Aïcha Belco Maïga : «Il faut détruire la graine»

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C’est l’avis de la présidente du Conseil de cercle de Tessalit, qui est aussi membre du Collectif des Ressortissants du nord. Lors de la conférence de presse animée samedi dernier par le Coren, elle n’a pas caché son inquiétude quant à la gestion de la crise que connaît le Mali.  

Aïcha Belco Maïga

«J’ai des inquiétudes parce que de façon générale, on dit qu’on va libérer Gao, on va libérer Tombouctou, Kidal c’est difficile ! Mais il ne sert à rien de libérer les deux régions et laisser les autres se reposer et se préparer. Moi, je crois que si on libère Gao et Tombouctou, on doit détruire la graine. Si la graine n’est pas détruite, on va lui donner le temps de se reconstituer et de revenir plus forte. Souvenez-vous de la rébellion de 1963, elle n’était pas celle de 1990. Et celle de 1990 n’était pas comme celle de 2012. Si on ne fait pas attention, si des dispositions très sévères, très sérieuses ne sont pas prises, celle de 2020 sera plus dangereuse. La région de Kidal est partie intégrante du Coren et je pense qu’ensemble, le Coren va travailler pour que ceux ont fauté payent. On connaît tous les élus qui sont partis à la rébellion ; on connaît tous les élus qui ont détruit nos bureaux ; on connaît tous les élus qui ont commis des crimes. On connaît tous les militaires qui ont commis des crimes ; on connaît tous les civils qui ont contribué. Si on ne se donne la main, s’il n’y aura pas d’impunité. Sans quoi, on risque d’avoir une autre rébellion dans 5 ou 6 ans. Donnons-nous la main pour éviter cela à notre pays, détruisons la graine dans les grottes, dans les montagnes de Kidal pour que la paix soit une réalité dans le Mali».

 Patrimoine en fumée

Avant de quitter la ville de Tombouctou, qui est actuellement sous le contrôle de l’armée malienne épaulée par l’armée française, les islamistes (des centaines) ont brûlé les locaux de la mairie de Tombouctou, la radio privée Bouctou, entre autres. Selon le maire de Tombouctou, les islamistes ont aussi brûlé le centre Ahmed Baba et ses manuscrits classés au patrimoine mondial de l’humanité. De même que le génie rural, là où avait élu domicile l’un des leaders d’AQMI, Abou Zeid ; la maison de la première adjointe au maire de la ville n’a pas échappé à la colère des jihadistes.

80 tonnes d’explosifs

C’est la quantité d’explosifs que les militaires français ont trouvé dans la tour de contrôle de l’aéroport de Tombouctou. Les militaires français équipés de matériels performants ont déminé la piste d’atterrissage et sécurisé les alentours de la ville. Avant de lancer des parachutistes dans les rues de Tombouctou. Environ 15 hommes ont été largués tout autour afin de faciliter le travail aux soldats au sol. C’est en ce moment que, selon nos sources, Abou Zeid, l’un des émirs d’AQMI, qui était logé au génie rural de la ville, et ses hommes ont fui pour aller vers Kidal.

 Deux poids deux mesures

Non content de n’avoir pas été encore aligné en cette phase finale de la 29e CAN, Sambou Yatabaré (Storting club de Bastia), s’en est pris violemment à l’encadrement technique des Aigles après le match perdu (0-1) contre le Ghana. Il a persisté malgré l’intervention et le conseil de ses aînés de l’équipe nationale. En fin de compte, il a demandé au coach Patrick Carteron d’être libéré du groupe. Ce qui a été fait après consultation des cadres de la sélection nationale, comme Seydou Kéita, Adama Coulibaly dit Police. Ce départ est une grosse erreur de l’entraîneur des Aigles du Mali, qui avait promis à un certain nombre de joueurs d’intégrer l’équipe nationale contre une place de titulaire. C’est ce qui explique le fait que Mamadou Samassa est devenu le portier au détriment de Soumbeyla Diakité. C’est dire que l’entraîneur n’a pas été correct avec les joueurs.

Le cœur de la guerre est à Paris

C’est à Paris que la guerre au Mali est gérée. Où les chefs d’état-major, conseillers militaires et stratégiques et patrons des services secrets de la République se réunissent trois fois par jour autour d’une table pour définir comment les offensives et les opérations doivent être menées au Mali. C’est le cœur du dispositif militaire de l’opération Serval, un lieu stratégique. Les informations sur les combats, des renseignements sur des chefs jihadistes et des éléments confidentiels sur l’Algérien Moktar Belmokhtar, organisateur de la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas, sont recueillis lors de ce conseil de guerre. C’est au sein du ministère de la Défense à Paris, dirigé par Jean-Yves Le Drian, que cette cellule de guerre se réunit.

 Un dogon tabassé ?

L’armée malienne est accusée de nombreuses exactions sur de simples citoyens soupçonnés d’apporter soutien aux islamistes. Derrière le village de Wahilirde, à Sévaré, des cadavres ont été découverts dans au moins deux puits dont les margelles ont été couvertes de sang. Des habitants de ce village affirment qu’ils ont été exécutés par des soldats, tandis que des responsables militaires à Sévaré ainsi qu’un représentant local de la ligue malienne de défense des droits de l’homme, ont rejeté ces accusations sans preuve, selon eux. Un jeune lycéen a aussi été arrêté  à Konna  juste après la prise de Douentza, il était accusé d’être un espion à la solde des islamistes. Il a été sérieusement tabassé dans un camp militaire de Sévaré avant d’être relâché. Ibrahima Guindo est un Dogon.

Des camions bloqués à Sévaré

Plusieurs camions transportant des vivres destinés à Gao dans le Nord malien, sont bloqués depuis deux semaines à Sévaré. Où le prix des denrées de première nécessité a fortement augmenté, d’autant que la frontière avec l’Algérie, autre source d’approvisionnement, est fermée. Depuis les bombardements français qui ont causé d’énormes pertes chez les islamistes, les dépôts de médicaments de l’hôpital de Gao ont été pillés. Preuve que, les occupants de la ville avaient d’autres soucis que l’application stricte de la charia. Maintenant, les jeunes peuvent fumer dans les rues et les femmes s’aventurent à sortir sans voile. Cependant, la plus importante ville du nord malien, malgré sa libération, reste toujours isoler du reste du pays. Car aucun transport en commun n’est disponible pour le moment.

Les bombardements d’Ansongo

Depuis que la reconquête du nord a commencé, c’est pour la toute première fois que la ville d’Ansongo reçoit la visite de l’aviation française. En effet, dans la nuit du 23 janvier 2013, deux positions jihadistes y ont été bombardées, notamment un jardin appartenant à un enseignant retraité du nom de Adama Alhousseini, situé dans le village de Seyna Sonrai, à quelques 5 km de la ville d’Ansongo, et le Lycée situé à 3 km de la ville sur la route de Ménaka. Au niveau du jardin, plusieurs véhicules du Mujao ont été détruits. On ne déplore aucune perte en vie humaine ni de blessé au sein de la population civile. Par ailleurs, au Centre de santé d’Ansongo, aucun jihadiste n’y a été admis. Selon toute vraisemblance, les islamistes ont amené  leurs blessés à Gao, Ansongo ne disposant pas d’assez de médicaments. Signalons qu’à Ansongo, depuis les bombardements de Gao, les habitants savourent la liberté retrouvée. Plus de restriction de la part des jihadistes, qui se font d’ailleurs rares en ville. Ceux que l’on voit se confondent à la population…

K TRAORE

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4 COMMENTAIRES

  1. oui c’est ma soeur je suis fière d’elle, elle est un exemple que beaucoup de femmes doivent prendre, je suis d’accord avec elle : il faut detruir la graine si non chaque 5 ou 10 ans ceux sont les mêmes choses qu’on va vivre. Vive le Mali un et indivisible et vive les femmes du Mali

  2. Madame, vous avez tout dit!Il faut maintenant que tous les patriotes se fedèrent autour de cette idée pour en finir avec le cycle infernal de la violence au nord du Mali.
    Il ne faut surtout pas que l’armée française s’interpose entre les criminels et l’armée malienne, au risque d’exposer les paisibles touaregs des autres régions victimes de la vindicte populaire.Nous ne pouvons plus accepter les caprices des criminels de Kidal. L’armée malienne doit impérativement reconquerir Kidal dans les 48 heures et ne pas laisser le terrain aux seuls français qui malgré leur soutien à l’armée française peuvent avoir des agendas cachés.Les INTALLAH et autres criminels des IFOGHAS ne doivent plus hanter le sommeil des maliens.Ca suffit! Tolérance zero!,

  3. Cette femme, je l’ai rencontré dans une conférence à Paris sur la rébellions. Elles est véridique et elle a vu beaucoup de chose. On doit dénoncé et punir les traitres et leurs amis islamistes. Comme elle dit, tout le monde se connait dans les zones qui ont été occupé. Si on ne fait pas la lumière et punir, le Nord ne sera jamais sécurisé. Après la premières et deuxième guerre mondiales les traitres ont été punis et jugés. Il peut y avoir des dérapages quelques fois. Mais la lumière doit être faite sur ce qui s’est passé. Et on finira par se pardonner.

  4. ecoutez cette dame ele a tout dit en un mot.en afrique on dit que celui qui ne peut pas dire la verite donne la parole aux femmes.

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