Attaque de Ménaka, Tessalit et Aguel-hoc : L’ex chef rebelle du Niger rejette le statut de rébellion à ce banditisme armé

0
1

 

« Comment les frères touareg du Mali vont-ils créer une République touareg sans nous (les touaregs du Niger), sans les Touareg d’Algérie, sans ceux de la Libye et du Burkina Faso? Puisque nous, on n’est pas d’accord, comment ils vont la faire? »

 

Telle sont des questions simples, mais très pertinentes que l’ex chef rebelle du Niger, Rhissa Ag Boula a posé lors du « Forum paix et développement » qui a ouvert ses portes à Arlit (Niger) le lundi 23 janvier 2012. Lequel forum est coprésidé par le Premier Ministre du Niger et son homologue malienne, Mme Cissé Mariam Kaïdama SIDIBE en présence des communautés touaregs, arabes et d’autres vivants dans le sahel.

 

Cette déclaration de l’ex chef rebelle touareg du Niger ôte à l’attaque de Ménaka, Tessalit et Aguel-hoc tout caractère de rébellion. L’aspect de banditisme armé est d’autant plus clair que même les auteurs de ces attaques ne sont pas soutenus par la majorité des membres de leur propre communauté. La preuve, c’est que parmi les soldats maliens qui se battent sur le terrain contre ces bandits armés il y a beaucoup de soldats d’origine  touareg. Au premier rand desquels, le Colonel Major El Hadj Gamou. D’ailleurs le Colonel Major Ould Meydou l’avait déjà dit lors de son intervention sur les antennes de la chaine étatique malienne, l’ORTM : « ce n’est pas une seule famille ou une seule ethnie qui peut faire une rébellion. Ce n’est pas de cette façon qu’on va construire le mali ou le nord… ». Justement, l’AZAWAD que le MNLA revendique concerne aussi bien les touaregs, arabes, sonraï, Kel Tamasheqs non seulement du Mali, mais aussi du Niger, de la Mauritanie, du Burkina Faso et d’autres pays du sahel. C’est donc une grosse affaire pour être portée par une petite minorité de maliens seulement se faisant appeler sous le nom de Mouvement National pour la Libération de l’Azawad (MNLA). Ce qui est étonnant et incompréhensible, c’est le soutien apporté par certains médias français, à ce mouvement non représentatif dirigé par des individus isolés coupés des réalités du pays et qui vivent d’ailleurs en France en diffusant, sans vérification, leurs propagandes. Que ces médias ont fait voler la presse très bat ces moments-ci !

 

C’est pourquoi l’ex chef rebelle du Niger a considéré ces dernières attaques au Mali de « voie sans issue » pour leurs auteurs. Justement ça semble être une voie sans issue pour eux, puisque nos dernières informations nous apprennent que les bandits ont non seulement subi beaucoup de pertes sur le terrain, mais aussi ils n’ont pas là où allé. Tous les pays voisins (Niger, Algérie, Mauritanie, Burkina Faso) auraient fermé leurs frontières et leurs appels à l’endroit de la communauté internationale sont restés pour l’instant vains. L’on se rappelle encore de ce message publié sur leurs sites et sur leurs pages facebook demandant aux Nations Unies de reconnaître le MNLA comme étant un mouvement de libération nationale. Apparemment, mal les a pris !

 

Monsieur Rhissa Ag Boula met en garde ses frères touaregs du Niger de toute nouvelle rébellion. « On a fait deux rébellions, la seconde a coûté beaucoup de vies, un retard énorme au nord (du Niger) et une troisième risque d’être l’enfer pour la communauté touareg… L’époque des rébellions est révolue, aujourd’hui c’est la démocratie». Monsieur Ag Boula en sa qualité de conseiller de l’actuel Président du Niger semble bien comprendre le jeu démocratique. Car en démocratie, comme il l’a si bien dit, il ne manque pas de voies pacifiques pour se faire entendre à propos de quelque sujet que ce soit.
A bon entendeur salut !

M’pè 


NB - L'auteur de cet article est seul responsable de son contenu.