce pays, au tout début de la crise, qu’il n’y aura pas de négociations tant que les insurgés ne déposeront pas les armes ? Qui a dit que c’est un problème militaire qu’il faut traiter militairement ? Qui a dit que trop c’était trop ? Qui a dit que le Mali a assez fait pour le Nord et particulièrement pour les touaregs ?
Bien sûr, lorsque désormais la dignité malienne se doive de se conjuguer au mode alimentaire, le politiquement correct, c’est de ne pas y répondre et de n’y voir personne et ton guerrier et va-t-en guerre. Et la désormais fierté malienne, récompensée par positions économiques, sociales, administratives et/ou pécuniaires, exige qu’on traître ceux qui ont cru en ces paroles de responsables de va-t-en guerre, d’ennemi de la paix, de politiciens mal inspirés, de citoyens manipulés et de journalistes vendus.
Pour notre part, nous restons en parfaite phase avec notre conscience et nous assumons notre ligne rédactionnelle, hier comme aujourd’hui, demain Inch’Allah ! en parfaite harmonie avec les intérêts de notre peuple et les exigences d’un Etat de Droit et de Démocratie qui ont exigé tant de sacrifices. Sans être donneur de leçons, nous n’accepterons point d’en recevoir et surtout d’avaler de balivernes de " vacanciers " et autres prébendiers du régime.
Depuis le 23 mai dernier, nous avons mouillé le maillot sur ce front, en patriotes uniquement, mus pour la défense de la patrie comme la Constitution engage chaque malien lorsque l’intégrité territoriale et l’unité nationale sont en cause ; et sans aucune impertinence bien avant les Généraux. Et c’est au nom de ce même impératif catégorique que nous dénonçons ces accords qui, de notre avis, ne riment en rien avec la souveraineté nationale, l’intégrité du territoire et l’unité nationale, donc des intérêts supérieurs du peuple éternel du Mali.
Libres aux funambules politiques de continuer leur sport favori : la duplicité et le double jeu. L’Almamy Samori, un de nos vaillants aïeuls ne disait-il pas : " quand un homme refuse, il dit NON " ? Nous disons NON au mensonge, à la dissimulation, à la tromperie et au double jeu. Nous préférons afficher clairement nos positions que soutenir le président ATT et cet accord du bout des lèvres, par des gesticulations et des actions tape-à-l’œil comme cela semble être la seule chose qui vaille dans notre pays, ces derniers temps.
Nous ne sommes ni pyromanes ni bellicistes. Jacobins modérés, mais républicains sans concessions et sans fioriture. Nous sommes de ceux qui pensent que force doit rester à la loi. Nous sommes de ceux qui croient aussi que l’autorité de l’Etat n’a de sens que si la sécurité, la tranquillité et la quiétude des populations sont sauvegardées dans la justice et dans l’équité. Or, en aucun cas, la restauration de la sécurité à l’intérieur des frontières d’un Etat ne peut être assimilée à une " guerre ", comme la litanie officielle s’évertue à faire croire. C’est cela le débat, un débat sur les principes, les valeurs et les normes de la République. Et dans ce débat, soutenir ATT sur le fondamental de l’accord d’Alger pour des préoccupations électoralistes n’à rien y voir. Tout comme le développement du Mali, des régions du Nord en particulier. Parce qu’il ne s’agit pas de cela.
Alors restons dans le cadre d’un débat démocratique d’idées et d’opinions pour le triomphe de la vérité et le renforcement de notre démocratique. Parce nul n’a le monopole de l’injure et de l’ostracisme. Prenons de la hauteur, car lorsqu’on descend dans les caniveaux, on remuera forcément la merde. Le régime du président ATT a pris ses responsabilités, il les assumera devant l’histoire. La cavalcade de soutiens, de motions, de manifestations, opportunément orchestrée, pour les besoins de la cause, n’y fera rien. La roue de l’histoire, tourne…
 

Par Sambi TOURE

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