Avec le Mnla et Ansar dine… Pourquoi négocier ou ne pas négocier

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Dans la foulée des préparatifs de la grande offensive de reconquête du Nord-Mali, les velléités sécessionnistes et intégristes ont pris les allures d’un revirement spectaculaire dans les rangs des assaillants nationaux.

Un groupe d’islamistes armés à Gao, la plus grande ville au nord du Mali, le 21 septembre 2012 (AFP)

Ansar Dine, attaché à la fois à l’intégrité territoriale et à l’intégrisme islamiste, et MNLA, organisation laïque et sécessionniste, étonnent en effet par leurs appels du pied et leur disposition pacifiste, à mesure que se précise la grande opération de nettoyage du Sahel. Ils se bousculent ainsi au portillon du Médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, le président du Faso Blaise Compaoré et tentent chacun de faire bonne figure. Le Mouvement National de Libération de Azawad a voulu donner des preuves concrètes de ses bonnes intentions et de ses dispositions à collaborer, en attaquant vigoureusement les rangs du MUJAO, l’allié d’hier avec lequel il a rompu depuis l’épisode du sanglant affrontement à GAO. Pour une tentative de démontrer son utilité – dans la très imminente opération internationale contre les islamistes – l’audace  des combattants touaregs aura tourné court parce qu’elle a été un véritable revers. À en croire des sources concordantes, en effet, l’affrontement, survenu en milieu de semaine dans une zone comprise entre Ménaka et Ansongo, s’est conclu sur une cuisante et nette défaite du MNLA qui compterait dans ses rangs des dizaines de morts et de prisonniers ainsi que des blessés de luxe dont un ancien colonel libyen.

Le Mouvement sécessionniste n’entend point s’y résigner et annonce une contre-offensive de grande envergure dans les jours à venir, en comptant notamment sur le concours de son nouvel allié de sang, Ansar Dine, apparemment désireux à son tour d’apporter des preuves concrètes d’un engagement à se déconnecter des milieux djihadistes.

Mais quel besoin y a-t-il à s’inscrire dans une dynamique de négociation avec le duo Ansar Dine-MNLA ? La question prend de l’ampleur et se répand au point d’être l’objet de tant de discussions dans l’opinion, avec une tendance nettement favorable à l’option d’une guerre totale contre les combattants.

Les autorités de la transition, à en juger par la sortie du Premier Ministre dans les médias internationaux, hier dimanche, viennent de trancher en optant tacitement pour le dialogue avec les deux entités concernées. Il s’agit d’un choix manifestement discutable, et pour cause. Il y a autant de raisons pour négocier qu’il n’en manque pas pour renoncer au dialogue.

L’un des facteurs militant en faveur de la première option est la détention entre les mains des envahisseurs d’une bonne demi-dizaine d’otages originaires du pays qui aura déployé tant d’efforts pour mettre sur orbite le mécanisme de recouvrement de notre intégrité territoriale. Si une négociation pourrait déboucher sur la libération des citoyens français, ce ne sera donc que la juste récompense de l’accompagnement désintéressé de l’Elysée sous l’égide de François Hollande. L’autre raison de négocier est beaucoup plus rationnelle et a trait non seulement au rôle que le duo MNLA-Ansar Dine est susceptible de jouer auprès des forces internationales mais également à la nécessité de récupérer le puissant arsenal d’armements abandonnées par l’armée malienne dans sa débandade. Un arsenal assez important pour que leur libre circulation sème les germes d’une autre menace tout aussi redoutable à la stabilité de la zone même après sa reconquête.

La gestion de l’après-reconquête fait justement partie des facteurs qui comptent dans le choix de ne pas négociation avec le duo Ansar Dine-MNLA. Et pour cause : une option militaire recèle l’avantage d’anticiper l’apaisement des desideratas liés aux circonstances d’invasion des principales villes songhaï, tandis qu’une négociation permettant à leur agresseurs de s’en sortir à bon compte pourrait inciter leurs victimes sédentaires à se faire justice des cas de viols et de pillages imputables. Pour des communautés condamnées à cohabiter sur le même espace géographique, on peut facilement se faire une idée des difficultés à cicatriser les plaies historiques du genre.

Par ailleurs, il y a aussi le fait qu’une négociation pourrait être comprise comme une simple brèche ouverte aux alliés islamistes, en l’occurrence le MUJAO et AQMI, deux vases communicants d’Ansar Dine dont les éléments ne se distinguent du reste par aucune marque d’appartenance à une quelconque entité. Cette probabilité repose sur la solidité des rapports entre Iyad et les djihadistes et fait partie des données pour lesquelles nombre d’observateurs accueillent la main-tendue du chef d’Ansar Dine avec méfiance en la considérant comme une diversion de plus.

Au regard de tous ces paramètres, des enseignements tirés de velléités précédentes ainsi que de la fragilité des accords avec les même acteurs, une négociation parait inopportune pour beaucoup d’observateurs du reste persuadés que le couple MNLA-Ansar Dine ne constitue qu’une minorité de la minorité dont les comportements déviationnistes déteignent sur l’ensemble et la façon dont il est perçu dans la société malienne.

 

A.Keïta

SOURCE:  du   20 nov 2012.    

5 Réactions à Avec le Mnla et Ansar dine… Pourquoi négocier ou ne pas négocier

  1. le refuge

    MNLA n’existe plus meme si on doit negocier c’est certainement avec Iyad Agaly . On n’a compris devant lesquels notre peureuse , notre armée de « Bijou » et « Papou » a fuit . Et oui ! Nous allons le dire piann ! Car c’est la verité . J’etais temoin occulaire

  2. Van Traoré Président de l'AJDCV

    Ils ont passé tout sont temps à égorgé nos compatriotes dans le nord,ils ont passé tout sont temps a faire des intoxications a travers sur facebook.

  3. Dr ANASSER AG RHISSA

    RÉSUMÉ DE LA LETTRE OUVERTE PORTANT SUR LE GUIDE ET LA PLATEFORME DE CONCERTATIONS NATIONALES ET DE NÉGOCIATION POUR UNE SORTIE DURABLE ET HONORABLE POUR TOUS DE LA CRISE MALIENNE

    Tous les Maliens n’acceptant pas le terrorisme incluant ceux de la diaspora et des régions doivent participer à ces consultations nationales.

    De même que les groupes armés, MNLA et Ansar Dine, respectant certains principes (non impunité, respect des droits de l’homme, coexistence pacifique) et certaines conditions (refus du terrorisme, restauration de l’intégrité territoriale, laïcité).

    Bonjour,
    Cette proposition s’adresse à son Excellence Monsieur le Président par intérim du Mali, Dioncounda Traoré, à son Excellence Monsieur le médiateur de la CEDEAO pour la crise Malienne, à son Excellence Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement de transition du Mali, à Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs les responsables du comité d’organisation des concertations nationales et à tous les Maliens.

    C’est le résumé d’une lettre ouverte publiée sur internet, en particulier sur maliweb, tamtaminfo, agora21 et facebook.

    Devant la gravité de la situation au Mali induite par les crises institutionnelle, sécuritaire mais aussi économique, je me permets de vous écrire cette lettre ouverte pour vous faire :

    (1) une proposition portant sur la gouvernance, l’utilité des concertations nationales et la condition de sortie de la crise Malienne. Téléchargeable depuis le portail agora21, sur internet, elle est intitulée :

    [Proposition] GOUVERNANCE, UTILITE DES CONCERTATIONS NATIONALES ET SORTIE DE LA CRISE MALIENNE

    (2) une proposition de sortie, honorable pour tous, de la crise Malienne. Téléchargeable depuis le portail agora21, elle est intitulée sur internet :

    Mali : SECURISER LA POPULATION PUIS OPTER POUR UNE SORTIE DE CRISE HONORABLE POUR TOUS EN GARANTISSANT LA RECONCILIATION ET L’UNITE NATIONALES PAR UNE SOLUTION NEGOCIEE VIA UNE CONFERENCE GLOBALE DE COMPROMIS ENTRE MALIENS

    (3) une proposition d’un guide et d’une plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable pour tous de la crise Malienne. Elle fait l’objet de cette lettre ouverte.

    Ces propositions ont été enrichies par les très nombreux échanges que j’ai eus sur internet, en particulier sur maliweb, essor, tamtaminfo, agora21, facebook, avec des milliers d’internautes au sujet des conférences nationales et de la solution à la crise Malienne. Je profite pour les remercier pour leurs contributions et leur engagement.

    Je propose un guide et une plateforme, qu’il est souhaitable que tous les Maliens utilisent, pour aider à résorber durablement la crise.

    Il est souhaitable qu’ils soient utilisés par le gouvernement de transition du Mali et le comité d’organisation des concertations nationales comme faisant partie des bases de discussions et comme Guide et Plateforme de concertations nationales et de négociation pour une sortie durable et honorable pour tous de la crise Malienne.

    Ce guide et cette plateforme peuvent aussi être utilisés par le médiateur de la CEDEAO pour la crise malienne comme plateforme de négociation.

    Bien cordialement
    Dr ANASSER AG RHISSA
    EXPERT TIC ET GOUVERNANCE
    E-mail: Webanassane@yahoo.com

  4. Kassin

    L’interminable crise du nord du Mali: l’angle de regard.

    Dans cette affaire de « bandits cowboys » du nord du Mali, les groupes armés qui y sévissent, sont tous bonnet blanc et blanc bonnet, quels que soient leur objectifs affichés.

    Mais une chose est sûre, bien qu’il soit responsable de crimes abominables passibles de la peine de mort, Iyad Ag Ghaly et son ansardine avec le Mujao ont été de véritables remparts contre les voyous du Mnla et les seuls vrais garants de l’intégrité du territoire malien car ils étaient contre l’indépendance fantoche du Mnla de son « Azawad » et avaient les moyens pour cela.

    Ils ont obligés les occidentaux à revoir leur copie sur le dossier du nord du Mali, le fameux « péril islamiste » d’Alain Juppé à l’Onu, alors patron de la diplomatie française.

    Ils ont obligés les occidentaux à changer leur rapport avec les fanfarons du Mnla, après que leurs supercheries à répétition aient été mises à nu par les islamistes avec lesquels ils ont eu des accords formels et solennels, car très peu de responsables politiques en Europe osent s’afficher désormais en leur donnant un minimum crédit.

    Si à ce jour personne ou presque dans le monde ne remet en cause l’intégrité territoriale malienne, c’est du en grande partie à la peur ou à la hantise de la Charia d’Iyad Ag Ghaly et associés.

    Mais cette Charia et son application sauvage a fait des pertes inestimables sur le précieux patrimoine culturel du nord du Mali et conduit à des crimes atroces contre l’humanité et sur des citoyens maliens vivant sous occupation obscurantiste au nord de notre pays.

    Le Mnla, même en grande difficulté (difficile reconnaissance internationale, absence de soutien de son projet d’indépendance, défaites militaires et pertes de terrain face au Mujao, discrédit auprès de Paris et de ses médias de la « croisade »…) joue un numéro d’équilibriste pour continuer à exister et peser dans les débats et les négociations sur la crise du nord du Mali.

    Il a trouvé un allié de poid et un terreau facile auprès Blaise Compaoré, sulfureux et très controversé président du Faso et de sa médiation Cedeao ambiguë.

    Mais la vraie chance du Mnla dans ces moments troubles de l’histoire du Mali indépendant, est l’hallucinante cacophonie à Bamako (coup d’état inopportun, inutile et dangereux pour l’unité, la stabilité et la crédibilité du pays, crise institutionnelle qui l’a suivi avec la guerre irresponsable des politiques, déchirés entre le MP22, le COPAM, le FDR et bien d’autres, l’opportunisme mal placé du premier ministre de la transition Cheick Modibo Diarra et de ses deux gouvernements de l’inaction de 8 mois, le manque de Charisme et de leadership du président Dioncounda Traoré et enfin l’étonnante et énervante passivité voire lâcheté de l’armée malienne plus à l’aise dans une « guerre de bérets » à Bamako ou dans la chasse aux civils désarmés que dans une offensive militaire au nord).

    Le Mnla joue avec ces tares de la gouvernance transitoire à Bamako pour multiplier des initiatives maladroites au Burkina, sur les médias internationaux et sur internet, avec des déclarations et contres déclarations toutes provocantes les unes après les autres pourvu que cela permet de les tenir au chaud de l’actualité pour exister et peser dans le dossier du nord du Mali.

    Sa dernière trouvaille est la guerre à reculons, c’est à dire provoquer le Mujao, fuire et faire la gueule sur internet pour faire croire qu’il a une présence militaire au nord du Mali.

    C’est la stratégie de Playstation 5 et de Nintendo DS qui lui permet de gagner virtuellement les batailles qu’il a réellement perdues.

    Le gouvernement transitoire de Cheick Modibo Diarra qui n’a jamais eu une ligne de conduite claire dans aucun dossier qui lui est confié dans cette transition incrédule (libération du nord et organisation des élections) est passé maître dans l’art de la confusion (tantôt pour la négociation, tantôt pas d’accord avec la Cedeao, tantôt bien en phase avec la communauté internationale, si ce n’est le flou sur les opérations de l’organisation des futures élections, tantôt des actes de diversion: faux diplômes des fonctionnaires, concertations nationales, lutte inespérée contre la corruption, audit, ministère du culte…

    Cette attitude a fait perdre trop de temps pour la reconquête du nord et surtout agacé à maintes reprises les partenaires classiques du Mali, notamment les Etats-Unis d’Amérique, qui ont beaucoup fait ces dernières années pour le Mali (millenium challenge, Agoa, coopération militaire…)

    Cet état de fait n’a pas facilité l’avancé du dossier d’une résolution en faveur d’une intervention militaire étrangère à l’Onu, puis que les américains ont traîné les pieds sur le dossier malien tant que les putschistes du 22 mars tirent les ficèles du pouvoir transitoire à Bamako.

    Ils voulaient carrément et publiquement une élection d’un nouveau président légitime et légale élu au suffrage universel conformément à la constitution en vigueur au Mali, pour conduire le dossier du nord devant le droit international à l’Onu.

    Le volontarisme de la France de Francois Hollande, plus menacée que l’Amérique par les terroristes d’Aqmi, et son industrie du crime organisé qui fait florès au nord du Mali, semble à présent convaincre les américains de lâcher la position algérienne de la négociation politique en faveur d’une intervention militaire étrangère sous mandat de l’Onu.

    La résolution 2071 deuxième round de la 2056, a permis aux africains réunis à Abuja le 11 novembre 2012 de parfaire « un concept d’opération » pour 3300 hommes, après une préparation marathon et interminable des experts militaires et des diplomates de tout bord.

    En même temps comme un système des vases communicants, les négociations avec des groupes armés et criminels du nord avancent.

    Mnla et Ansardine font des concessions et acceptent publiquement et respectivement d’abandonner indépendance, Charia et terrorisme, en clair revenir à la mère patrie Mali en tournant le dos à tour à tour à leur Azawad et à copains d’Aqmi.

    Si cela est réel ça ne peut être que salutaire mais ça n’efface pas et ça ne doit pas effacer les crimes de guerres et crimes contre l’humanité commis au nord du Mali par le Mnla et Ansardine avec alliés sur les pauvres populations prises au piège d’une folie meurtrière sans nom.

    Mais au vu de plus de 50 ans de rébellions touareg et de leurs dénouements permettez moi d’être sceptique sur la crédibilité et la sincérité des responsables du Mnla et d’Ansardine qui jouent depuis belle lurette toute les phases finales de la coupe monde de la pirouette.