Accords d’Alger : Une erreur de casting

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Lorsqu’une décision persiste à susciter des polémiques au sein du peuple, c’est qu’elle n’emporte pas l’adhésion de l’opinion. L’Accord d’Alger est une erreur de casting, dont le gouvernement aurait pû se passer…

A l’évidence, il ne s’agit pas de ramener la paix, encore moins d’éviter une guerre. Si l’Accord, dit d’Alger, est signé dans le seul but – à moins qu’il y en ait d’autres – de calmer ou de satisfaire les rebelles, il faut reconnaître… que la cible est ratée. En dépit des soutiens qu’il (l’Accord) a suscités, afin de prouver, le contraire. Ce que le peuple redoutait, par-dessus tout, c’était les retombées néfastes dudit Accord, à plus ou moins, brève échéance. A juste raison, car elles ne se sont pas fait attendre. Elles se sont manifestées sous la forme d’autres exigences des rebelles. Notamment, sous la forme d’un ultimatum lancé, au gouvernement, par les deux anarchistes que notre pays aient jamais connus : Hassane Fagaga et Iyad Ag Aly.

Avant même que l’Accord trouve son terrain d’application, ces deux « calamintés » menacent, déjà, de reprendre les armes. Et, comme pour marquer leur mépris à l’égard du gouvernement, ils requièrent, une fois de plus, l’arbitrage… de l’Algérie. Le plus vindicatif – et le plus dangereux – est le principal instigateur de toutes les rebellions du Nord : Iyad Ag Ghali. Qui pose, dès lors, ses conditions : que l’armée plie bagages et quitte la région de Kidal, et que leurs « frères d’armes », retenus prisonniers soient libérés ! Il ne reste plus à ce rebelle professionnel… qu’à obtenir la barbe du bon Dieu, pour être satisfait. C’est dire que la question du développement du Nord n’est plus à l’ordre du jour. Ces rebelles invétérés en ont-ils d’ailleurs fait leur souci ?… « Lorsque le peuple ne craint plus le pouvoir, c’est qu’il désire un autre pouvoir », disait le sage chinois, Lao Tseu.

Les rebelles ne craignent plus le pouvoir : ils désirent leur propre pouvoir. A quoi sert d’aider un ingrat, s’il doit finir par bouffer la main qui lui est tendue ? Développer le Nord – comme n’importe quelle autre région – est admissible. Mais ce qui ne l’est guère, c’est le développer pour calmer, tout juste, les violeurs de l’ordre établi ! En croyant guérir un mal, le gouvernement en réveille d’autres. Après le manifeste des noirs tamasheqs, des rumeurs font état du mécontentement des sénoufos de la région de Sikasso, qui réclament, à leur tour, les mêmes avantages que ceux accordés à Iyad et à sa bande. Et des arabes maliens, résidant en Guinée auraient dressé leur liste, pour réclamer leur part, sur les mille postes promis aux rebelles à la Fonction publique. A ce rythme, l’on voit mal les autres ethnies ou communautés maliennes se dresser, une à une, sur leurs ergots, pour réclamer les mêmes avantages. Tout cela par la faute d’un bout d’Accord ! Nous l’avions dit : l’accord d’Alger est une erreur de casting.

Le Viator

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