Aventure indépendantiste au nord : La France met le holà

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La France vient de frapper les rebelles au Nord du Mali, faisant penser à la riposte massive promise par le président Dioncounda Traoré dans son appel à la nation du vendredi 11 janvier 2013 aux accents gaulliens. A vrai dire, le président Hollande, dans son adresse du même jour au peuple français, n’a pas parlé de rebelles, préférant utiliser les mots « adversaires » ou « terroristes ». Mais il n’a pas fait non plus de distinguo par rapport au MNLA, dont le nom n’est même pas cité, et qu’il a donc logé à la même enseigne que les barbares. D’ailleurs, le président Dioncounda Traoré le dira tout haut. Quelques enseignements fondamentaux à tirer à tirer de cette intervention historique.

Les Islamistes (ou jihaddistes) luttent objectivement contre l’Islam

En occupant le Nord du Mali sous couvert de jihad, ils ont mis contre eux tout le monde : le monde occidental, bien sûr, mais aussi les pays arabo-islamiques et les pays musulmans en général. Sur l’ensemble du territoire national, dans les mosquées du Mali, ce vendredi, les religieux ont fait des bénédictions pour le succès de l’armée malienne et pour la défaite des envahisseurs. Ce sont des « ennemis », assure Mahmoud Dicko, le président du Haut conseil islamique ; « ils nous défendent », a dit Cheick Madani Haïdara, parlant de l’armée nationale. Tel autre Imam, dans son prêche de ce vendredi, demandera la paix à Dieu pour les musulmans et en raison de la présence parmi « eux » (les islamistes) de personnes gentilles. L’étranger peut être bon, a dit cet autre prêcheur à Fana en décembre dernier, faisant allusion à une possible islamophobie créée par les étrangers de la charia.

Une bonne chose, les bases militaires étrangères

C’est donc en vain que les musulmans de Bamako, sous la houlette du Haut Conseil Islamique, de Mahmoud Dicko, auront mené une véritable croisade contre le Code de la famille d’Alpha et d’ATT soutenus par les organisations féministes. Organisations qu’on verra ces derniers mois, chose nouvelle mais pas étonnante, réclamer leur place dans la lutte contre les islamistes armés du Nord. Le beau résultat encore, que celui d’une ancienne puissance coloniale revenant par trois tirer le Mali d’affaire, le grand Mali, qui fête pompeusement chaque 20 janvier, date du départ du dernier soldat de la base de Kati : une première fois pour retourner dans la zone franc, une deuxième fois en 1991, pour mettre en place la 3e République, et cette fois, pour libérer le gouvernement de transition à débarrasser les deux tiers du pays occupés par les rebelles. Et cette fois il ne s’agit pas d’intérêts impérialistes, mais de droits humains fondamentaux, comme a tenu à l’affirmer ce vendredi 11 janvier 2013 le président François Hollande, faisant intervenir la France aux côtés de ses alliés d’Afrique, à la demande du Mali, en poursuivant l’application des résolutions de l’ONU. Plus que jamais donc la Françafrique appartient au passé. On voudrait bien le croire, s’il n’y avait pas le Sénégal et la Mauritanie en première ligne à Sévaré. Qui sont, en effet, ces soldats « blancs » dont parle RFI, sinon des soldats d’Ould Aziz, habitués à intervenir au Mali, depuis le temps d’ATT et sans autorisation ? A moins qu’elle ne soit désormais une bonne chose, la Françafrique, avec base militaire.

C’est le MNLA laïque qui a voulu instrumentaliser les groupes jihadistes

Le président Dioncounda n’a pas oublié, lui, que c’est le MNLA qui a voulu instrumentaliser les groupes jihadistes présents, depuis longtemps, au Nord, avec la complaisance, sinon la complicité du régime ATT. C’est donc le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad qui est à l’origine du problème actuel ; c’est lui l’apprenti-sorcier, même s’il est à son énième essai. Et, pied de nez aux fous de Dieu dans ce discours magnifique de noblesse et de beauté, Dioncounda emploie le nom d’Allah pour la formule finale : qu’Allah protège le Mali !

En tout cas François Hollande aura eu les mots les plus gentils pour le Mali, pays ami voulant vivre dans la liberté, ayant fait l’objet d’une agression caractérisée. Les agresseurs sont qualifiés de terroristes, et n’apparaissent plus comme les doux agneaux, les mythiques hommes en bleu brutalisés par les Noirs du Sud, du fait d’un découpage malheureux que l’ex-colonisateur, incriminé, est appelé à réparer.

Identités à préserver                                                                

Avec le médiateur on parlera certainement de l’identité tamasheq à préserver dans un contexte multiethnique, un problème bien réel, quand on sait que les Nations Unies déplorent la disparition dans le monde de 25 ethnies par an. Les Soninkés, les Peuls, les Khasonké et bien d’autres sont confrontés au même problème.

Ibrahima KOÏTA

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2 COMMENTAIRES

  1. MNLA, MUJAO,ANSARDIN, ANSARSHARIA, AQMI, ETC.

    nous allons vous expédier en ENFER, sûppots de SATAN!!!

    👿

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