Arnaud Akodjenou à propos du mandat de la MINUSMA : «La Minusma n’est pas au Mali pour faire la guerre»

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Arnauld Akodjenou
Arnauld Akodjenou

Dans le souci de vulgariser le nouveau mandat de la Mission multidimensionnelle intégrée des nations Unies pour la stabilisation au  Mali (Minusma), le représentant spécial adjoint de la Minusma Arnaud Akodjenou et son équipe ont rencontré la presse. L’Objectif  était d’échanger avec les hommes de média sur la résolution  2227 du Conseil de sécurité portant renouvellement du mandat de la Minusma au Mali. C’était le mardi dernier à la Maison de la Presse.

Dans son intervention, Arnaud Akodjenou, représentant spécial adjoint de la Minusma, a rappelé brièvement les résolutions précédentes de la Mission Onusienne avec à la clé des acquis qui ont été réalisés .Selon lui, dans  la résolution 2100, beaucoup d’actions ont été menées dans plusieurs domaines .La Minusma, indiquera t-il, a fortement contribué au retour de l’Etat dans les régions du nord, à travers la restauration  progressive de l’autorité de l’Etat. La résolution 2164 a permis de renforcer ces progrès et d’étendre les activités dans d’autres secteurs. Notamment le dialogue politique en vue de maintenir le lien entre les acteurs. Toutefois, il a précisé que la Minusma n’est pas un corps étranger au Mali :« Le Mali fait partie des Nations Unies. Le Mali contribue aux différentes opérations de maintien de paix à travers le monde ». Par ailleurs, il a fait cas de certaines difficultés que la Minusma rencontre dans son opération au Mali. Entre autres : les problèmes de logistique, environnemental,  d’installation, et de changement de béret ou de casque. Présentant la résolution 2227 du Conseil de sécurité renouvelant le mandat de la Minusma, il fera savoir qu’elle n’est pas née du néant. Elle tient compte du  dernier développement de la situation au Mali, dont le rapport a été présenté par le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu. Ce mandat, explique-t-il,  est essentiellement réorienté sur la mise en œuvre de l’accord de paix  et la supervision du cessez-le-feu. A cette fin, le Conseil de Sécurité a validé l’envoi de 40 observateurs militaires. Autre particularité,  la mise en place d’un dispositif de sanction en cas de violation du cessez-le-feu, d’obstruction de la mise en œuvre de l’accord de paix ou d’attaques contre la Minusma. Ce mandat s’articule autour de quatre piliers, à savoir : Secteur politique ; défense ;  développement, de la réconciliation nationale ; de la justice et des droits de l’homme et les questions transversales. « Le fait le plus important demeure la mise en œuvre de l’accord. Nous ne sommes pas ici pour faire la guerre mais pour maintenir la paix », a t-il souligné. Concernant le budget de la Minusma et la construction d’un nouveau  siège, il dira que le budget est estimé entre 800 à 900 millions de dollars. Il a estimé que c’est très peu. Car le contingent de la force Minusma provient de plus de 20 pays, et la plupart des pays assurent l’entretien de leur troupe et présentent à la fin du mois un budget à l’Onu. L’Etat a mis à la disposition de la Minusma un terrain pour construire. Ce qui constitue un élément de sa contribution. « Nous ne construisons pas de maison qui vont durer une éternité. Mais des bâtiments qui permettront aux hommes et aux femmes d’être simplement fonctionnels et opérationnels. Je ne peux pas dire quand la  Minusma partira. Elle ne va pas rester éternellement au Mali. »

A la question de la communauté touarègue, il dira que l’accord offre une possibilité de gérer cette question avec la tenue d’une conférence d’entente nationale. S’agissant de l’utilité de la mission  au Mali, il fera savoir que c’est une opération de maintien de la paix, qui a débarqué après l’accord préliminaire de Ouagadougou. « L’opération a pris  une autre tournure à partir des événements de Kidal, la résolution 2164. A cette époque, nous n’étions pas à une opération de maintien de  paix normale. La restauration de l’autorité de l’Etat était à l’ordre du jour. Quatre région échappait à l’autorité de l’Etat.» Au sujet de l’incompréhension de la Mission par la population, il indiquera qu’une chose fut les attentes de la population et une autre est la réalité de la mission. Selon lui, toutes les missions de l’Onu opèrent de façon similaire. Pour preuve, en Afghanistan c’est l’Otan qui a été mise à côté de la mission, en Irak c’est également l’Otan qui opère à côté de la mission, au Mali c’est la France. «L’idée a traversé l’esprit de plusieurs Maliens comme quoi en arrivant ici on allait régler les problèmes de mouvements armés. On ne peut pas les régler, ce sont des problèmes politiques. Ou qu’on allait régler le problème de terrorisme, nous n’avons pas les moyens d’aller rechercher les terroristes. Mais quand ils s’attaquent à nous, si nous avons l’information avant, nous pouvons nous défendre, si nous savons qu’ils doivent attaquer une population, si nous avons les moyens nous pouvons prévenir .Les moyens que nous avons aujourd’hui ne nous permettent pas. Ces moyens sont de plus en plus donnés à d’autres structures».

Boubacar SIDIBE

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