Autorités intérimaires à Kidal : Ça passe ici, et ça coince là !

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Hassane AG Fagaga, un ancien colonel de l'armée, investi président de l'Assemblée régionale de Kidal
Hassane AG Fagaga, un ancien colonel de l'armée, investi président de l'Assemblée régionale de Kidal

Malgré l’installation des autorités intérimaires dans la problématique région de Kidal, de nombreux obstacles entourent la poursuite de ce processus dans les autres régions du nord.

Pour arriver à l’installation mardi du président du Conseil régional de Kidal, jouant le rôle de chef des autorités intérimaires, les tractations ont duré jusqu’à l’heure de son intronisation par le ministre Mohamed Ag Erlaf. L’événement, qui devrait sceller le retour de l’Etat central, a failli être perturbé par l’absence des nors de l’ex-rébellion dont le très influent Alghabass Ag Intallah. Si Kidal est désormais au pas dans la mise en œuvre de l’accord, c’est aussi grâce au ministre de l’Administration territoriale qui a pu user de son influence, selon plusieurs sources.

 

L’installation des autorités intérimaires à Kidal sonne également le départ des autres activités du processus, notamment les patrouilles mixtes dans la région. L’idée est de partir vers une armée réunifiée dont l’ossature reste les hommes des trois parties signataires. Mais attendant de concrétiser cette disposition de l’accord pour la paix et la réconciliation, l’impératif est de parvenir à installer les autorités intérimaires à Ménaka, Gao, Tombouctou et Taoudéni. À ce niveau, des obstacles se font sentir tous les jours.

Si à Ménaka la question de la présidence des autorités a été tranchée en faveur du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), par contre à Gao, il y a une partie de la Cma, à savoir la Cmfpr2, qui s’oppose à l’installation des autorités intérimaires sans la résolution de la question d’inclusivité. Depuis lundi où ses éléments occupent par la force les locaux du Conseil régional de Gao, d’âpres négociations sont entamées sans succès. Pour éviter des affrontements entre les hommes de la Cmfpr2 et ceux de la Cma, repartis dans le Moc, les forces onusiennes et Barkhane jouent à l’arbitre. Les deux forces sécurisent les lieux pour empêcher un possible affrontement dans la ville de Gao. La tension est tendue alors que la date d’aujourd’hui 2 mars est retenue pour l’installation des autorités intérimaires.

Jusqu’ici, derrière la volonté des autorités nationales, Tombouctou sort ses muscles. Les éléments de la Cmfpr2 occupent avec armes et bagages, les bureaux du Conseil régional. Tout comme à Gao, ils réclament une inclusivité et les mêmes droits que les autres groupes armés. Des discussions sont engagées, mais difficile de trouver un consensus.

Dans la région de Tombouctou, deux jours avant la date retenue pour l’installation des autorités intérimaires, c’est la confusion totale, les différents groupes armés qui pullulent la localité se regardent en chiens de faïence.  Le Congrès pour la justice dans l’Azawad (CJA) veut avoir le leadership, mais la donne se complique avec la présence du Maa/Cma. Dans cet engrenage, difficile de prédire l’issue réservée aux autorités intérimaires.

Face à ce bourdonnement généralisé, il y a surtout la volonté de certains groupuscules de barrer la route au processus de normalité.

 

Moumouni Sacko

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